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Cartographies littéraires du Brésil actuel

Espaces, acteurs et mouvements sociaux

de Rita Olivieri-Godet (Éditeur de volume)
Collections 580 Pages

Résumé

Cette cartographie de la production littéraire brésilienne actuelle révèle des dynamiques spatiales originales, en rapport avec l’émergence de nouveaux acteurs et mouvements sociaux, et donne une vision panoramique des tendances de cette production tout en scrutant chacun des éléments qui participent à la définition de ses contours.
Les différentes études visent à préciser les mutations thématiques et formelles qui inaugurent de nouveaux enjeux esthétiques et repositionnent le discours littéraire dans ses façons de voir, d’évoquer et d’interpréter des espaces, des acteurs et des mouvements sociaux. De quel(s) Brésil(s) cette production parle-t-elle ? Quelles images du Brésil saisit-elle et engendre-t-elle ? Quels paysages réels et imaginaires privilégie-t-elle du Brésil ? À quelles modalités thématiques et formelles a-t-elle recours pour dire et (re)signifier le présent ? De quelles stratégies particulières la littérature brésilienne dispose-t-elle pour intervenir dans le discours social de son temps (inscription, dialogue, transgression de la convention sociale) ?
Centrée sur les rapports entre faits sociaux et pratiques discursives d’une part et l’imaginaire de l’espace brésilien d’autre part, cette cartographie littéraire du Brésil offre ainsi au public de langue française un témoignage de la diversité et du bouillonnement qui caractérisent aussi bien le domaine de la création que celui de la critique littéraire brésilienne.

Table des matières

  • Cover
  • Titel
  • Copyright
  • Sur l’auteur/l’éditeur
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Table des matières
  • Remerciements
  • Présentation
  • I. Le Brésil conjugué au présent : faits sociaux et pratiques discursives
  • Le récit brésilien contemporain : des anthologies et des tendances
  • Écriture de la mémoire traumatique
  • Intimité et corrosion : narrateurs et récits d’une mémoire (historique) introjectée
  • Kaddich pour une disparue sous la dictature : K. de Kucinski
  • Dictature et mémoire : Soledad no recife et la reconstitution littéraire de l’histoire
  • Temps mort, quand la dictature n’en finit jamais
  • La fiction et La fictionniste, de Godofredo de Oliveira Neto
  • Constructions de portraits de la nation
  • Chico Buarque et le Brésil
  • Mémorialisme et fiction au Brésil contemporain
  • La judéité dans Diario da queda, de Michel Laub : la Shoah, les rites et la transmission
  • Luanda Beira Bahia : esprit du lieu, mémoire, fiction
  • Portraits de la nation dans Récit d’un certain Orient et Deux frères de Milton Hatoum
  • Étude de la dialectique national/universel dans quatre romans brésiliens contemporains
  • Migrations, identité et discours littéraire dans l’œuvre de Luiz Ruffato
  • Écriture de soi et histoire
  • Écriture de soi et histoire dans la littérature contemporaine
  • Trames et flux de la métafiction de Ana Miranda – Semíramis
  • « Sou uma mulher do século xix, disfarçada em século xx » : canon et marginalité poétique chez Ana Cristina Cesar
  • En suivant le fil de nos ancêtres. La resignification textuelle des écrivaines tisseuses actuelles : Colasanti, Hilst, Leonardos et Prado
  • Voix et silence dans la poésie de Ferreira Gullar : graphies du moi et de la ville
  • II. Topologie imaginaire de l’espace brésilien
  • Historicité de l’espace et identités culturelles
  • Historicité de l’espace dans l’œuvre de Milton Hatoum
  • Du Relato de um certo Oriente aux Orfãos do Eldorado : traversée à rebours dans l’identité territoriale brésilienne
  • Un centaure brésilien dans le paysage de São Paulo
  • Amérindiens et Noirs dans l’espace de la représentation
  • Entre forêt et ville : le roman contemporain brésilien et le non-lieu des Amérindiens
  • La ville ou la perte de l’oikos dans Cinzas do Norte de Milton Hatoum et Habitante irreal de Paulo Scott
  • Quel avenir pour la poésie noire au Brésil. « Cadernos Negros », entre reproduction mimétique et renouvellement esthétique : pour une intertextualité afro-luso-brésilienne
  • Mémoire et stratégies du biopouvoir dans les transformations sociales : repositionnement du discours littéraire au Brésil
  • Formes symboliques de l’urbain
  • Littérature brésilienne contemporaine : isolement et exclusion dans la favela
  • La représentation du milieu urbain dans Ninguém é inocente em São Paulo de Ferréz
  • Analyse de l’écriture carcérale brésilienne contemporaine
  • Rap, littérature marginale et mouvements sociaux dans le Brésil actuel : la rue comme espace médiateur de conflits
  • Violence dans l’espace urbain : le vol à main armée en tant que fracture des relations intersubjectives
  • Du roman noir au roman autobiographique : variations de la représentation de l’urbain dans la fiction de Rubem Fonseca
  • Goiânia imaginaire : la ville, ses tons, ses temps à la croisée du paysage et de la littérature
  • Cartographie subjective et langage dans Os cordeiros do abismo
  • La Caruaru de Nelson Barbalho : nouvelles symboliques de l’urbain au XXe siècle
  • Lieux emblématiques de l’espace brésilien : sertão, frontières, Amazonie
  • Le sertão et la ville dans la fiction contemporaine
  • Campagne et roman au Brésil : entre le locus amœnus et le locus terribilis
  • Le sertão : espace social et poétique chez Guimarães Rosa
  • Le sertão, une réinvention poétique chez Ariano Suassuna
  • Littérature des frontières et frontière des littératures : Aldyr Garcia Schlee
  • Aux frontières du Mato Grosso : les traces de la langue dans les scènes de violence
  • Entre les remous de l’imaginaire et les houles du réel : Un regard sur la littérature amazonienne brésilienne dans la contemporanéité
  • Déambulations et regards internes et externes dans la poésie de l’Amazonie brésilienne : Vicente Franz Cecim versus Raul Bopp
  • Notes sur les auteurs
  • Titres de la collection

