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Références et thèmes des droites radicales au XX e siècle (Europe/Amériques)

de Olivier Dard (Éditeur de volume)
Comptes-rendus de conférences VIII, 368 Pages
Series: Convergences, Volume 83

Table des matières

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • Sur l’éditeur
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Remerciements
  • Table des matières
  • Présentation générale
  • Présentation générale: Olivier Dard
  • Figures de chefs
  • La pourpre où dorment nos chefs morts…: Francis Balace
  • Deux figures tutélaires: Paul Hoornaert et Joris Van Severen
  • Ces Messieurs de la famille
  • Vingt ans après...
  • L’impossible union: les Etats généraux de la Nation
  • Survivre?
  • Conclusions
  • Léon Degrelle comme référence des droites radicales allemandes après 1945: Christoph Brüll
  • Degrelle et l’Allemagne avant 1945
  • La référence à un absent
  • Une référence au passé à ressusciter
  • Référence pour les ethno-racistes de toute l’Europe
  • Conclusion
  • La mémoire imposée du franquisme. Le Mythe de José Antonio Primo de Rivera et l’école nationale-catholique: Miguel Angel Perfecto
  • La mémoire imposée du franquisme
  • Les étapes de la construction du mythe de José Antonio Primo de Rivera
  • Le rôle de l’école et des organisations sociales
  • Le modèle d’histoire nationaliste du franquisme
  • Conclusion
  • Les référents politiques et intellectuels de l’extrême droite italienne: un panthéon mythique (1950-1970): Pauline Picco
  • Se réapproprier la figure d’un Mussolini révolutionnaire
  • Codreanu et la Garde de fer: le mythe du légionnaire roumain
  • Un nouveau modèle de légionnaires: Bastien-Thiry et les martyrs de l’OAS
  • Relire les intellectuels français «fascistes»: l’exemple de Brasillach
  • Mémoire(s) et histoires(s) des régimes et des combats perdus
  • Le front de l’Est et l’extrême droite radicale française: propagande collaborationniste, lieu de mémoire et fabrique idéologique: Nicolas Lebourg, Jonathan Preda
  • Une avant-garde révolutionnaire?
  • Métapolitique et lieu de mémoire: le cas Jean Mabire
  • Un théâtre eurasiatique
  • Les reconfigurations idéologiques
  • Conclusion
  • L’Empire colonial portugais et ses mythologies: du sébastianisme messianique au lusotropicalisme: De la «Grotte de Camões» à Macao au «Cinquième Empire»: visite guidée: Ana Isabel Sardinha Desvignes
  • L’empire portugais: quelques repères
  • Messianisme, sébastianisme et Cinquième empire: origines du mythe
  • Le Cinquième Empire du Padre António Vieira
  • Devenirs du Sébastianisme et du Cinquième Empire
  • Empire et Estado Novo
  • Le lusotropicalisme: un nouveau mythe de l’Empire
  • Les droites radicales portugaises face à la «mythographie» de l’Empire
  • Conclusion
  • Antisémitisme et anticapitalisme
  • Droites radicales et péronisme: un mélange de traditions anticapitalistes?: Humberto Cucchetti
  • Péronisme et anticapitalismes
  • Péronisme et circulations transnationales des droites radicales
  • Le péronisme dans les droites radicales européennes: lectures françaises
  • Réflexions finales: péronisme et droites radicales en France, affinité élective ou malentendu?
  • Le négationnisme: l’expression d’un nouvel antisémitisme contemporain, international et protéiforme (1948-2013): Le rapport à l’antisémitisme et ses redéfinitions à travers la question du génocide et du conflit israélo-palestinien: Valérie Igounet
  • Un négationnisme d’après-guerre émergent
  • Un nouveau marqueur: l’antisionisme
  • Vers un islamisme radical...
  • … et un négationnisme d’Etat
  • Conservatisme, radicalité et anticommunisme
  • Merkur (1947-1952): Conservatisme et «révolution conservatrice» dans le contexte de la naissance de la République fédérale d’Allemagne: Michel Grunewald
  • La revue et ses collaborateurs
  • Le marqueur de l’antitotalitarisme
  • Le conservatisme de Merkur
  • Merkur et les anciens de la «révolution conservatrice» – deux cas emblématiques
  • Bilan
  • Aux origines du conservatisme contemporain aux Etats-Unis. Classes moyennes, mobilisations antifiscales et défense des valeurs américaines (1945-1964): Romain Huret
  • Le communisme et la guerre froide dans le Canada français d’après-guerre: Etude croisée des discours et des références internationales dans L’Action nationale et chez Adrien Arcand (1945-1970): Michel Bock et Hugues Theoret
  • Dans la mouvance des groulxistes: L’Action nationale
  • Dans la mouvance d’Adrien Arcand: L’Unité nationale et Serviam
  • Conclusion
  • L’Occident en questions
  • La défense de l’Occident: la dernière tranchée pour l’extrême droite européenne des années de guerre froide: Riccardo Marchi
  • Le concept d’«Occident» dans les droites radicales
  • La dimension culturelle
  • La dimension politique
  • La capacité défensive de l’Europe-Nation
  • La capacité défensive de l’Empire
  • La capacité défensive des régimes autoritaires
  • La dimension géopolitique
  • La désertion de l’«Occident» de Jeune Europe
  • La désertion de l’«Occident» de la Nouvelle Droite
  • Conclusions
  • De la «Défense de l’Occident» à «l’Occident comme déclin»: Olivier Dard
  • Les années 1920: l’Occident versus Orient
  • La guerre froide: l’Occident versus communisme
  • Fin des Empires: l’Occident versus subversion/submersion et métissage
  • Conclusion
  • Résumés
  • Abstracts
  • Index
  • Liste des contributeurs
  • Liste des publications de la collection Convergences

