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Ordre et désordre dans l’œuvre romanesque de Luigi Pirandello

Hanane Majri

La recherche entreprise dans cet ouvrage est une étude des œuvres romanesques de Luigi Pirandello, dont le fil conducteur est le rapport inextricable entre ordre et désordre. Prisonniers d’une forme, les personnages pirandelliens tentent de se libérer à travers un questionnement existentiel sans fin qui leur fait prendre conscience des limites de leur être, mais aussi de leur difficulté à communiquer. Confrontés au regard de l’« Autre », ils apparaissent toujours porteurs d’un masque, ce qui leur dénie toute identité stable et définitive. Et il n’est pas étonnant, dans ces conditions, que chaque personnage soit tout à la fois « un, personne et cent mille ». En effet, pour Pirandello la réalité est multiple et changeante en fonction des points de vue. De plus, elle est souvent le résultat d’une série de hasards qui la mettent à l’épreuve du chaos, ce qui induit, chez les personnages, doute, incertitude et mal-être. Entre désir de fuite et retours en arrière, leur vie sera – quelle qu’en soit la forme – illusoire.
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Chapitre I : Entre observation et réalité

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Introduction

Pirandello nous montre l’homme dans sa plus profonde intimité et dans sa nudité la plus totale, en allant au-delà des apparences, au-delà de l’artifice, au-delà de la face visible des choses. Il postule, à travers ses romans et ses personnages, que notre réalité est fausse, c’est-à-dire qu’elle n’est pas aussi solide ni aussi vraie et fiable qu’il y paraît. Au centre de son analyse, il nous montre que l’individu lutte, entre hasards et « destin », car le monde dans lequel il se trouve ne lui offre aucune certitude. En effet, dans ce monde de la modernité, fait de technologie, de vitesse et de rapidité, tout change d’un moment à l’autre. Notre monde n’est, selon Pirandello, qu’une pure illusion, il est, pour lui et ses personnages, un endroit incertain, inconnu, tout autant que l’individu lui-même, qui est une source de mystère. L’individu croit se connaître mais, en réalité, il ne sait pas qu’il n’est pas « un » car sa personnalité, sa façon d’être aux yeux des autres, se différencie d’une situation à l’autre, elle change selon celui avec qui il entre en contact, et il devient, pour Pirandello, « cent mille », et, de ce fait, « personne ».

Ce qui nous conduit à évoquer son dernier roman Uno, nessuno e centomila (Un, personne et cent mille) qui a été commencé vers 1915 et qui sera publié seulement en 1926, en plein milieu d’un succès international, que Pirandello a conquis surtout grâce...

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