Remerciements

Ce livre a reçu le soutien de l’Institut universitaire de France et de l’ERIMIT – Équipe de Recherches Interlangues « Mémoires, Identités, Territoires » –, de l’Université Rennes 2, grâce auquel cette publication a été rendue possible.

J’adresse mes plus vifs remerciements :

à tous les collègues qui ont collaboré à cet ouvrage collectif ;

à Janine Houard, Pascal Reuillard et Dominique Stoenesco pour leur travail de traduction et de révision ;

à Orianne Guy pour son travail de relecture et de mise en page du manuscrit ;

à Yann Aubin, responsable de la Cellule Recherche de l’UFR Langues de l’Université Rennes 2, pour sa participation efficace aux démarches administratives. ← 11 | 12 → ← 12 | 13 →

Présentation

Rita OLIVIERI-GODET

Établir une cartographie de la production littéraire brésilienne actuelle, tout en mettant en évidence des dynamiques spatiales originales en rapport avec l’émergence de nouveaux acteurs et mouvements sociaux, constitue l’objectif principal de cet ouvrage.

Il est issu d’une sélection de communications présentées dans le cadre du colloque homonyme Cartographies littéraires du Brésil actuel : espaces, acteurs et mouvements sociaux, organisé par l’Équipe de Recherches Interlangues « Mémoires, Identités, Territoires » – ERIMIT (E.A. 4327) de l’Université européenne de Bretagne – Rennes 2, en novembre 2014, avec le soutien de l’Institut universitaire de France, de l’Institut des Amériques de Rennes, de Rennes Métropole et de la Région Bretagne. Colloque et ouvrage s’inscrivent dans le prolongement d’une féconde collaboration entre des universités françaises et brésiliennes qui a donné lieu, depuis une quinzaine d’années, à plusieurs publications en français dans le domaine de la critique littéraire, parmi lesquelles La littérature brésilienne contemporaine1, premier ouvrage publié en France consacré à l’analyse d’un corpus littéraire brésilien actuel.