Présentation générale

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Présentation générale

Olivier DARD*

Après avoir abordé les droites radicales européennes et américaines au XXe siècle sous l’angle des acteurs en privilégiant les doctrinaires, les vulgarisateurs et les passeurs1 puis analysé l’internationalisation de leurs supports et de leurs vecteurs,2 l’objet de ce troisième atelier du projet de recherche IDREA (Internationalisation des droites radicales. Europe/ Amériques) soutenu par la Maison des sciences de l’homme de Lorraine et tenu dans ses locaux de Metz les 24 et 25 octobre 2013 a été d’étudier le caractère fédérateur d’un certain nombre de références et de thèmes. Complétant les deux premières étapes, cette troisième rencontre, réunissant des chercheurs français, européens, comme américains du Nord et du Sud, issus de différentes disciplines, s’est attachée à privilégier la mise en exergue de références et de thèmes transversaux au sein des droites radicales européennes et américaines depuis les lendemains du second conflit mondial. Il a fallu opérer des choix, qui comportent nécessairement une part d’arbitraire, éviter des rapprochements par trop artificiels ou hasardeux et ne pas se dissimuler cette évidence que, sur une perspective historiographique largement délaissée, la douzaine de contributions réunies ne peut prétendre à l’exhaustivité. Des jalons sont cependant tendus que d’autres recherches pourront bien entendu approfondir.

Cinq entrées, qui forment les cinq parties de ce volume, sont proposées: 1. Figures de chefs, 2. Mémoire(s) et histoire(s) des régimes et des combats perdus, 3. Antisémitisme et anticapitalisme, 4. Conservatisme, radicalités et anticommunisme, et 5. L’Occident en questions.

La première partie, centrée sur des figures de chefs, souligne leur importance pour les droites radicales et ce, aussi bien de leur vivant qu’après leur mort. Si, fort logiquement, de nombreuses études existent sur les chefs au pouvoir, qu’il s’agisse du Führer ou du Duce, les travaux sont beaucoup moins nombreux sur les postérités des chefs morts, déchus et proscrits même ← 3 | 4 → si dans ce volume l’examen de la panthéonisation d’un Mussolini révolutionnaire livre des enseignements instructifs sur la sélection opérée dans son itinéraire par ses héritiers néofascistes. Dans l’Europe de l’aprèsguerre, les droites radicales sont en quête de chefs. De nouveaux peinant à s’afficher, cette carence conduit à la défense et au culte de figures décédées ou réprouvées. Les morts peuvent en effet légitimer les vivants. Les exemples proposés dans ce volume donnent la mesure de l’importance du phénomène en proposant des cas de figures variés à travers notamment Joris Van Severen, leader flamand de l’entre-deux-guerres exécuté en 1940, du rexiste converti au Troisième Reich puis réfugié en Espagne, Léon Degrelle et enfin du chef de la Phalange exécuté par les Républicains en 1936, José Antonio Primo de Rivera. Ces trois figures sont autant de cas d’écoles. Le premier renvoie à une situation de chef jugé incontournable et indépassable dont les héritiers (peu nombreux) n’ont de cesse que de se mettre dans le sillage sans pour autant réussir à opérer le rebond escompté. Léon Degrelle, qui a construit sa légende depuis la Légion Wallonie et sait l’entretenir des décennies durant, est beaucoup moins un chef belge déchu et proscrit qu’une incarnation internationalement partagée de l’Ordre nouveau vaincu dont la geste s’est diffusée de l’Espagne à l’Allemagne (privilégiée ici) mais aussi de l’Italie à la France. Par son image, ses déclarations fracassantes et l’abondance de ses écrits, Degrelle incarne le Troisième Reich dont il se pose en héritier et en mémorialiste, un Troisième Reich dont il entend donner une vision résolument «européenne» et bien entendu apologétique. De ce fait, le caractère transnational de la figure de Degrelle correspond tout autant à la construction d’une image que ce dernier a forgée qu’à une réalité repérable dans la propagande produite par les droites radicales européennes de l’après 1945. José Antonio Primo de Rivera représente un troisième cas de figure. Il est aussi une référence transnationale et même transatlantique si on songe à son aura en Amérique du Sud (notamment en Argentine) où le Roumain Codreanu est également célébré. Primo de Rivera est, après sa mort, un symbole fondamental de la geste franquiste et de son martyrologe de même que, si l’on peut dire, un acteur fondamental du franquisme au pouvoir et au quotidien. Sa photographie figure dans les classes, ses statues font partie du mobilier urbain, au même titre que son nom, omniprésent dans la toponymie. «Siempre presente», José Antonio Primo de Rivera s’impose comme la figure tutélaire de la Phalange mais aussi comme une forme d’alter ego de Franco, qui puise en lui une part de sa légitimité.

