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La politique française de non-prolifération nucléaire

De la division du travail diplomatique

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Florent Pouponneau

Aujourd’hui, la lutte contre la diffusion des armes nucléaires dans le monde est une priorité du gouvernement français. Mais pendant longtemps les acteurs diplomatiques français ont refusé de suivre les règles multilatérales dans ce domaine central de la politique internationale. Comment expliquer que la France soit devenue l’un des principaux promoteurs de la norme de non-prolifération nucléaire après s’en être tenue à distance ?
Pour répondre à cette question, ce livre refuse d’opposer deux approches traditionnelles de l’étude des relations internationales en mobilisant les outils et les méthodes de la sociologie politique. Il traque ainsi les contraintes du système international dans les effets qu’elles exercent sur les luttes et les alliances entre les différentes bureaucraties intervenant dans la définition de la politique française de non-prolifération et sur les représentations et les actions des diplomates, hauts fonctionnaires et responsables politiques impliqués.
À partir d’une enquête de terrain approfondie sur les exportations menées dans les années 1970, la participation au désarmement de l’Irak au début des années 1990 et les initiatives prises autour de la question du nucléaire iranien depuis 2003, les transformations de la politique étrangère de la France sont rapportées aux évolutions de la division du travail diplomatique.
Ce faisant, ce livre pose des jalons qui permettent de mieux rendre compte des pratiques diplomatiques et de penser autrement ce qu’est l’international.

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Chapitre 1. Intégrer deux approches opposées de la politique internationale

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27 Chapitre 1 Intégrer deux approches opposées de la politique internationale Pour rendre compte de la politique française de non-prolifération nu- cléaire, cet ouvrage cherche à intégrer au plan théorique les apports de deux approches classiques de la politique internationale habituellement opposées ou, à tout le moins, de poser quelques jalons méthodologiques et conceptuels dans cette voie. Car si la tâche est relativement simple à formuler, sa réalisation s’avère particulièrement difficile. En revenant à considérer le système international comme un déterminant des politiques étrangères, la démarche adoptée peut se voir comme une réhabilitation, sous une forme largement amendée, de la construction théorique du « réa- lisme structural » (ou « néoréalisme »). À trop critiquer les auteurs de ce courant, nombre de travaux sur l’international finissent par ne plus raisonner en termes de structure sociale. La première approche mobilisée, notamment représentée par les tra- vaux de Graham Allison1, met l’accent sur la manière dont les caracté- ristiques internes aux États conditionnent leur politique extérieure ou une décision « discrète ». Les activités diplomatiques sont appréhendées comme les produits de multiples luttes, concurrences et collaborations entre une pluralité d’individus et de services administratifs dont les res- sources, les préférences et les intérêts diffèrent. La seconde approche, moins connue et moins comprise dans la science politique francophone, encore largement incarnée...

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