La constitution d’une telle cartographie permet d’une part d’avoir une ample vision des tendances de cette production et d’autre part de scruter chacun des éléments qui participent à la définition de ses contours. Elle témoigne, toutefois, de la diversité et du bouillonnement qui caractérisent aussi bien le domaine de la création que celui de la critique littéraire, tout en constituant un apport non négligeable pour le lecteur qui s’intéresse aux scénarios complexes et multiples du système littéraire brésilien.

Élaborée à partir d’un fil conducteur précis qui confère une cohérence à l’ensemble, cette cartographie littéraire du Brésil actuel n’a pas la prétention d’être exhaustive, et pour cause. Dans un pays aux dimensions continentales, avec des inégalités régionales criantes, y compris dans le domaine culturel, le plus honnête est d’assumer l’incomplétude d’une telle représentation cartographique et d’envisager ce recueil d’articles comme autant de pistes fournies par des chercheurs confirmés et de jeunes chercheurs appartenant à des horizons culturels divers, rattachés à plus d’une vingtaine d’universités, ← 13 | 14 → en France, en Allemagne et au Brésil. En ce qui concerne le Brésil, cette diversité institutionnelle est représentative de l’ensemble de ses régions. Quant à la diversité culturelle, elle est certainement le garant du croisement de points de vue multiples, essentiel à la constitution d’une cartographie littéraire. Elle se manifeste également dans le choix des genres littéraires qui comprennent aussi bien des textes romanesques, poétiques, dramatiques, que des contes, des nouvelles, des chroniques, des récits de voyages, ou encore des paroles de chansons de la MPB (Musique populaire brésilienne) et du rap. Une majorité des analyses est consacrée aux textes romanesques. D’une certaine façon, ce choix correspond à l’engouement que le public lecteur, les maisons d’édition, les événements littéraires et la critique universitaire manifestent à l’égard de la fiction, malgré l’existence d’une tradition poétique de qualité et l’émergence, au niveau local, de nouvelles voix poétiques.

Les contributions ici regroupées esquissent un profil de la production littéraire brésilienne au cours des cinquante dernières années. Cette période charnière, du point de vue des transformations historiques, sociales et politiques, recouvre des phénomènes complexes et contradictoires : aussi bien la dictature militaire que le processus de redémocratisation du pays ; l’arrivée au pouvoir du Parti des travailleurs et les bouleversements engendrés par le nouvel ordre global du capitalisme ; de graves convulsions sociales et l’émergence du Brésil sur la scène internationale en tant que puissance économique. Le choix de cette période ouvre la possibilité de mettre en perspective la production actuelle de la littérature brésilienne confrontée à de nouvelles facettes politiques et sociétales du pays et à de nouveaux projets, en tenant compte de son passé récent.

Les différentes études réunies dans cet ouvrage cherchent à préciser les mutations thématiques et formelles qui inaugurent de nouveaux enjeux esthétiques et repositionnent le discours littéraire. L’examen de la production littéraire brésilienne privilégie ses façons de voir, d’évoquer et d’interpréter des espaces, des acteurs et des mouvements sociaux. De quel(s) Brésil(s) cette production parle-t-elle ? Quelles images du Brésil saisit-elle et engendre-t-elle ? Quels paysages réels et imaginaires privilégie-t-elle du Brésil ? À quelles modalités thématiques et formelles a-t-elle recours pour dire et (re)signifier le présent ? De quelles stratégies particulières la littérature brésilienne dispose-t-elle pour intervenir dans le discours social de son temps (inscription, dialogue, transgression de la convention sociale) ? Ces questions traversent les articles et confortent une certaine perspective qui envisage le texte littéraire en tant qu’espace dialogique, carrefour où se croisent et coexistent des échos de la vaste rumeur du monde. Elles exigent une approche critique ouverte au dialogue avec les sciences humaines et sociales en tenant compte des rapports entre faits sociaux, pratiques discursives et représentations littéraires. ← 14 | 15 →

Pour structurer le débat autour de ces questions et contribuer à élaborer un large éventail susceptible d’éclairer les enjeux de la production littéraire brésilienne récente, l’ouvrage privilégie deux grands axes de réflexion autour desquels les contributions s’articulent.

