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Panaït Istrati de A à Z

Dolores Toma

Panaït Istrati a toujours eu le culte du dictionnaire, comme somme de connaissances variées, comme livre instructif mais ludique à la fois. Le dictionnaire a été aussi pour lui le principal outil d’apprentissage et d’approfondissement des sens de sa pensée et de celle des autres. À 32 ans, il apprenait le français en copiant un dictionnaire français-roumain sur des fiches. Quelques années plus tard, quand il se mettra à écrire lui-même en français, il le fera en ouvrant cent fois le Larousse pour voir comment écrire tel ou tel mot. Il acceptait néanmoins ces travaux forcés comme le sacrifice et la souffrance qu’il avait toujours cru être l’inévitable rançon du bonheur. Celui d’exprimer sa pensée et de faire entendre ses propres mots. Cela ne lui aurait peut-être pas déplu de savoir qu’il est lui-même devenu un dictionnaire.
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Oncle Anghel

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« Dans cette famille de déshérités, Oncle Anghel était le puîné », après Zoïtza, la mère de l’auteur. Celui-ci l’avait bien connu, pendant les sept premières années de sa vie, passées à Badovinesti, chez sa grand-mère. Il lui consacrera le premier chapitre du manuscrit de 406 pages, écrit en quatre mois, pendant l’été de l’année 1922, à l’Hautil-sur-Triel, et envoyé à Romain Rolland le 4 septembre. En fait, ce chapitre ne sera publié qu’après Kyra Kyralina, le 15 février 1924, dans la revue Europe. Il ne constituait que la première partie du volume qu’on connaît maintenant sous le titre de Oncle Anghel. La deuxième partie, intitulée « La mort de l’Oncle Anghel », ne sera – « voluptueusement » – écrite qu’une année après la première, comme le précisait la lettre du 27 novembre 1923 à Romain Rolland383. La troisième partie, Cosma, ajoutée au début de l’année 1924, rendait complet Oncle Anghel, deuxième volume du cycle Les Récits d’Adrien Zograffi.

« Le garçon Anghel alla à la ville voisine, Braïla, s’embaucher à neuf ans, chez un marchand de vin », où il resta dix ans. Rentré dans son village et exempt du service militaire à cause de sa myopie, il épousa la fille la plus belle et la plus pauvre et s’installa à son compte, cabaretier sur la grande route. Jusqu’à 29 ans il avait amassé une fortune, tout en restant honnête...

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