Prolongeant l’importance des chefs et l’accent mis sur la mort, la seconde partie de l’ouvrage s’attache aux enjeux mémoriels et historiques des régimes déchus et des combats perdus. Rédaction de mémoires, mise en récit historique et plaidoyers pour sortir une histoire de vaincus de son ← 4 | 5 → ghetto sont ici indissociables. Deux moments ont été privilégiés par les contributions de cet ouvrage. Le premier renvoie au second conflit mondial, au front de l’Est et aux engagements qu’il a pu susciter. Il existe, à l’échelle internationale, une mémoire de ces combattants antibolcheviques qu’il conviendrait d’analyser sur un mode transversal, même si des monographies nationales existent.3 Mais l’expérience du front de l’Est renvoie aussi à des imaginaires et à des résiliences politiques qui ont profondément marqué de larges fractions des droites radicales depuis 1945 et qui sont, à travers notamment une étude fouillée des textes de Jean Mabire, au cœur des préoccupations de ce volume. Une seconde expérience marquante concerne le tournant des années 1950-1960 et la défense des empires coloniaux par les droites radicales, autre combat perdu et qu’a symbolisé en France l’Organisation armée secrète (OAS). Une recherche collective récente a montré le caractère largement fantasmagorique d’une OAS internationale qui aurait pris la forme d’une «internationale noire».4 Son absence d’effectivité ne saurait cependant signifier que le combat de l’OAS n’ait pas eu, y compris après l’échec de 1962, des prolongements à l’étranger, notamment en Italie où il constitue une référence, aux côtés de beaucoup d’autres cependant. Mais c’est sans doute au Portugal que l’Empire colonial constitue une référence de premier ordre, puisant ses mythologies dans le sébastianisme messianique et adaptant, à l’heure du salazarisme, un lusotropicalisme largement mythifié mais qui donne ses lettres de noblesse à une entreprise présentée comme un continuum d’Henri le Navigateur au Doutor de Coïmbra. Toutefois, si le principe du soutien aux guerres coloniales de l’Estado Novo ne pose aucun problème aux représentants portugais des droites radicales, ils sont bien nombreux à reprendre à leur compte le projet colonial du régime qui ne peut donc être considéré comme un fédérateur des droites radicales européennes des années 1960 et 1970 alors qu’il aurait pu être une forme de «tiers-mondisme de droite», faisant du Portugal un «pont entre le Premier et le Tiers-monde dans une version anticapitaliste et anticommuniste».5 ← 5 | 6 →

Il était impossible de brosser un tableau comparé des différents thèmes programmatiques des droites radicales européennes et américaines. Le choix s’est porté sur deux d’entre eux, l’anticapitalisme et l’antisémitisme, qui ne sont pas sans liens. Le cas argentin, avec le péronisme, illustre de façon saisissante comment un certain type d’anticapitalisme, qui ne remet pas en cause la propriété privée mais fustige au premier chef la finance internationale sur fond de dénonciation de la synarchie, peut être un marqueur historique et transatlantique. En cette matière, les circulations et transferts sont nombreux et s’inscrivent dans la durée. Le rôle joué par les proscrits européens installés en Argentine après le second conflit mondial ou les liens entretenus avec l’Espagne franquiste sont importants mais ne doivent pas être les seuls éléments à prendre en compte. En effet, si on connaît, pour l’extrême gauche européenne, y compris dans sa mouvance terroriste, la fascination exercée par les mouvements sud-américains (Tupamaros etc.)6 on se saurait ignorer l’intérêt porté par les droites radicales aux figures comme aux régimes de Perón voire même plus récemment de Chávez. Sans y voir un modèle qu’il serait possible d’importer, le péronisme fut incontestablement une référence en matière de réflexion anticapitaliste et anti-impérialiste à l’heure où les solutions économiques et sociales des droites radicales en Europe (corporatisme) étaient marginalisées.

