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Le Défi du roman

Narration et engagement oblique à l’ère postmoderne

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Elisa Bricco

Cet ouvrage propose une réflexion sur le roman contemporain depuis 1980 et constate que la pratique de l’écriture fictionnelle en prose n’a jamais été aussi vivante qu’aujourd’hui. La première partie présente une mise au point sur les motivations des lecteurs d’œuvres de fiction et sur les spécificités de celles-ci dans le contexte contemporain. Un panorama des ouvrages critiques de référence propose un aperçu des principaux auteurs et des traits dominants de leurs œuvres. Dans la deuxième partie, une étude critique plus serrée de quelques romans analyse leurs liens possibles avec l’esthétique postmoderne. La troisième partie est consacrée à l’engagement « oblique » des écrivains qui se posent dorénavant en témoins privilégiés du monde contemporain, selon une posture tout à fait caractéristique de l’écriture romanesque d’aujourd’hui.
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4. Recettes pour faire face à la crise II : le rire et le sourire

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Moi je suis toujours en vacances. Je ne fais rien, je me contente d’écrire sans conviction des choses qui ne convainquent personne.36

Ainsi s’exprime le narrateur au début de Dit-il, le premier roman de Christian Gailly, par une parodie de l’écriture même. Dès cet incipit, la dimension d’auto-ironie marque l’attitude du héros qui raconte ses aventures et ses mésaventures, et en même temps affecte aussi l’auteur : son héros est son alter ego, qui porte un soupçon d’auto-dérision sur son travail d’écrivain. Ce regard ironique est présent très intensément chez Gailly et c’est un symptôme de la façon dont la littérature contemporaine se situe par rapport à elle-même et à la réalité. Le rire et le sourire, l’ironie et l’humour traversent la production littéraire de plusieurs écrivains. Ces stratégies de distanciation rhétorique sont le masque d’un regard critique porté sur le monde, la réalité, la société et l’individu même qui est pris dans les pièges et les dynamiques de la vie d’aujourd’hui. Olivier Bessard-Banquy, dans son Le Roman ludique 37, a traité de la « fiction rieuse » et de ces écrivains qui « emportés par une même volonté d’invention du monde, […] ont aussi constaté ensemble que le meilleur moyen de donner corps à ce projet d’écriture était de sombrer à corps perdu dans la fiction rieuse.38 » Dans cet ouvrage, il traite des romanciers que l’on...

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