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La réconciliation franco-allemande par la jeunesse

La généalogie, l’événement, l’histoire (1871–2015)

de Mathias Delori (Auteur)
©2016 Monographies 280 Pages

Résumé

Les guerres prennent souvent naissance dans les représentations mutuelles, les sentiments de haine réciproque et le désir de revanche des populations. Les jeunes se trouvent souvent en première ligne dans ce mécanisme. Au cours de la Première guerre mondiale, par exemple, les jeunes Européens se sont mutuellement entretués au rythme de 1000 personnes par jour. Conscients de ce phénomène, des pacifistes et des antimilitaristes ont proposé, dès le tournant des XIXe et XXe siècle, de faire de la jeunesse l’objet de leur propagande pour la paix. Leurs propositions ont rarement franchi le rubicond de la sphère politique. Il existe cependant au moins une exception : en 1963, les gouvernements français et ouest-allemand ont mis en place une politique ambitieuse de réconciliation centrée sur les échanges de jeunes. La plupart des auteurs qui se sont intéressés à cette politique publique ont adopté une perspective hagiographique. Cet ouvrage propose au contraire de normaliser cet objet d’étude en s’appuyant sur la méthode généalogique développée par Michel Foucault. Le livre étudie la genèse (de 1871 à 1963), la mise en œuvre (de 1963 à 1973) et la révision (depuis 1973) de cette politique de réconciliation par la jeunesse. Il s’adresse autant aux personnes intéressées par cet aspect particulier du rapprochement franco-allemand qu’à celles qui veulent comprendre, d’une manière plus générale, l’intérêt et les limites des politiques de socialisation à la cause de la paix.

