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L’Indéfinition en Khmer, du Groupe Nominal au Discours

Études des particules "naa et y</I>

Joseph Thach

Le présent ouvrage propose une étude systématique de deux indéfinis en khmer contemporain : naa et ʔəy. L’indéfinition exprimée par ces deux unités correspond à la non individuation des éléments sur lesquels elles portent. Avec naa, non individuation signifie qu’il y a mise en suspens d’une distinction première, tandis qu’avec ʔəy les éléments sont considérés en deçà de toute distinction. Autrement dit, ʔəy met en jeu une classe d’éléments sans qu’aucun d’entre eux ne soit distingué.
Chaque emploi de ces deux unités est décrit à la fois du point de vue de la sémantique propre à l’indéfini et de celui des propriétés de la séquence où il apparaît : propriétés lexicales des N, statut modal du prédicat, relations intersubjectives. Outre la question sur le concept d’indéfinition, cette étude de ces deux marqueurs du khmer constitue un lieu de questionnement sur deux autres faits linguistiques observés : d’un côté, les rapports entre la détermination nominale et la détermination discursive et, de l’autre, les différences et affinités existant entre certaines formes d’interrogations partielles et les indéfinis, qui se retrouvent également dans les langues voisines du khmer, le siamois, le lao et le vietnamien.

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Introduction générale

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I. La langue khmère et ses descriptions 1. Le statut du khmer et les langues parlées au Cambodge La langue khmère, également dénommée cambodgien est la langue offi- cielle du Royaume du Cambodge. À ce titre, elle est la langue de l’administration et de l’enseignement et est utilisée par la plupart des médias. La grande majorité de la population actuelle du Cambodge (circa 13 000 000) est de langue maternelle khmère ; à ce chiffre, il convient d’ajouter 1 500 000 locuteurs du khmer vivant en Thaïlande (Smalley, 1976), ainsi que la population khmère de Cochinchine, soit 2 500 000 personnes (Thomas, 1976). Enfin, bien qu’il soit souvent fait mention d’une importante présence khmère dans le sud du Laos, les données chif- frées à ce sujet font défaut. La structure ethnique du Cambodge se caractérise par une assez grande compacité. La partie utile du pays, s’étendant autour du lac Tonle Sap et du cours inférieur du Mékong, est essentiellement peuplée de Khmers ou de Sino khmers (Huffman, 1967. et Willmott, 1967) ; dans les pourtours excentrés vivent des minorités ethniques dont les langues appartiennent au groupe austro-asiatique (Haudricourt, 1966) : – Phnong (Mondulkiri) ; – Kravet, Tampuan et Brao (Rattanakiri) ; – Kui (Kompong thom et Preah Vihear) ; – Poar (Preah Vihear) ; – Saoch (Veal Renh) ; – Sui (Kompong Spoeu) ; – Samrê (chaîne des cardamomes) ; – Chong (district de Stoeung kranhung, Battambang) ; 14 ou austronésien : – Jaraï (Rattanakiri) ; – Cham. Il s’agit de populations...

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