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Les Incertitudes de la présence

Identités narratives et expérience sensible dans la littérature contemporaine de langue française- Algérie-France-Québec

Daniel Marcheix

Les parcours identitaires fictifs que donnent à lire de nombreux récits contemporains se nourrissent de leur ancrage dans la phénoménalité du sensible. Cet ouvrage est consacré à l’étude de cette corrélation, aux modalités de sa mise en discours et à ses effets en termes de signification. Les œuvres analysées sont algériennes, françaises, québécoises et appartiennent donc à la littérature de langue française considérée en extension, sans les insidieuses hiérarchisations dont est trop souvent porteuse la notion de littérature francophone. L’auteur y examine les opérations énonciatives et narratives par lesquelles se déploient les expériences sensibles de personnages qui sont d’abord et avant tout des corps sentants et percevants. Puis il montre comment de ces modes de présence au monde sensible surgissent des formes de vie qui sont précisément les manifestations signifiantes d’identités conçues comme des effets induits par les ressources formelles des textes.

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9. Aliénation féminine et espaces urbains 151

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9. Aliénation féminine et espaces urbains Perception urbaine et sémiosis de l’aliénation chez Maïssa Bey et Anne Hébert Au commencement était la mer1, de Maïssa Bey, et Est-ce que je te dé- range?, d’Anne Hébert, sont deux récits qui appartiennent à des sphères géographiques et culturelles très différentes. Le premier, publié en 1996, plonge le lecteur dans les événements tragiques de la décennie de Sang qu’a traversée l’Algérie dans les années 1990. Le second, paru en 1998, est le dernier texte publié par Anne Hébert en France avant son re- tour au Québec pour y mourir en 2000. Ces différences qui séparent ces deux œuvres de femmes ne sauraient pourtant occulter de troublantes similitudes qui résident pour l’essentiel dans les subtiles relations qu’elles tissent entre, d’une part, une expérience féminine placée sous le signe du deuil et de la maternité tragique et, d’autre part, une aventure urbaine marquée du sceau du rejet, d’une inhospitalité qui n’a rien à voir avec l’appartenance nationale. Dans la mesure où, on le sait, il y a une socialité de l’espace et une spatialisation de la socialité, les évocations d’Alger et de Paris que proposent ces deux récits semblent n’avoir d’autre objet que de dire, dans un seul mouvement, la violence de la perte de soi et l’exclusion de la femme d’un espace urbain tout autant in- tersubjectif...

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