Le Brésil conjugué au présent : faits sociaux et pratiques discursives

Un premier axe, centré sur les rapports entre faits sociaux et pratiques discursives, porte sur l’examen de l’inscription dans le récit des mutations sociétales, mémorielles et identitaires de l’histoire récente du Brésil. L’article d’Ivete WALTY qui inaugure cet ouvrage poursuit cet objectif lorsqu’il se consacre à ébaucher, à travers l’analyse de trois anthologies – Littérature marginale, talents de l’écriture périphérique, de Ferréz (2005), Granta : les meilleurs jeunes écrivains brésiliens, de Roberto Feith et Marcelo Ferroni (2012), et Génération sous zéro : 20 auteurs congelés par la critique, mais adorés par les lecteurs, de Felipe Pena (2012)2 –, les tendances du récit brésilien contemporain en rapport avec les critères de valeur qui les sous-tendent.

Plusieurs contributions s’attachent à examiner l’écriture de la mémoire traumatique de la dictature militaire en se penchant sur une génération d’écrivains « qui porte en elle les marques indélébiles de l’écrasement orchestré par cette dictature » (José Antônio SPINELLI) et relève le défi d’écrire sur ce traumatisme, en établissant, parfois, comme le démontre Eurídice FIGUEIREDO dans son analyse de K. de Kucinski, la relation entre la Shoah et la dictature militaire brésilienne. La mémoire de la Shoah est également évoquée dans l’analyse d’Ilana HEINEBERG sur Diário da queda de Michel Laub. Au-delà de leur valeur de témoignage, les chercheurs soulignent les procédés esthétiques auxquels les écrivains font appel pour écrire le trauma et pour dévoiler la persistance des marques d’autoritarisme dans les relations sociales et politiques (Priscila MATSUNAGA). Ce sont d’ailleurs ces « traces repérables au sein même du domaine du langage ou de la construction de la phrase », qui attirent l’attention d’Andrea HOSSNE lorsqu’elle se penche sur les récits de F. Bonassi, B. Kucinski et J. R. Terron, auteurs « nés aux alentours du coup d’État civil et militaire de 1964, [qui] ont eu leur formation contaminée par les traces de la dictature à un niveau plus quotidien, plus habituel, et apparemment moins traumatisant, légèrement en dessous de la ligne visible qui les distingue des récits, ← 15 | 16 → des témoignages et de la fiction autobiographique des torturés, prisonniers politiques, militants et ex-militants, familles de disparus » (HOSSNE).

Les récits de la mémoire récente de la nation brésilienne, analysés dans cet ouvrage – de la dictature militaire à l’évocation des mouvements sociaux qui ont traversé le Brésil pendant la dernière décennie – partagent pour la plupart leur adhésion au caractère métadiscursif et autoréférentiel du discours fictionnel. Cela est aussi vrai pour le roman A ficcionista [La fictionniste], de Godofredo de Oliveira Neto dont le protagoniste Nikki « exprime ce malaise diffus du statu quo présent dans les manifestations de 2013 au Brésil » (JOBIM).

