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Manger en Europe

Patrimoines, échanges, identités

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Edited By Antonella Campanini, Peter Scholliers and Jean-Pierre Williot

Si les institutions communautaires de l’Europe permettent aujourd’hui d’identifier un espace politique et économique, qu’en est-il du sentiment d’appartenance des Européens à une civilisation partagée ? En dépit de nombreux traits d’union, leurs identités et leurs cultures matérielles demeurent multiples.
Ce premier livre de la collection « L’Europe alimentaire » s’inscrit dans une dynamique croissante de l’intérêt porté par des publics divers et nombreux aux pratiques de l’alimentation. Il réunit les positions de spécialistes des cultures alimentaires sur la notion, très complexe à définir, des identités alimentaires. Cet ouvrage croise l’analyse de l’anthropologie et de l’histoire pour présenter la formation des patrimoines gastronomiques, les processus d’échanges culinaires et l’émergence, à différentes époques et dans plusieurs pays de recettes, de produits ou de manières de manger. Il s’en dégage que les Européens ont su à la fois développer des traditions locales très marquées et faire confluer leurs goûts par la circulation des marchandises, des hommes et des idées.
La stratégie contemporaine, et capitale pour l’Europe, de valorisation par la qualité de ses produits considérés comme typiques, trouve dans ce récit les sources originelles d’un patrimoine commun aux Européens.

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TROISIÈME PARTIEIDENTITÉS

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TROISIÈME PARTIE IDENTITÉS 183 Esquisse sur l’identité d’une ville : Bruxelles et sa cuisine aux XIXe et XXe siècles* Peter SCHOLLIERS et Steven VAN DEN BERGHE Vrije Universiteit Brussel (Belgique) Acceptant, comme le fait par exemple Claude Fischler1, que l’alimentation joue un rôle décisif dans la construction de l’identité de l’individu et du groupe, l’on peut se demander dans quelle mesure une ville (voire une région, un pays et même un continent) peut s’approprier une cuisine. En observant les tentatives actuelles dans divers pays européens, visant à valoriser les produits du terroir et de surcroit, en considérant que ceci se fait de plus en plus en utilisant les possibilités légales offertes par l’Union européenne2, il n’y a pas de doute que l’alimentation joue un rôle important dans la construction identitaire d’une ville, région ou nation. Il ne surprend donc guère que Strasbourg se présente actuellement comme capitale gastronomique de l’Europe et que Lyon se voit jouer ce rôle au niveau de la France, Bruges au niveau belge, San Sebastian au niveau espagnol, ou encore Bologne au niveau italien. On ne peut pas non plus être étonné que diverses villes d’un pays se disputent ce rôle3. Le chapitre présent s’interroge sur la dimension historique du pro- cessus de construction identitaire utilisant la cuisine. Il va de soi qu’il ne suffit pas qu’un office de tourisme déclare sa ville ou sa région comme...

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