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Lire en classe de français

Nouvelles d’expression française dans l’enseignement et l’apprentissage du FLE

de Ewa Kalinowska (Auteur)
©2017 Monographies 180 Pages

Résumé

L’objectif de l’ouvrage est de démontrer que l’exploitation de textes littéraires dans l’enseignement du français langue étrangère est une démarche pertinente et permet de contribuer au perfectionnement langagier et au développement de la compétence culturelle des apprenants. La partie théorique présente les principes de la didactique de la littérature, les critères du choix de textes pour la classe de langue et des activités pour les étapes du travail avec un texte littéraire. Une partie d’activités est spécialement consacrée à la nouvelle, genre qui a servi de support principal dans les fiches pédagogiques proposées. La partie pratique contient des fiches pédagogiques prêtes à la réalisation ; chaque fiche s’appuie sur le texte d’une nouvelle d’auteurs français ou originaires de divers pays, qui ont choisi de créer en français.

Table des matières

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • Sur l’auteur
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Table des matières
  • I. La littérature dans l’enseignement de langues
  • 1. Pertinence didactique des textes littéraires
  • 2. Choix de textes littéraires pour la classe de langue
  • 3. Dimension culturelle dans l’enseignement de langues par et avec la littérature
  • 4. Activités et exercices pour la classe de langue
  • II. La nouvelle dans l’enseignement du FLE
  • 1. Nouvelle en classe de français
  • 2. Activités de classe liées spécifiquement à la nouvelle
  • III. Bibliographie
  • IV. Fiches pédagogiques générales 1.a – 1.d
  • 1. Fiche générale
  • a. Connaître la biographie d’un écrivain
  • b. Texte littéraire bref et nouvelle
  • c. Fantastique
  • d. Policier – Polar
  • V. Fiches pédagogiques particulières 2.a – 2.p
  • 2. Fiche pédagogique
  • a. Isabelle Eberhardt, La Rivale
  • b. Guy de Maupassant, Un drame vrai
  • c. Guy de Maupassant, Un fou ?
  • d. Guy de Maupassant, Le loup
  • e. Guy de Maupassant, Magnétisme
  • f. Jules Renard, La Chenille
  • g. Jules Renard, La Vache
  • h. Jules Renard, Le Crapaud
  • i. Auguste Villiers De L’isle-Adam, À s’y méprendre !
  • j. Max Waller, Clair de lune (XVIe siècle)
  • k. Émile Zola, Les fraises
  • l. Émile Zola, Les violettes
  • m. Claude Seignolle, Le Meneur de loups
  • n. Nicolas Kurtovitch, Au bord de l’eau II
  • o. Nicolas Kurtovitch, Au bord de l’eau III
  • p. K. Madavane, Un clou sur un tamarinier
  • Titres de la collection

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I.   La littérature dans l’enseignement de langues

1.   Pertinence didactique des textes littéraires

La littérature ne saurait être réduite à ses composantes linguistiques, elle est bien plus qu’une simple somme de signes de langue. Son essence esthétique, sans laquelle il n’y aurait pas de distinction entre les textes fonctionnels et littéraires, est indispensable et constitutive de l’être. Néanmoins, la littérature est en même temps une émanation de la langue et de la culture au sein desquelles elle naît et encore, il s’agit d’une émanation exceptionnelle, riche du point de vue du lexique, du style et des thèmes.

L’exploitation des textes littéraires satisfait toutes les exigences que formule la didactique des langues étrangères – la littérature est une source pratiquement inépuisable des supports riches et représentatifs pour la langue-cible et la culture véhiculée ; pour cette raison elle semble prédestinée à occuper une place durable en classe de FLE. Les textes littéraires peuvent se prêter à la réalisation de plusieurs objectifs – linguistiques, culturels, pédagogiques ; aussi leur pertinence didactique ne peut-elle pas être sous-estimée.

Il sera utile de rappeler les traits inhérents – constructifs, sémantiques et formels – qui distinguent les oeuvres littéraires parmi les autres types de textes, en en faisant un matériel hautement fructueux pour l’enseignement de langues.

