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La Poste, servante et actrice des relations internationales (XVIe–XIXe siècle)

de Alexandre Tessier (Éditeur de volume)
©2016 Collections 162 Pages

Résumé

L’existence de relations postales est généralement perçue comme un prérequis de l’essor de la diplomatie moderne. L’apparition de routes de relais sur de grandes distances, à la fin du Moyen Âge, permit tout d’abord aux diplomates de maintenir un contact régulier avec leurs cours d’origine, d’où la multiplication des ambassades permanentes. Puis, vers la fin du XVIe siècle, l’extension des services publics de Poste aux lettres entraîna une baisse drastique des coûts de communication : l’envoi de courriers particuliers put devenir exceptionnel ; les ambassades se mirent à vivre au rythme des « ordinaires », ces convois de lettres ouverts à tous, qui chaque semaine reliaient les capitales européennes entre elles. La diplomatie entrait dans son âge classique.
L’objet des études rassemblées dans ce recueil est de dépasser ce scénario trop général pour explorer en quoi consista le partenariat effectif, quotidien, intime, qui dut nécessairement se nouer entre la diplomatie et la Poste. Balayant l’ensemble de l’Europe moderne, ces contributions révèlent la grande variété des situations, selon les régions ou périodes considérées. Abordant un riche éventail de thèmes – rôle des cabinets noirs, usage des guides postaux, connivences entre journalistes et diplomates –, elles montrent aussi que les contraintes des moyens de communication disponibles ne pesaient pas seulement de façon négative sur l’activité diplomatique : elles lui ouvraient maintes perspectives de manipulation de l’information. C’est en ce sens que, servante incontournable des relations internationales à l’Époque moderne, la Poste peut aussi prétendre au statut d’actrice des affaires.

Table des matières

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • Sur l’auteur/l’éditeur
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Sommaire
  • Avant-propos
  • Préface
  • Temps Postaux, Pratiques Diplomatiques
  • La circulation des correspondances d’État en Europe durant le second XVIe siècle. L’exemple de la France
  • Transmettre la correspondance du baron de Wettes et du marquis des Alleurs au-delà du Saint-Empire. Le réseau postal européen et la diplomatie française
  • Chemins, contrôle et circulation de la dépêche diplomatique entre Paris et Rome au XVIIIe siècle
  • « Maîtriser tout le reste de l’Allemagne septentrionale ». Les services postaux du royaume de Westphalie et du grand-duché de Berg au service de la politique napoléonienne
  • L’information Comme Enjeu
  • La surveillance des courriers. Une dimension de l’action diplomatique
  • Les à-côtés d’un officier des Postes sous Louis XIV. Jean Richard, maître des courriers étrangers à Paris et informateur de la cour britannique
  • Organiser une correspondance secrète en temps de guerre. François de Bussy et l’abbé Grossatesta à Londres (1744)
  • Postes Internationales, Modes D’emploi
  • La correspondance du chargé d’affaires à Rome avec les agents du roi de France à Naples et en Sicile (1706-1724)
  • L’Europe des routes de poste au XVIIIe siècle à travers le Nouvel itinéraire général de Louis-Charles Desnos
  • La Poste, le journaliste et le diplomate. Structures et effets d’une relation triangulaire (Provinces-Unies, début XVIIIe siècle)
  • Postface. Quelques réflexions sur les rapports entre pratiques diplomatiques et techniques de communication. Une lecture de « La diplomatie et le progrès » d’Albert Sorel (1883)
  • Titres de la collection

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Avant-propos

Muriel LE ROUX

Chargée de recherche au CNRS, IHMC – ENS – Paris 1
Responsable des programmes de recherche du CHP et de la collection
« Histoire de la Poste et des communications. Échanges et territoires »

Lorsque Alexandre Tessier m’a soumis l’idée d’une journée d’étude sur le thème « Postes et Diplomatie », après l’avoir discutée avec Reynald Abad (Université Paris-Sorbonne), François Cadilhon (Université Bordeaux-Montaigne), Jean-Luc Chappey (IHMC – Université Panthéon-Sorbonne), spécialistes de l’Époque moderne et membres de la commission scientifique du Comité pour l’Histoire de La Poste, nous avons décidé de soutenir ce projet qui relevait du périmètre de recherche du CHP. Cette journée d’étude de très bonne facture scientifique s’est tenue, le 25 septembre 2013, aux Archives diplomatiques à La Courneuve.

