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Textes sacrés et culture profane : de la révélation à la création

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Edited By Mélanie Adda

Cet ouvrage, partiellement issu de réflexions engagées lors du colloque interdisciplinaire « Textes sacrés, Arts et Sciences » (dirigé par Mélanie Adda, INHA, Paris, 11-12 janvier 2008), traite dans une double perspective de la relation entre les textes sacrés et la culture profane qui s’y rapporte ou qui s’y heurte. Les auteurs se sont d’abord interrogés sur la possibilité d’une définition en intension de la sacralité textuelle. En observant le devenir de critères propre à la définir (comme l’origine divine) dans des contextes aussi différents que le judaïsme hellénistique, le Moyen Âge chrétien ou encore le confucianisme, les études de ce volume mettent en lumière la complexité de la notion de texte sacré, qui ne peut sans doute recevoir d’autre définition qu’en extension.
L’autre objectif de ce recueil est d’étudier la réception des textes sacrés dans les civilisations et les cultures profanes dont ils sont les principaux fondements, en observant non seulement le statut que l’objet profane reconnaît au texte sacré auquel il emprunte, se consacre ou s’oppose, mais aussi le statut que ce même objet profane s’attribue alors à lui-même ou se voit attribuer.
Ce double aspect de la réception du texte sacré est étudié à travers diverses productions culturelles, des plus directement liées à la source sacrée – comme les apocryphes, les traductions, l’exégèse et les enluminures –, aux plus indépendantes – comme la création littéraire –, en passant par celles qui, comme certaines sciences positives, doivent contourner le texte sacré, ou encore celles qui le détournent à des fins polémiques ou politiques.

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Nicolas IDIER La notion de texte sacré dans la tradition chinoise : l’exemple des Entretiens de Confucius et de leur traduction 285

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La notion de texte sacré dans la tradition chinoise : l’exemple des Entretiens de Confucius et de leur traduction Nicolas IDIER Université Paris-Sorbonne Centre de Recherche sur l’Extrême-Orient « Il est certain que dans toute l’Histoire nul écrit n’a exercé plus durable influence sur une plus grande partie de l’humanité1. » La Chine comme « autre pôle de l’expérience humaine2 » ne peut être réduite à un simple concept théorique, réservé au bon usage de l’Occi- dental désireux de se mieux comprendre. En revanche, en tant qu’aire géographique aux antipodes de celle où se sont écrites les trois religions du Livre, elle offre un espace de réflexion neuf, pour délimiter autrement les contours du texte sacré. Comme l’écrivait Pierre Ryckmans, sinologue de premier ordre, parfois mieux connu sous le pseudonyme de Simon Leys, historien de l’art chinois et traducteur de référence des Entretiens de Confucius en français et en anglais : 1 P. RYCKMANS, « Introduction du traducteur », dans Les Entretiens de Confucius, Paris, Gallimard, 1987, p. 7. Cette édition du Lunyu constitue la référence de la présente étude. 2 L’expression, attribuée à André Malraux, est utilisée à plusieurs reprises par Pierre Ryckmans. Nous la retrouvons dans les Essais sur la Chine, compilation des œuvres signées « Simon Leys » de 1971 à 1991 : « La fascination unique que la Chine semble exercer sur tous ceux qui l’abordent pourrait en un sens se comparer à l’attraction qui rapproche les sexes : elle suscite en effet...

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