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Traces et ratures de la mémoire juive dans le récit contemporain

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Edited By Valentina Litvan and Claire Placial

Ce volume collectif propose une étude comparative sur les traces de la judéité dans la littérature contemporaine. La question initiale est d’explorer en quoi le récit littéraire peut continuer à transmettre une mémoire juive et de quelle mémoire il s’agit. En effet, il interroge la place d’une mémoire juive qui tout en étant historique et collective s’exprime dans les différentes écritures comme étant ancestrale et transmise de multiples façons, notamment à travers l’intertextualité et les livres.

Bien qu’il s’agisse de proposer des lectures de textes littéraires, les approches sont donc interdisciplinaires : on y trouve autant de la sociologie littéraire que de l’histoire littéraire, de la traduction ou encore de la philosophie politique…

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Actes de mémoire : Mémoire et Judaïsme dans l’oeuvre théâtrale et littéraire de Liliane Atlan (1932–2011)

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YEHUDA MORALY

Université hébraïque de Jérusalem – Département d’études théâtrales

ACTES DE MÉMOIRE : M\ÉMOIRE ET JUDAÏSME DANS L’OEUVRE THÉÂTRALE ET LITTÉRAIRE DE LILIANE ATLAN (1932–2011)

Commençons par une scène primordiale qui a sans doute décidé de l’oeuvre de Liliane Atlan. Nous sommes en 1946 et Liliane Atlan, qui s’appelle encore Liliane Cohen, a 14 ans. Son père avait adopté un jeune rescapé d’Auschwitz dont toute la famille avait disparu dans la Shoah. Bernard et sa soeur adoptive se promènent en vacances dans une forêt de Savoie, et, pour la première fois, Bernard raconte à Liliane, sans jamais la regarder dans les yeux, des souvenirs où l’Humanité, gardiens et prisonniers confondus, montre un visage épouvantable. Cette petite fille de 14 ans qui entend dans tous les détails l’horreur quotidienne d’Auschwitz est bouleversée. Elle ne veut plus vivre. Les années noires, elle les a passées assez confortablement, protégée par une fausse identité et une gouvernante catholique, mais, au seuil de l’âge adulte, la fille du propriétaire de « La Grande maison du Blanc » et de ses soixante-deux succursales, se laisse littéralement mourir de faim. De peu, la mémoire des camps, où toute sa famille maternelle a péri, parvient à la tuer. Le judaïsme, auquel elle est assez étrangère, puisque sa famille est très assimilée, va la...

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