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La destruction dans l’histoire

Pratiques et discours

Edited By Didier Martens, David Engels and Alexis Wilkin

Depuis les origines mêmes de la civilisation, l’expérience de la fragilité de toute création humaine a amené l’homme à essayer de trouver un sens à la possible destruction – volontaire ou naturelle – de ce qu’il aime et de ce qui le fait vivre. C’est autour de ces grandes questions – quelle est l’importance réelle de l’acte destructeur dans l’histoire et dans quelle mesure cet acte est-il présenté, condamné ou légitimé par les contemporains ? – que s’est cristallisé le projet de recherche « La destruction dans l’histoire » mis sur pied, depuis 2009, au sein du centre de recherches SOCIAMM de l’Université libre de Bruxelles, et dont l’aboutissement est le présent volume collectif interdisciplinaire. Il réunit onze contributions consacrées à différentes déclinaisons dans le temps et dans l’espace d’un seul et unique phénomène, celui des destructions volontaires d’objets matériels, et invite à un parcours qui va de la Rome antique jusqu’à Bruxelles à l’aube du XX e siècle.

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Pratiques et discours de la destruction. Quelques réflexions introductives - David ENGELS, Didier MARTENS et Alexis WILKIN

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9Pratiques et discours de la destruction Quelques réflexions introductives* David ENGELS, Didier MARTENS et Alexis WILKIN (Université libre de Bruxelles/F.R.S.-FNRS) « Denn alles, was entsteht, ist wert, daß es zu Grunde geht ». Goethe, Faust I, 1339–1340 I. Introduction Quand, en 1836, le peintre américain Thomas Cole1 entreprit la créa- tion d’un cycle de cinq tableaux intitulé The Course of Empire, au- jourd’hui conservés à la New York Historical Society, devant représenter le développement d’une civilisation aux allures gréco-romaines, le quatrième tableau fut tout naturellement dédié au sujet de la Destruc- tion, présentant ainsi l’anéantissement violent d’une grande cité et le massacre de ses habitants comme le résultat inévitable d’une évolution qui l’avait amené d’un préhistorique Savage Stage par l’archaïque Arcadian or Pastoral Stage à l’apogée luxurieuse de la Consummation, et qui allait déboucher, dans le cinquième et dernier tableau, au stade de ruine de la Desolation. Bien que le choix de ces cinq sujets s’explique aisément par l’ambiance générale des débuts du XIXe siècle, avec ses découvertes culturelles et ses nombreuses révolutions, et par la situation spécifique des jeunes états indépendants d’Amérique du Nord, particu- lièrement réceptifs au phénomène de la construction d’une société et d’une culture radicalement nouvelles2, la place accordée à la destruction révèle néanmoins combien tout ce qui a été créé par l’homme...

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