Loading...

European Voices in the Poetry of W.B. Yeats and Geoffrey Hill

by Ineke Bockting (Volume editor) Jennifer Kilgore-Caradec (Volume editor) Elizabeth Muller (Volume editor)
Edited Collection VIII, 172 Pages

Table Of Content

  • Cover
  • Title
  • Copyright
  • About the author(s)/editor(s)
  • About the book
  • This eBook can be cited
  • Contents / Table des matières
  • Préface
  • Introduction (French/English)
  • ‘Unity of Being’: Dantean Echoes in Yeats’s Aesthetics
  • Approaching Dionysus: Yeats and Pater’s Instinctive Difference
  • The Theme of Opposites: Yeats and Oedipus
  • Gaiety and Dread: Late Yeats and Hill
  • Yeats in Time to Be
  • Yeats, Pound, Eliot, Péguy, Hill
  • The ‘Pindarics’ as Enigma Variations: Pavese and Hill in formal conversation
  • Geoffrey Hill’s In Memoriam: Ernst Barlach
  • On Péguy: An Interview with Geoffrey Hill
  • Notes on Contributors

| VII →

Préface

Les textes réunis dans cet ouvrage reprennent les différentes communications de la journée d’études internationale organisée par la Faculté des Lettres de l’Institut Catholique de Paris le 6 septembre 2013 et consacrée aux Voix et voies européennes dans la poésie de William B. Yeats et de Sir Geoffrey Hill / European Paths and Voices in the Poetry of Yeats and Hill.

L’objectif de cette journée était de montrer que les œuvres poétiques de William B. Yeats (1865–1939) et de Sir Geoffrey Hill (né en 1932) dépassent le cadre national et identitaire – dans lequel il est convenu de les cantonner – alors que leurs textes s’inscrivent en réalité dans une influence plus européenne et puisent largement dans les siècles passés.

La relation entre les deux poètes apparaît surtout dans les premières œuvres de Hill – même si Peter McDonald montre dans sa contribution que le lien n’a jamais vraiment été rompu notamment par leurs communes exigences sur les techniques de l’écriture poétique.

En réunissant d’éminents spécialistes des deux auteurs – comme Peter McDonald, mais également Brian Arkins, Colbert Kearney ou Elizabeth Müller pour Yeats et Susan Ang, Kenneth Haynes, Jennifer Kilgore-Caradec ou Peter Behrman de Sinéty pour Hill – la réalité des liens qui unissent les deux poètes et les racines européennes de leur inspiration sont apparues avec une résonance nouvelle lors de cette journée d’études.

À l’occasion de cette rencontre, Sir Geoffrey Hill était présent et a clôturé la journée en lisant plusieurs de ses poèmes, certains inédits à ce jour. L’Institut Catholique de Paris lui en est particulièrement reconnaissant et mesure l’honneur qui lui a été fait. Sir Geoffrey Hill participe d’ailleurs au présent ouvrage en évoquant Charles Péguy dans un entretien avec Kenneth Haynes.

La Faculté des Lettres de l’ICP tient également à féliciter les organisatrices de cette rencontre : Ineke Bockting, directrice du département ← VII | VIII → d’Anglais, ainsi que Jennifer Kilgore-Caradec et Elizabeth Muller car elles ont permis la tenue d’une journée qui aura su faire progresser la recherche sur ces deux grands poètes ; qu’elles en soient ici particulièrement remerciées.

Pauline Piettre

Vice-Doyen de la Faculté des Lettres de l’ICP de 2007 à 2013

| 1 →

Introduction

Ce recueil d’articles fait suite à la conférence internationale Voix/voies européennes dans la poésie de W.B. Yeats et Geoffrey Hill organisée par la Faculté des Lettres de l’Institut Catholique de Paris. Cette conférence s’est tenue le 6 septembre 2013 en présence du poète anglais, Sir Geoffrey Hill, qui a clos le programme par un récital de ses propres poèmes dont certains étaient encore inédits à cette date. La conférence avait pour but de remettre en question un a priori assez répandu à propos de l’œuvre des deux poètes : selon certains critiques, l’écriture de W.B. Yeats et celle de Sir Geoffrey Hill, toutes deux profondément ancrées dans leurs cultures nationales respectives, n’auraient guère été influencées par les traditions européennes. Notre défi, dès lors, consistait à établir ou remettre en lumière des filiations qui paraissent évidentes pour peu que l’on s’attache à les démontrer.

En ce qui concerne Yeats, la question est souvent évoquée notamment lors de conférences (comme la mémorable Yeats the European qui s’est tenue dans la bibliothèque irlandaise Princess Grace à Monaco en Mai 1987) ou dans des ouvrages comme The Reception of W.B. Yeats in Europe. Dans la préface de ce livre, Helen Vendler souligne que les efforts du poète pour faire résonner une voix européenne aboutissent souvent à une cacophonie et produisent des notes discordantes, voire stridentes. Selon Vendler, l’esprit européen de Yeats formerait un amalgame superficiel autant qu’inabouti, comparable aux détritus qui composent le cœur du poète et forment ‘une boutique de haillons et d’os’ à la fin de ‘The Circus Animals’ Desertion’1. Ce poème, considéré comme un brillant exercice méta-poétique, laisse planer quelques doutes sur les capacités régénératrices de l’auteur et la métaphore finale que Vendler ← 1 | 2 → applique à un hypothétique ‘esprit européen’ chez Yeats est volontairement négative.