D’autres portraits de la nation brésilienne se profilent dans des œuvres qui interrogent les processus de construction nationale et de construction des identités culturelles en tissant des liens entre mémoire collective et individuelle, mobilités sociales, histoire et fiction que l’on peut observer dans les travaux suivants : Maria Elizabeth CHAVES DE MELO sur la mémoire dans le roman Leite derramado [Quand je sortirai d’ici] de Chico Buarque de Hollanda ; Ana Maria CLARK PERES sur la « brésilianité » dans l’œuvre du compositeur et du romancier Chico Buarque de Hollanda ; Sandra ASSUNÇÃO sur la figure de l’immigré libanais au centre d’une représentation identitaire de la nation dans Relato de um certo Oriente [Récit d’un certain Orient] et Dois irmãos [Deux frères] de Milton Hatoum ; Reheniglei REHEM sur la perception sensible des espaces et l’imagination créatrice sur des villes dans le roman Luanda Beira Bahia d’Adonias Filho. La réflexion sur les flux migratoires et le développement national inégal est au centre des œuvres de Milton Hatoum et Luiz Ruffato, comme le démontre Gisele FRIGHETTO dans son étude qui comprend également des romans de Michel Laub et Bernardo Carvalho en faisant ressortir les procédés propres à chaque écrivain. Dans sa lecture de l’œuvre de Luiz Ruffato, Dominique STOENESCO s’attache aux mobilités sociales, mémorielles et identitaires en mettant en avant la représentation du rôle central de pôle d’attraction dans le processus de migration, exercé par la ville de São Paulo, à travers l’analyse « de la série de cinq volumes intitulée “L’Enfer provisoire” [dont le projet] était de réaliser une vaste fresque sur les classes ouvrières brésiliennes, depuis les années 1950-60 jusqu’au début du XXIe siècle » et de la référence incontournable au roman Eles eram muitos cavalos [Tant et tant de chevaux]. Par la représentation des flux migratoires d’individus isolés ou de groupes d’individus, ces récits de migration entremêlent mémoire, histoire et constructions d’identités culturelles. Centrés sur la confrontation avec l’altérité et sur le phénomène de déterritorialisation du sujet, ils mettent à nu les mutations qui s’opèrent chez l’individu au niveau du sentiment d’appartenance dû à l’expérience, souvent douloureuse, de la « terre promise ». ← 16 | 17 →

Parmi les travaux qui proposent de traiter les rapports entre écriture de soi et histoire, celui de Cleudemar A. FERNANDES est dédié aux chroniques Nas trilhas do tempo [Sur les sentiers du temps] de Braz José Coelho qui « révèlent l’inscription du sujet dans des espaces d’énonciation et dans des domaines de mémoire – l’écriture de soi signifiant l’inscription du sujet dans l’historique et son reflet ». L’article de Rubens E. A. PEREIRA et Elvya S. R. PEREIRA dévoile, dans sa première partie, les liens entre l’histoire littéraire et la mémoire culturelle dans l’univers singulier d’Anna Miranda, marqué par l’inscription des poétiques de l’Autre, « des trames et des poétiques perçues comme un devenir de soi-même, de sa propre écriture » (PEREIRA) avant de se consacrer, dans une deuxième partie, à une lecture de son roman Semíramis. Giulia MANERA choisit de présenter une autre voix féminine singulière, celle d’Ana Cristina César, en levant le voile sur les éléments qui participent à sa diction poétique personnelle, sans perdre de vue les contextes artistique et politique dans lesquels elle émerge, celui de la poesia marginal et de la dictature militaire. Le travail de Luciana CALADO s’attache à examiner quatre écrivaines contemporaines, Hilda Hilst, Stella Leonardos, Marina Colasanti et Adélia Prado, dont les œuvres entrelacent subjectivité créatrice et mémoire collective. La tension entre poésie et silence se révèle de façon inattendue dans le recueil Muitas vozes [Plusieurs voix] de Ferreira Gullar. Cette œuvre témoigne d’une transformation dans son écriture, comme le démontre Ilca VIEIRA DE OLIVEIRA pour qui cette inflexion consiste, fondamentalement, à épurer la matière politique en faveur d’une « poésie réflexive et méditative du poète, dont le thème du silence se transforme en matière poétique ».

Topologie imaginaire de l’espace brésilien

Le deuxième axe qui se dégage de cet ouvrage s’organise, prioritairement, autour d’une topologie imaginaire de l’espace brésilien, l’espace littéraire étant ici envisagé dans le sens de la représentation (espace perçu) et de la production de sens, tout en tenant compte des enjeux mémoriaux, historiques et identitaires.

