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Guilt and Shame

Essays in French Literature, Thought and Visual Culture

Series:

Jenny Chamarette and Jenny Higgins

As theoretical positions and as affective experiences, the twin currents of contrition – guilt and shame – permeate literary discourse and figure prominently in discussions of ethics, history, sexuality and social hierarchy. This collection of essays, on French and francophone prose, poetry, drama, visual art, cinema and thought, assesses guilt and shame in relation to structures of social morality, language and self-expression, the thinking of trauma, and the ethics of forgiveness. The authors approach their subjects via close readings and comparative study, drawing on such thinkers as Adorno, Derrida, Jankélévitch and Irigaray. Through these they consider works ranging from the medieval Roman de la rose through to Gustave Moreau’s Symbolist painting, Giacometti’s sculpture, the films of Marina de Van and recent sub-Saharan African writing. The collection provides an état-présent of thinking on guilt and shame in French Studies, and is the first to assemble work on this topic ranging from the thirteenth to the twenty-first century. The book contains nine contributions in English and four in French.

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Najate Zouggari L’Impardonnable, l’imprescriptible et l’exigence éthique de pardon 113

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Najate Zouggari L’Impardonnable, l’imprescriptible et l’exigence éthique de pardon On commencera l’exposé en citant les mots d’une femme de disparu chilienne qui a envoyé un texte en octobre 2003 à la Ligue des Droits de l’Homme, en réaction à une décision d’amnistie du gouvernement: Et maintenant, ils veulent me le tuer par décret. Je devrais entamer les démarches pour être déclarée veuve et ne pas continuer à laisser errer mon regard dans les rues et ne pas montrer sa photo à chaque passant. Comme s’il était tombé dans une guerre lointaine, ils me conseillent de demander une pension. Ils me conseillent de demander maintenant de l’argent pour acheter des cahiers à mes enfants. C’est ça qu’ils veulent: que je range sa photo calmement, à côté de celle de mes parents, et que je sorte acheter le lait, chaque jour, avec l’argent de la pension. Mais ils n’ont pas l’air de comprendre. Bien sûr, je voudrais ranger sa photo, calmement. Bien sûr, cela, je désire le faire, et je le ferai. Et on ne peut pas dire que nous ayons trop de cahiers, dans cette maison, ou trop de nourriture à chaque repas. Mais il y a quelque chose d’autre à faire avant cela, avant de ranger sa photo. Je me demande s’ils peuvent le comprendre. Ce n’est rien d’inimaginable, c’est même quelque chose d’assez normal: je veux simplement voir le visage de l’homme, de l’homme qui l’a tué. Pas pour me venger, je n’ai pas de d...

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