Yeats aurait donc fait entendre une voix spécifiquement irlandaise, et, si l’on en juge par son silence concernant la Première Guerre Mondiale, peu ou prou ignorée dans son œuvre, il se serait senti peu concerné par les problèmes européens. De fait, préoccupé en premier lieu de redorer le blason de l’héritage Celte, Yeats est justement célèbre en tant que poète fondateur de l’identité culturelle irlandaise, encore que celle-ci soit sujette à controverse dans son propre pays. Si Yeats fait des incursions dans des cultures différentes, celles-ci semblent privilégier les traditions orientales plutôt que le passé européen : le théâtre Noh dans le domaine dramaturgique (Yeats est l’auteur de plus de trente pièces de théâtre), les philosophies orientales dans le domaine de la spiritualité (Yeats contribua à une traduction des dix principales Upanishads en collaboration avec Shri Purohit Swãmi). Son inlassable quête spirituelle qui s’inscrit dans la démarche de la pensée rosicrucienne, va d’objets aussi divers que les cultes de l’Egypte ancienne, la tradition occulte d’Hermès Trismégiste et les textes sacrés des moines tibétains.

Cependant, Yeats découvrira tout un passé européen au début du XXème siècle après deux voyages en Italie en compagnie de Lady Gregory (en 1907 et 1925) et ces visites lui feront grande impression. Elles marqueront même le début d’un changement politique qui sera peu appréciée en Irlande : ébloui par le Quattrocento et les nobles mécènes de Florence, Yeats prônera les bienfaits d’une société aristocratique en matière de développement des arts, et finira par montrer un attachement certain aux grandes familles anglo-irlandaises (dont celle de Lady Gregory), aggravant ainsi davantage le fossé qui le séparait de la majorité catholique de l’Irlande. Au cours de ces voyages, Yeats sera également confrontée à l’art byzantin qui lui inspirera des poèmes visionnaires sur Byzance, cité d’un autre monde, prolongement d’une Athènes à la fois historique et céleste. De fait, le premier article du présent volume illustre bien l’aisance avec laquelle Yeats se meut dans l’Italie du Dante. Yeats démontre une connaissance pointue de l’opus du célèbre poète italien même lorsqu’il s’agit d’œuvres de jeunesse relativement peu connues, telles que le Convito ou la Vita Nuova. ← 2 | 3 →

Pour tout lecteur attentif des œuvres de jeunesse de Yeats, le point de contact avec la Grèce ne saurait faire de doute et cet intérêt initial, certainement conforté par la rencontre avec Ezra Pound (sans compter les nombrables amis hellénistes qui entourèrent le poète toute sa vie à Oxford et à Dublin) ne tardera pas à se faire sentir dans les pièces du début du siècle ainsi que les poèmes de la maturité. Cette influence est d’autant plus marquée qu’elle se recoupe avec les lectures philosophiques de Yeats, néo-platonicien convaincu et lecteur assidu des philosophes présocratiques. C’est donc sans surprise que nous trouvons dans ce volume deux articles qui font état de cette source d’inspiration : l’un sur le personnage d’Œdipe (rappelons que Yeats avait traduit et mis en scène à Dublin les deux pièces de Sophocle), l’autre sur le culte de Dionysos, figure fugitive mais constante qui hante à la fois Yeats et l’un de ses premiers maîtres à penser, Walter Pater. Pour conclure le volet de cette étude Yeatsienne, un dernier essai nous rappelle le caractère visionnaire des œuvres de Yeats, même celles qui semblent le plus profondément ancrées dans l’espace limité et fugace de la contemporanéité, comme le fameux ‘Easter, 1916’. Les sous-entendus ‘anti-héroïques’ de Yeats dans ce poème remettent discrètement en cause le choix des rebelles de 1916, tandis que, dans d’autres poèmes de la même période, son rejet de la bourgeoisie mercantile de Dublin trouve un écho bien vivace aujourd’hui.

Summary

«The duty of the present is neither to copy nor to deny the past but to resurrect it», wrote W.H. Auden in 1948. The European voices that William B. Yeats and Sir Geoffrey Hill choose to resurrect reflect their shared hope in the future of humanity, as the essays in this book demonstrate. From Greek and Roman voices, through the Italian Renaissance and into our troubled present, these poets use myth, as Auden suggested, «to make private experiences public» and «public events personal». They write about the past to maintain continuity and provide the transmission of cultural values or to avoid the repetition of atrocities. As visionary poets, their talents at reviving the poetic voice captivate and inspire. The essays in this volume elucidate both their poetic vision and resistance.
The chapters in this book derive from an international conference on Yeats and Hill that took place at the Institut Catholique de Paris in 2013. They are preceded by abstracts and a general introduction in French.

Details

Pages
VIII, 172
ISBN (PDF)
9783035108835
ISBN (ePUB)
9783035193091
ISBN (MOBI)
9783035193084
ISBN (Book)
9783034316897
Language
English
Publication date
2015 (October)
Published
Bern, Berlin, Bruxelles, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, 2015. VIII, 172 pp.

Biographical notes

Ineke Bockting (Volume editor) Jennifer Kilgore-Caradec (Volume editor) Elizabeth Muller (Volume editor)

The authors of the chapters in this volume live in America, Asia, and Europe. Specialists of modernist, classical, or contemporary poetry, several are well-known poets. The editors teach literature at the Catholic University of Paris and are specialists of Modernism. Ineke Bockting, head of the English Department and the research group of the Faculties of Letters and Education, is the author of a critical study on William Faulkner and co-edited with Jennifer Kilgore-Caradec Poetry and Religion: Figures of the Sacred (Peter Lang, 2013) which contains an essay on Hill’s Oraclau/Oracles. Elizabeth Muller has published Yeats (2007), a guide for students and is preparing a monograph study of Yeats and Dante.

Previous

Title: European Voices in the Poetry of W.B. Yeats and Geoffrey Hill