Dix des textes de cet ouvrage ont été présentés au cours de cette journée. Les échanges et les communications – outils requis par la diplomatie – sont au cœur des problématiques présentées et constituent le fil rouge de cet ouvrage. En dévoilant les multiples facettes d’un sujet complexe encore peu étudié par les historiens des relations internationales, les auteurs nous invitent ici à poser un regard nouveau sur l’histoire de l’Europe à l’Époque moderne. Les débats soulignent, si besoin était, la corrélation entre maîtrise des outils, qu’ils soient techniques, organisationnels ou juridiques et politiques. Mais ne sait-on pas, de longue date, combien l’histoire des choses banales (par leur matérialité) et des faits ordinaires est contingente de l’Histoire avec un grand H ? Les contributeurs, universitaires et spécialistes reconnus des relations internationales à l’Époque moderne, avaient toutes les qualités requises pour apporter chacun leur pierre à l’édifice, en fonction de leurs domaines d’expertise. Les récits, pris dans leur ensemble, balaient les trois siècles des Temps modernes et une large part de l’espace européen. Ce livre remonte ainsi aux premières décennies d’usage des routes de relais postaux entre les États européens, au XVIe siècle. Cette question ← 9 | 10 → cruciale et féconde abordée ici répond ainsi aux vœux formulés par Daniel Roche lors d’une journée d’étude en 19981.

Si le CHP eut un rôle moteur dans l’animation de la journée d’étude et de la publication, notamment grâce à Sébastien Richez et Josiane Foynat, la recherche est un processus collégial et collectif ; aussi que mes collègues déjà cités François Cadilhon, Reynald Abad et Jean-Luc Chappey soient vivement remerciés car ils sont les garants de la présence de l’Histoire moderne au Comité et de la qualité des travaux menés et dont relève le présent ouvrage.

Le partenariat avec les Archives diplomatiques, représentées par leur directeur, Richard Boidin, Isabelle Richefort, conservatrice générale du patrimoine et directrice adjointe, et Isabelle Nathan, conservatrice générale du patrimoine et responsable du département des publics, a offert le cadre approprié aux débats. En outre, les Archives diplomatiques ont gracieusement consenti à la reproduction d’images dans ce volume. Je leur sais gré de ce soutien qui a rendu possible la réalisation du projet. Il convient bien entendu d’associer à ces remerciements le Laboratoire d’Excellence « Écrire une Histoire Nouvelle de l’Europe » (EHNE – Paris-Sorbonne, Panthéon-Sorbonne, CNRS), partenaire scientifique et matériel.

Que les membres du comité éditorial de la collection « Histoire de la Poste, des communications, échanges et territoires », les personnels des éditions P.I.E. Peter Lang, notamment Émilie Menz, qui accueillent ce cinquième volume, ainsi que les évaluateurs soient associés à ces remerciements, car tous ont contribué à l’édition des textes rassemblés par Alexandre Tessier.

Il me reste enfin à saluer quelques autres personnes et institutions qui ont contribué à divers titres à la journée d’étude aussi bien qu’à la présente publication : François Cadilhon, Reynald Abad, Jean-Luc Chappey et Virginie Martin, pour avoir assuré qui l’introduction, qui la présidence de l’une ou l’autre session de la journée. Merci à S.A.S. le prince Albert de La Tour et Tassis, descendant de la dynastie d’entrepreneurs postaux européens, pour nous avoir gracieusement autorisé à reproduire en couverture une illustration tirée de ses archives de Ratisbonne, ainsi qu’au Dr Peter Styra, son archiviste en chef. Merci à Perrine Kossmann pour son aide pour le traitement de cette image. Merci également aux Archives nationales des Pays-Bas (Het Nationaal Archief, La Haye) pour la photographie de document qu’elles nous ont fournie. Que dire aux personnels du Musée de La Poste de Paris qui aident le Comité et collaborent avec lui en tant que de besoin ? Qu’ils ← 10 | 11 → sachent que tous, historiens et éditeurs, sont conscients de leur précieuse contribution ; je mentionnerai plus particulièrement cette fois-ci Agnès Mirambet, conservatrice en chef, Laure Fabre, bibliothécaire, Chantal Reynaud, archiviste, et Philippe Sartout, responsable de la photothèque, sans omettre Mauricette Feuillas qui, par sa bienveillance, nous autorise à reproduire aimablement, une fois encore, les illustrations de cet ouvrage.


1 Cf. sa conclusion dans Muriel Le Roux (dir.), Histoire de la Poste, de l’administration à l’entreprise, Paris, IHMC/CHP, Presses de la rue d’Ulm, 2002, 184 p.

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Préface

Résumé des informations

Pages
162
Année
2016
ISBN (PDF)
9783035265965
ISBN (ePUB)
9783035297539
ISBN (MOBI)
9783035297522
ISBN (Broché)
9782875743213
DOI
10.3726/978-3-0352-6596-5
Langue
français
Date de parution
2016 (Février)
Mots clés
Histoire de la Poste Service public Europe moderne Diplomatie moderne
Published
Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, 2016. 162 p., 15 ill. n/b, 1 tabl. n/b

Notes biographiques

Alexandre Tessier (Éditeur de volume)

Docteur en Histoire, auteur de Réseaux diplomatiques et République des Lettres. Les Correspondants de Sir Joseph Williamson, 1660–1680 (Paris, 2015), Alexandre Tessier étudie l’essor des relations postales dans l’Europe moderne. Depuis 2014, il est enseignant-chercheur à l’Université d’Évry-Val d’Essonne / IDHES-Évry.

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