L’antisémitisme est un second point de rapprochement. Un antisémitisme étudié ici sous l’angle de son avatar contemporain, le négationnisme. L’objet d’études n’est pas neuf et a donné lieu à des travaux importants, notamment en France. Mais ici, c’est l’accent sur sa transversalité internationale qui a été privilégié. L’aspect euro-américain et notamment canadien-français commence d’être connu via notamment des travaux récents sur Adrien Arcand promoteur du négationnisme au Canada et en lien aussi bien avec Henry Coston qu’avec Ernst Zündel qui l’a considéré comme son «mentor».7 Mais l’examen de la situation actuelle du négationnisme et de son développement (multiplié par internet) donne à voir que si l’espace euro-américain ne peut être négligé, sa place, essentielle dans la seconde moitié du XXe siècle, doit être relativisée et contrebalancée par le rôle nouveau joué par l’aire proche et moyen-orientale. En atteste en particulier la place de l’Iran dans les affaires Faurisson et Dieudonné.

L’anticommunisme a fait l’objet d’une partie spécifique. Ce choix se justifie par son importance et son caractère fédérateur: il s’agit d’un déno ← 6 | 7 → minateur commun entre l’ensemble des droites radicales européennes et américaines. Une autre raison peut aussi être mise en avant, à savoir que l’anticommunisme n’est pas seulement l’affaire des droites radicales mais brasse à l’évidence de nombreux milieux et courants à l’heure de la guerre froide.8 Plus précisément, ce sont les porosités repérables avec des courants conservateurs qui ont été privilégiées ici. On ne saurait en effet considérer les droites radicales comme une sorte d’isolat, coupées des sociétés de leur temps et la marginalité de certains groupes ne saurait en l’espèce faire prendre la partie pour le tout. Sans qu’il s’agisse de les confondre, il existe tant en Europe qu’aux Amériques, des passerelles entre les droites radicales et le conservatisme. L’anticommunisme tient dans cette perspective une place d’importance. Un anticommunisme qui peut être assimilé à un antisoviétisme et plus largement à un rejet de l’expansion du socialisme qui menacerait les sociétés occidentales, les dirigeants travaillistes, socialistes ou démocrates (Etats-Unis) étant réputés être les fourriers, conscients ou non, du communisme. C’est ainsi que peut se lire l’histoire du mouvement antifiscal aux Etats-Unis qui est considéré aujourd’hui comme l’ancêtre du Tea Party. On retiendra aussi l’intérêt précoce et partagé entre certains secteurs du conservatisme et des droites radicales pour des concepts appelés à un grand développement comme celui de totalitarisme. En ajoutant que certaines revues (Merkur en Allemagne) peuvent recycler dans le débat public des acteurs marqués par un passé radical mais qui ont dorénavant pris leurs distances avec ses expressions éditoriales ou partisanes. Enfin, l’analyse de la situation internationale donne aux conservateurs et aux radicaux l’occasion de parler d’une seule voix lorsque se déclenchent des affaires d’espionnage (l’«affaire Gouzenko» au Canada) ou que surviennent des crises majeures mettant directement l’URSS en cause, de Budapest en 1956 à Prague en 1968. Ces attitudes convergentes ne doivent cependant pas masquer des différences de ton et d’approche comme le montre le cas québécois, étudié ici, d’où il ressort que le contenu de l’anticommunisme de l’Action nationale et des héritiers de Lionel Groulx est bien différent de celui d’Adrien Arcand et l’Unité nationale qui fustige le judéocommunisme et se fait le chantre, au nom des «peuples blancs», d’un «nationalisme horizontal», à comprendre comme «un nationalisme racial» et «continental».