L’exploitation de la littérature dans la didactique des langues étrangères devrait prendre en considération tous ces aspects. Il est néanmoins nécessaire de mettre en garde contre des extrêmes possibles : d’un côté, se pose le danger lié à la concentration pragmatique excessive sur les éléments linguistiques (grammaticaux, lexicaux, etc.) du texte littéraire au détriment des valeurs artistiques et culturelles ; de l’autre, l’approche esthétique, tournée vers la beauté de l’œuvre, est perçue avant tout comme un moyen de briser la monotonie du cours de langue, centrée habituellement sur le manuel (de cette manière les partisans de l’exploitation didactique de la littérature s’exposent au reproche de faire un cours de littérature à la place d’une leçon de langue). Les deux sont à éviter, il serait raisonnable de chercher une troisième voie qui pourrait joindre les points positifs des deux approches. Les activités en classe se focaliseraient sur les contenus linguistiques ainsi que sur l’indication de certains phénomènes artistiques et historiques. L’essentiel serait de sensibiliser les élèves à la possibilité et l’utilité de formuler des opinions personnelles à propos de la littérature : le caractère personnel et individuel de celles-ci, tout maladroite que puisse être leur expression, est d’une importance capitale. L’exploitation didactique de la littérature devient de cette manière un élément d’une stratégie éducative complexe qui se pose comme objectif l’autonomisation de l’apprenant, son épanouissement intellectuel et psychologique. Il est tout aussi important que les concepteurs de ← 9 | 10 → démarches didactiques et didacticiens eux-mêmes n’oublient pas que les résultats de l’enseignement de la littérature sont difficilement vérifiables ; il devient donc nécessaire d’adopter une attitude de sagacité pour élaborer des outils d’évaluation intelligents qui ne découragent pas les apprenants et servent d’indication aux enseignants.

Un aspect supplémentaire devrait encore être mis en pratique pour que le texte littéraire en langue étrangère soit compris et, dans une perspective plus éloignée, approprié. La réalité socio-culturelle présentée dans l’œuvre lue et analysée devrait être au moins partiellement connue aux apprenants2. Si cette condition n’est pas satisfaite, ne serait-ce qu’au degré minimal, il peut s’avérer que les apprenants ne sont pas capables d’entrevoir toutes les connotations esthétiques et culturelles de l’œuvre artistique. C’est un élément extralinguistique tout aussi important dans le processus de la perception. Les textes littéraires constituent une aide pour franchir des barrières culturelles ainsi qu’ils nous aident à nous débarrasser des préjugés concernant d’autres nations. Grâce aux textes littéraires, les apprenants peuvent mieux connaître la culture, la vie sociale, les modes de vie, l’histoire, la géographie et les coutumes du pays de la langue-cible.

Cependant l’idée d’exploiter systématiquement la littérature dans le cadre de l’enseignement – apprentissage des langues étrangères n’est pas acceptée à l’unanimité. Elle rencontre même des adversaires. Selon eux, les élèves ne sont pas intéressés par la littérature qui les ennuie ; les textes paraissent trop abstraits et la problématique soit archaïque, soit à l’opposé des intérêts quotidiens. Du point de vue linguistique les textes littéraires semblent trop difficiles, par conséquent les élèves ne les comprennent guère et ne sont pas non plus enclins à travailler plus pour venir à bout de la complexité grammaticale et/ou lexicale. En plus, selon ces détracteurs, la littérature ne faciliterait pas la communication en classe – les apprenants ne seraient pas capables, pour des raisons psychologiques (blocage) et linguistiques (manque de compétences) de prendre la parole pour se prononcer sur la littérature, et ne donnerait pas la possibilité d’introduire des exercices lexicaux ou grammaticaux de manière efficace. Le problème majeur, évoqué d’ailleurs le plus souvent en premier lieu, est celui du manque du temps : les programmes scolaires ne prévoient pas le perfectionnement des connaissances ← 10 | 11 → littéraires, ils ne permettent pas aux enseignants de lire et d’étudier la littérature en langue étrangère pendant le nombre limité de leçons hebdomadaires. L’habitude de travailler uniquement avec une méthode FLE – un manuel de langue, accompagné d’un cahier d’exercices, d’un guide pédagogique et des corrigés – facilite la réalisation des leçons et n’incite pas les enseignants à consacrer un effort et un temps supplémentaires et nécessaires à l’élaboration des activités et exercices. Les enseignants admettent par ailleurs, plus ou moins volontiers, qu’ils ne se sentent pas préparés à exploiter la littérature en classe : ils n’y ont pas été formés et ne disposent guère de supports pertinents.

Résumé des informations

Pages
180
Année
2017
ISBN (ePUB)
9783631704035
ISBN (PDF)
9783653062458
ISBN (MOBI)
9783631704042
ISBN (Relié)
9783631670347
DOI
10.3726/978-3-653-06245-8
Langue
Français
Date de parution
2018 (Octobre)
Mots clés
Langue française Didactique Littérature française Littérature francophone Compétence langagière Compétence culturelle
Published
Frankfurt am Main, Berlin, Bern, Bruxelles, New York, Oxford, Warszawa, Wien, 2017. 180 p., 16 ill. n/b, 8 tabl.

Notes biographiques

Ewa Kalinowska (Auteur)

Ewa Kalinowska est maître de conférences à l’Université de Varsovie. Elle forme les futurs enseignants du français langue étrangère ; ses deux spécialisations, ce sont la littérature francophone et la didactique. Elle a publié une trentaine d'articles et pris part aux conférences en Pologne et à l’étranger.

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