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Nouveaux regards sur la classification nominale dans les langues africaines

Edited By Sylvester N. Osu

La classification nominale (classes nominales, genres, …) constitue un phénomène majeur dans certaines langues africaines comme l’atteste l’abondante littérature linguistique consacrée à ces langues. Or la plupart des travaux s’appuient seulement sur les propriétés sémantiques et des critères morphosyntaxiques pour définir les classes nominales et les genres. Une telle approche ne fournit pas d’explication aux nombreux cas d’exception constatés à travers les langues. Le présent ouvrage s’intéresse aux langues à genres et à classes nominales et présente le cas d’une langue sans système de classification nominale. Il s’interroge particulièrement sur ce qui fait qu’un affixe se combine avec telle ou telle base nominale pour construire une classe nominale (ou un genre)? L’ouvrage montre 1) par quel moyen une langue sans système de classification nominale répartit les substantifs, et 2) propose d’étudier l’affixe (dit marqueur de classe ou de genre) à travers sa diversité d’emplois et de fonctions, sa diversité de combinaisons avec des bases nominales et les interprétations engendrées afin de dégager ses propriétés spécifiques et invariantes.

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Pour une étude de la classification nominale à travers le fonctionnement spécifique du classificateur : un essai introductif

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1. Bref rappel historique de l’étude de la classification nominale dans les langues africaines

Depuis que Bleek, initié à Berlin aux langues africaines par Carl Lepsius, s’est intéressé aux classes nominales, dans sa thèse de doctorat datée de 1851, avant de réaliser ses principales publications sur les langues bantu en 1862 et 1869,1 de très nombreux travaux ont été consacrés à ce phénomène complexe (classes nominales) dans les diverses langues appartenant à cette famille linguistique. En fait, la classification nominale s’est révélée un trait indispensable des langues bantu, si bien que pour différencier les langues bantoïdes non bantu (tiv, mambila, wute) des langues bantu, Greenberg et Crabb se sont basés exclusivement sur l’innovation des indices de classes à nasale /m/ en proto-bantu. Ce critère a permis ensuite de confirmer le caractère bantu des langues bamileke (par opposition à une classification antérieure les considérant comme semi-bantu).2 Au fond, la classification nominale a occupé très tôt une place centrale dans l’étude des langues bantu, qu’il s’agisse de la description des classes nominales à proprement parler (Bleek, op. cit.) ou de travaux de classification ← 11 | 12 → des langues bantu (Meinhof 1932),3 ou encore de reconstruction du Bantu Commun (cf. Guthrie 1967), ou enfin des reconstructions grammaticales (Meeussen 1965) et locatives (cf. Grégoire, 1980 : 521) de ces langues.

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