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The Return of the Narrative: the Call for the Novel- Le retour à la narration : le désir du roman

Edited By Sabine van Wesemael and Suze van der Poll

This study focuses on the return of the narrative as applied by literary historians. Through the 1980s, criticism on the hermetic nature of many postmodern texts grew louder and louder: novelists expressed the wish to restore the bonds between the reader and the texts as well as between the texts and the extra-literary reality. Many fiction writers have grown tired of formalism and restore the conventions of realism, though not using them in a passive manner. Literary historians dealing with the post-postmodern or late postmodern European novel agree that conventional techniques are being adopted in new manners, and that all 20 th century tendencies that criticized and tried to overcome 19 th century realism do leave their traces on the contemporary novel: it might be a matter of hybrid forms combining realism and postmodernism.
Cette étude porte sur la notion, souvent avancée par des commentateurs du roman contemporain, du retour à la narration. Le romancier contemporain s’opposerait à l’hermétisme du roman postmoderne et désirerait rétablir le lien entre le texte et son lecteur et entre la littérature et la réalité extralittéraire. Les écrivains se lassent du formalisme et reprennent les conventions du réalisme sans toutefois les appliquer passivement ; l’auteur actuel n’envisage pas de restaurer une forme traditionnelle, mais de réécrire au second degré certains modèles romanesques afin de mieux représenter le monde contemporain. Le roman contemporain serait donc une forme hybride qui combine des tendances réalistes et postmodernes.
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«Ecrire la fable du réel». Les Belles Âmes de Lydie Salvayre comme poétique d’un nouveau réalisme

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Marjolein van Tooren (VU Université libre d’Amsterdam)

« Ecrire la fable du réel ». Les Belles Âmes de Lydie Salvayre comme poétique d’un nouveau réalisme

Eh Monsieur, un roman est un miroir qui se promène sur une grande route. Tantôt il reflète à vos yeux l’azur des cieux, tantôt la fange des bourbiers de la route. Et l’homme qui porte le miroir dans sa hotte sera par vous accusé d’être immoral ! Son miroir montre la fange, et vous accusez le miroir ! Accusez bien plutôt le grand chemin où est le bourbier, et plus encore l’inspecteur des routes qui laisse l’eau croupir et le bourbier se former.1

Si la situation narrative dans ce passage du Rouge et le noir, avec un narrateur explicite s’adressant à un lecteur imaginaire, empêche encore l’illusion du réel de s’installer, le fragment signale déjà l’avènement de la poétique réaliste qui dominerait la seconde moitié du XIXe siècle. Le roman Les Belles Âmes de Lydie Salvayre, paru en 2000, présente un paradox pareil, mais inverse. D’une part le narrateur s’y sert des stratégies vraisemblabilisantes éprouvées que nous connaissons du réalisme : intrigue (chrono)logique, narration à la première personne, caractérisation indirecte des personnages par la parole, noms parlants et un lieu d’action reconnaissable : en l’occurrence les cités défavorisées. Ce dernier aspect mène, comme nous le verrons, à une histoire...

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