La cinquième partie de ce volume, à vocation tout autant fédératrice que conclusive, s’est attachée au thème de la «défense de l’Occident». Son inscription dans le débat public est un marqueur du début des années 1920 ← 7 | 8 → mais force est de constater son déclin par rapport au rayonnement qui fut le sien quelques décennies plus tôt. Il doit plutôt être considéré, comme le souligne le titre d’une des contributions, comme la «dernière tranchée des droites radicales européennes». Mais la «défense de l’Occident» est aussi un thème dont le contenu fut polysémique, mettant en regard l’Occident à défendre face à l’Orient, au communisme, à la subversion ou encore à la menace d’un métissage généralisé. Objet polymorphe la «défense de l’Occident» est aussi un thème bien daté puisque les années 1980, la chute du communisme et la fin de la guerre froide ont sans doute clos un cycle ouvert au lendemain du second conflit mondial. C’est ce cycle-là qui est au cœur de la douzaine de contributions présentées ici. Leur lecture peut renseigner, du moins nous l’espérons, sur une séquence peu connue jusqu’alors d’une histoire internationale des droites radicales et montrer, rapportés aux enjeux immédiatement contemporains, à quel point certaines références, thématiques ou problématiques ont perdu de l’importance tandis que d’autres se sont transformées et revitalisées. ← 8 | 9 →

*MSH Lorraine USR CNRS 3261, Université Paris-Sorbonne – Paris 4, UMR 8138 IRICE, Paris, 75005, France.

1Olivier DARD (éd.), Doctrinaires, vulgarisateurs et passeurs des droites radicales au XXe siècle (Europe/Amériques), Berne, Peter Lang, 2012.

2Olivier DARD (éd.), Supports et vecteurs des droites radicales au XXe siècle (Europe/Amériques), Berne, Peter Lang, 2013.

3On se contentera de citer ici le cas espagnol et la division Azul: Xosé Manoel NÚŇEZ SEIXAS, «Los vencedores vencidos: la peculiar memoria de la División Azul», in: Pasado y Memoria, no 4, 2005, pp. 83-113; Xosé Manoel NÚŇEZ SEIXAS, «El Tercer Reich, la Wehrmacht y la División Azul, 1941-1945: Memoria e imágenes contrapuestas», in: Ayer, no 69, 2008, pp. 47-72; David VEIGA CHOUSA, «La hermandad de la División Azul: un acercamiento al asociacionismo divisionario», in: RUHM, vol. 2, no 4, 2013, pp. 108-129.

4Olivier DARD et Victor PEREIRA (dirs.), Vérités et légendes d’une OAS internationale, Paris, Riveneuve éditions, 2013.

5Riccardo MARCHI, Império, Nação, Revolução. As direitas radicais portuguesas no fim do Estado Novo (1959-1974), Lisboa, Texto, 2010, p. 406.

6Parmi une série d’exemples, on peut citer l’ouvrage de Michael BAUMANN, Tupamaros Berlin-Ouest ou Comment tout a commencé, présenté par Daniel Cohn-Bendit et Heinrich Böll, Paris, Presses d’Aujourd’hui, 1976.

7Hugues THÉRORÊT, Les chemises bleues. Adrien Arcand, journaliste antisémite canadien-français, Québec, éditions du Septentrion, 2012, p. 347.

8Luc VAN DONGEN, Stéphanie ROULIN et Giles SCOTT-SMITH (éds.), Transnational Anti-Communism and the Cold War. Agents, Activities and Networks, Basingstoke, Palgrave Macmillan, 2014.

Figures de chefs

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La pourpre où dorment nos chefs morts…

Francis BALACE*

Dans une déclaration faite au cours de la polémique la concernant, Madame Christiane Taubira, Garde des Sceaux, traitait les idéologies nationalistes et de droite de mortifères. Soit, si l’on songe à leur bilan dans certains pays, il y a trois quarts de siècle. Au plan des idées et des thèmes de propagande, le terme morticole ou thanatophage conviendrait mieux. Tout un courant, résumé à l’héritage du nationalisme barrésien, exalte la terre et les morts, simple inversion de l’autre thème récurrent du Blut und Boden.

Résumé des informations

Pages
VIII, 368
ISBN (PDF)
9783035202939
ISBN (ePUB)
9783035194920
ISBN (MOBI)
9783035194913
ISBN (Livre)
9783034315807
Langue
Français
Date de parution
2014 (Novembre)
Published
Bern, Berlin, Bruxelles, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, 2014. 368 p.

Notes biographiques

Olivier Dard (Éditeur de volume)

Olivier Dard, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Paris-Sorbonne, est un spécialiste d’histoire politique du XXe siècle. Il a déjà publié ou dirigé des volumes sur les droites radicales, portant notamment sur l’OAS, l’histoire du maurrassisme, le phénomène ligueur, le corporatisme ou la synarchie.

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Titre: Références et thèmes des droites radicales au XX e  siècle (Europe/Amériques)