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Panaït Istrati de A à Z

Dolores Toma

Panaït Istrati a toujours eu le culte du dictionnaire, comme somme de connaissances variées, comme livre instructif mais ludique à la fois. Le dictionnaire a été aussi pour lui le principal outil d’apprentissage et d’approfondissement des sens de sa pensée et de celle des autres. À 32 ans, il apprenait le français en copiant un dictionnaire français-roumain sur des fiches. Quelques années plus tard, quand il se mettra à écrire lui-même en français, il le fera en ouvrant cent fois le Larousse pour voir comment écrire tel ou tel mot. Il acceptait néanmoins ces travaux forcés comme le sacrifice et la souffrance qu’il avait toujours cru être l’inévitable rançon du bonheur. Celui d’exprimer sa pensée et de faire entendre ses propres mots. Cela ne lui aurait peut-être pas déplu de savoir qu’il est lui-même devenu un dictionnaire.
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Orient

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« Grand conteur d’Orient […]. Aucun livre ne me charme peut-être autant que les Mille et une Nuits. Écrivez, si vous pouvez, les Mille et un Jours de votre vie et de vos rêves ! » lui conseillait Romain Rolland dans une lettre de 1923. On sait que le conteur a failli ne pas du tout exister, sans l’écrivain français, mais on n’a pas pensé qu’il aurait pu ne pas être « oriental » non plus. Il ne s’agit pas d’une détermination géographique, ou ethnique, mais d’une appartenance revendiquée et assumée. Qu’est-ce qu’elle représentait pour l’auteur ?

Pour trouver la réponse il faut rappeler en tout premier lieu que l’expérience de l’Orient et l’écriture sont décalées de presqu’une vingtaine d’années. Par expérience de l’Orient j’entends ses voyages ou séjours en Égypte, en Grèce, au Liban et en Syrie : Le Caire, Alexandrie, Port-Saïd, Jaffa, Beyrouth, Ghazir, Damas, Pirée, Athènes, le Mont Athos… Les seuls voyages projetés qu’il ne réalisera pas sont en Abyssinie, avec Mikhaïl, pour vendre de la verroterie et acheter de l’ivoire, et en Inde, destination qu’il a la plus fortement investie de ses rêves.

L’expérience de l’Orient ne lui était pas a priori donnée par sa contrée natale, comme avaient pu le croire ses interlocuteurs occidentaux. Il est vrai, Braïla était à l’époque plus orientale que le reste du pays,...

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