Table des matières

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • À propos de l’auteur
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Sommaire
  • Remerciements
  • Introduction. Réaliser la « plus grande migration de peuple de l’histoire »
  • Une politique (dés)enchantée
  • Pour une « histoire effective » de cette action publique
  • Origines de cet ouvrage
  • La gÉnÉalogie
  • Introduction à la première partie
  • Chapitre 1. Éduquer les jeunes à la cause de la guerre ou de la paix (1871-1918)
  • I.  La jeunesse, un enjeu dans la construction des États-Nations
  • II.  La réaction des éducateurs pacifistes et libéraux
  • III.  « L’espoir ultime réside dans les jeunesses des champs de bataille »
  • Conclusion
  • Chapitre 2. Le glissement vers une conception symbolique du pacifisme de jeunesse (1918-1933)
  • I.  La Jugendbewegung : entre utopie et hétérotopie
  • II.  Les « volontaires pour la paix » : porte-paroles de l’esprit de Locarno
  • III.  Les jeunes internationalistes se convertissent aux grand-messes symboliques
  • Conclusion
  • Chapitre 3. Les mouvements pour une paix par la jeunesse à l’épreuve de la montée du nazisme (1933-1939)
  • I.  Rencontrer la jeunesse hitlérienne (Loyalty)
  • II.  Exprimer sa solidarité avec les victimes du nazisme (Voice)
  • III.  Proclamer la paix à la campagne (Exit)
  • Conclusion
  • Chapitre 4. Réconcilier les jeunes Français avec leurs camarades nazis (1940-1945)
  • I.  Un lobby pour une collaboration par la jeunesse : les « Jeunes de l’Europe Nouvelle » (1940-1942)
  • II.  La « réconciliation » des jeunes dans les usines allemandes
  • III.  La « réconciliation » des jeunes sur le Front de l’Est
  • Conclusion
  • Chapitre 5. Des rencontres au service de la (ré)-éducation des jeunes (1945-1950) 83
  • I.  Soigner l’Allemagne
  • II.  Régénérer les jeunesses françaises et allemandes
  • III.  Initier un dialogue entre les deux sociétés
  • Conclusion
  • Chapitre 6. Sensibiliser les jeunes à la cause de l’Europe ? (1950-1954)
  • I.  Le refus des gouvernements de lancer une politique éducative européenne
  • II.  La dénationalisation des programmes scolaires
  • III.  Les rencontres de la Lorelei
  • Conclusion
  • Chapitre 7. Le retour du symbolisme de la réconciliation par la jeunesse (1954-1962)
  • I.  Acter l’avènement d’une Allemagne nouvelle
  • II.  Donner à voir une autre jeunesse que celle des « légionnaires franco-allemands »
  • III.  Légitimer une alliance controversée
  • Conclusion
  • L’évènement
  • Introduction à la deuxième partie
  • Chapitre 8. Une entente pragmatique sur un projet vague : multiplier les rencontres de jeunes (1963)
  • I.  Trois problématisations très « gouvernementales »
  • A.  Légitimer le traité de l’Élysée
  • B.  Contrecarrer l’offensive de la RDA en direction de la jeunesse française
  • C.  Inciter les jeunes Allemands à apprendre le Français
  • II.  L’intéressement incomplet des associations
  • III.  « L’idéologie molle » de la réconciliation
  • Conclusion
  • Chapitre 9. La clarification de l’idéologie molle lors de la mise en place des institutions (1964)
  • I.  Un Office franco-allemand
  • II.  Une politique pour toute la jeunesse
  • III.  Vers une gouvernance de type biopolitique
  • Conclusion
  • Chapitre 10. La traduction des perspectives hétérogènes dans un récit de politique publique (1964-1968)
  • I.  Le mythe de l’éternel retour des guerres franco-allemandes
  • II.  Un personnage omnipotent : la jeunesse qui n’a pas de frontière
  • III.  La résistance du paradigme aux premiers appels du réel
  • Conclusion
  • L’histoire
  • Introduction à la troisième partie
  • Chapitre 11. La crise du paradigme fondateur (1968-1973)
  • I.  Une jeunesse peu conforme aux prédictions
  • II.  Des jeunes pour la « dénazification » de l’OFAJ
  • III.  Les premières interrogations sur la légitimité de l’OFAJ
  • Conclusion
  • Chapitre 12. Éduquer les jeunes à l’interculturel (depuis 1973)
  • I.  Comprendre les « vivre ensemble d’individus de cultures différentes »
  • II.  Déconstruire « l’idéologie de la réconciliation »
  • A.  Contre l’idéologie de « l’amitié » franco-allemande
  • B.  Pour une approche pragmatique de la communication
  • C.  Pour un travail de mémoire
  • III.  La diffusion de l’expertise du bureau recherche
  • A.  L’isolement d’un bureau anticonformiste
  • B.  Un discours inaudible pour les gardiens du temple
  • C.  Des éducateurs convertis à la pédagogie de la rencontre interculturelle
  • Conclusion
  • Chapitre 13. Signifier la fraternisation des jeunes (depuis les années 1980)
  • I.  L’OFAJ comme « machine à célébrer »
  • II.  Un spectacle à destination des opinions publiques
  • III.  La matrice du partenariat spécial franco-allemand
  • Conclusion
  • Chapitre 14. Adapter l’OFAJ à « l’après-réconciliation » (depuis les années 2000)
  • I.  L’émergence d’une défiance dans les administrations
  • II.  La crise du début des années 2000
  • A.  La controverse au sujet du siège de l’organisation
  • B.  La publication d’un rapport parlementaire critique
  • C.  La réforme de 2005 : faire de l’OFAJ un instrument d’action publique « normal »
  • III.  Une tempête dans un verre d’eau ?
  • Conclusion
  • Conclusion
  • Sigles et abréviations
  • Liste des archives
  • Liste des entretiens
  • Ouvrages ou articles cités
  • Titres parus dans la collection

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Résumé des informations

Pages
280
Année
2016
ISBN (PDF)
9783035266009
ISBN (ePUB)
9783035297492
ISBN (MOBI)
9783035297485
ISBN (Broché)
9782875743237
DOI
10.3726/978-3-0352-6600-9
Langue
Français
Date de parution
2016 (Février)
Mots clés
franco-allemande Mouvements pacifistes Première guerre mondiale
Published
Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, 2016. 280 p.

Notes biographiques

Mathias Delori (Auteur)

Mathias Delori est docteur en science politique et chercheur CNRS au Centre Émile Durkheim de Sciences Po Bordeaux. Il a travaillé auparavant à l’Institut Universitaire Européen de Florence, à l’Université de Montréal et à Sciences Po Grenoble. Ses recherches s’inscrivent dans le champ de la sociohistoire et, plus précisément, des approches critiques de la sécurité et de la guerre.

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