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Mégare et les établissements mégariens de Sicile, de la Propontide et du Pont-Euxin

Histoire et institutions

Adrian Robu

Mégare est la seule cité de Grèce antique à avoir essaimé des colonies aussi bien en Sicile que sur les rives de la Propontide et dans le Pont-Euxin. À partir des récits antiques, des inscriptions et des documents archéologiques, l’auteur se propose d’offrir une nouvelle interprétation d’un mouvement colonial unique en son genre. Étudiant les causes du départ des Mégariens, il révèle le rôle déterminant joué par les conflits qui opposaient les familles aristocratiques. Il montre aussi que les fondations mégariennes furent le résultat d’une sorte de synœcisme primitif, d’un rassemblement de plusieurs groupes de colons le plus souvent hétérogènes du point de vue ethnique. Les institutions restaient en revanche calquées sur celles de la métropole : les subdivisions civiques et plusieurs magistratures mégariennes furent ainsi reproduites à l’identique. En outre, l’étude des institutions permet de mettre en évidence le rapport étroit qui existe entre l’émergence de la cité et le début de la colonisation grecque, deux phénomènes simultanés du haut archaïsme, qui ont profondément et durablement marqué l’histoire des communautés helléniques.
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Conclusions générales

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Les Mégariens et leur synoikoi eurent à l’époque archaïque, sans l’ombre d’un doute, leurs propres mouvements indépendants de colonisation en Sicile, en Propontide et dans le Pont-Euxin. Tout d’abord, constatant l’échec des tentatives de coexistence avec les autres « Doriens » (qui, après s’être détachés des Mégariens de Lamis, participent à la fondation de Syracuse) et les Chalcidiens de Léontinoi, les Mégariens collaborèrent vers le milieu du VIIIe siècle avec les Sicules du roi Hyblôn pour installer leur cité en Sicile orientale. Concernant les premières apoikiai, il est utile de rappeler les propos de Polignac, qui note à juste titre que les premiers colons qui arrivent dans la deuxième moitié du VIIIe siècle en Sicile sont « des groupes hétérogènes dont le problème n’était pas seulement de trouver le site où s’établir, mais aussi de définir les contours de la collectivité qui s’y établirait »1.

Assurément, les liens entre les Mégariens de Grèce et ceux de Sicile se sont maintenus à l’époque archaïque, les deux cités ayant fondé ensemble Sélinonte, vers le milieu du VIIe siècle. Cette dernière installation nous montre l’ambition de Mégara de participer à la colonisation de la Sicile occidentale, afin de rivaliser avec les autres cités grecques, mais aussi d’établir des relations commerciales avec les Carthaginois et la population indigène de Sicile....

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