Show Less
Restricted access

Un postier dans la Grande Guerre

Augustin-Alphonse Marty (1862–1940), réformateur de la Poste militaire

Series:

Sébastien Richez

Cette biographie dévoile la destinée d’un homme qui a contribué à éviter une faillite morale de la nation à la fin de l’année 1914. Aveyronnais, postier, haut fonctionnaire : Augustin-Alphonse Marty fait s’entrecroiser des dimensions humaines, culturelles et administratives d’un service mis à l’épreuve par la guerre. Alors que la course à la mer fait place aux tranchées, le système postal militaire français, au bord de l’écroulement, réclame des transformations urgentes.

Patron de la Poste aux armées, sous les ordres du général en chef Jules Joffre, Marty témoigne d’un puissant esprit de réforme. Il sépare le traitement des lettres et paquets, réorganise les modes d’acheminement dont celui des colis postaux, impose davantage de postiers dans la filière militaire, et met en application les décisions tarifaires facilitant les échanges de courrier. Il définit une nouvelle forme d’adressage pour les troupes en campagne, à savoir les secteurs postaux, dont le principe perdure de nos jours, accélérant le tri tout en répondant aux exigences du secret militaire.

Les réformes de Marty et son adjoint, un autre postier civil, Alfred Lacroix, chef du bureau central militaire permettent au pays de surmonter le plus grand raz de marée postal jamais connu jusqu’au milieu des Trente Glorieuses.

Technicien administratif hors pair ? Audacieux commis de l’Etat ? Fonctionnaire épris d’efficacité ? « Héros » de la Grande Guerre ? Fort de ces traits de caractère, Marty appartient à ceux, anonymes, qui ont permis à la grande histoire de s’accomplir.

Show Summary Details
Restricted access

Épilogue. Marty, d’une guerre mondiale au-delà d’une autre

Extract

Épilogue

Marty, d’une guerre mondiale au-delà d’une autre

Le 20 septembre 1940, Marty décède à l’âge de 78 ans, à l’hôtel du Midi, au n° 1 de la rue Bréteille à Rodez, dans lequel il occupe une chambre avec son épouse.

On ignore les raisons précises motivant la présence du couple dans la capitale aveyronnaise. Plusieurs auraient pu pousser à le trouver là : une visite de la famille puisque la branche aînée descendant du frère, Ladislas, est implantée dans la ville depuis de longues années319 ; de même, la visite à son vieil ami et ancien collaborateur, Alfred Lacroix, dont on suppute qu’il vit également là320. Mais surtout, Marty semble aussi en profiter pour y vivre une semi-convalescence, hors de Paris où la météo est sinistre et pesante à supporter dans son état de santé. L’homme est affaibli par une maladie qui ne tardera pas à l’emporter. Quoi qu’il en soit, villégiature ou pas, maladie ou pas, cette période de la vie du postier retraité apparaît plutôt tourmentée. Semble se manifester le tiraillement entre la nostalgie des succès d’antan qu’il a personnellement connus et les affres d’une nouvelle guerre avec l’Allemagne que la France a perdue avec l’Armistice de juin 1940, dont on devine que le moment a dû abattre Marty321.

Ses obsèques ont lieu trois jours plus tard. Malgré l’existence d’une concession familiale à Conques, où sont...

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.