Deux études consacrées à l’œuvre de Milton Hatoum ouvrent le débat autour de l’historicité de l’espace et de la représentation de référents culturels qui façonnent un espace identitaire. Mireille GARCIA interroge l’historicité de l’espace dans les trois premiers romans de Milton Hatoum qui couvrent une large période de l’histoire amazonienne allant « de la “Belle Époque” de faste du caoutchouc aux échos de la Première Guerre mondiale, en passant par la dictature militaire, jusqu’à la modernisation de la région et l’expansion du capitalisme ». Antoine KAUFFER propose « un questionnement d’une certaine identité géo-culturelle brésilienne » dans le premier et le dernier roman en date de l’auteur, respectivement Relato ← 17 | 18 → de um certo Oriente [Récit d’un certain Orient] et Orfãos do Eldorado [Orphelins de l’Eldorado], en pointant leurs différences au regard des modalités de représentation de l’identité culturelle brésilienne en lien avec l’espace géographique. Aussi, dans O centauro no jardin [Le centaure dans le jardin] de Moacyr Scliar, il est question de représentation des identités culturelles, comme le démontre l’étude d’Ana Maria CHIARINI sur l’allégorie de l’ambivalence identitaire du protagoniste Guedali, créature mi-homme, mi-cheval, fils de juifs russes né dans le sud du Brésil, dont le parcours tisse des liens avec la vie d’immigrants juifs et de leurs descendants dans la ville de São Paulo.

Un ensemble assez représentatif des études ici rassemblées questionne l’espace d’énonciation dans le système littéraire brésilien. Ces travaux s’intéressent au bouleversement et au déplacement du texte national en rapport avec l’émergence de nouveaux acteurs et mouvements sociaux, qui se manifestent par l’inclusion, dans le système littéraire brésilien, de nouvelles voix issues de la périphérie de grandes métropoles ; de textualités ethniques ; de figurations de personnages subalternes, en marge de l’histoire et de la société. Ces éléments engendrent une nouvelle dynamique symbolique qui renouvelle les lettres brésiliennes tout en exposant ses contradictions, en élargissant le marché littéraire conventionnel et en rendant plus complexe et multiple l’imaginaire sur la nation.

Bien que la circulation des textualités amérindiennes dans l’espace littéraire brésilien en soit encore à ses débuts, la figure de l’Amérindien en tant qu’instance d’altérité apparaît dans plusieurs récits, de façon récurrente, depuis la décennie 1990 ; en la ramenant vers notre contemporanéité, elle détonne avec la tradition littéraire romantique qui la refoule dans le passé. L’émergence de l’Amérindien comme acteur social dans l’histoire récente du pays engendre une réflexion sur les problèmes posés par la cohabitation entre les sociétés amérindiennes et brésilienne, comme dans le roman de Paulo Scott, Habitante irreal [Habitant irréel], auquel Rita OLIVIERI-GODET consacre son article. Elle souligne le choix fait par le roman d’exposer le non-lieu des Amérindiens, dans l’espace national brésilien, qui se manifeste dans les conditions précaires d’habitabilité territoriale et psychique qui leur sont imposées. L’étude de Cécile SIDERY-JACQUEY interroge, par le biais d’une analyse centrée sur une perspective comparatiste entre les parcours identitaires de deux personnages métis d’origine amérindienne – Donato dans Habitante irreal et Mundo dans Cinzas do Norte [Cendres d’Amazonie] de Milton Hatoum –, les relations interculturelles et interethniques en rapport avec le cadre spatial des villes dans lesquels les personnages évoluent.

Soraya LANI s’intéresse aux rapports entre le mouvement noir au Brésil et la production littéraire à l’initiative d’écrivains issus de cette minorité ← 18 | 19 → ethnique, en brossant tout d’abord un large portrait sur le sujet avant de se pencher sur l’analyse de la célèbre anthologie Cadernos Negros [Cahiers noirs]. Cette anthologie est à l’origine d’un mouvement qui rompt « le rythme irrégulier des productions éparses et individuelles, inaugurant le cycle des projets collectifs de longue durée dans lequel littérature et mouvement noir seront intimement et explicitement liés » (LANI). C’est dans un contexte récent d’essor de la littérature afro-brésilienne que surgit, en 2010, une polémique assez vive autour de l’ouvrage Caçadas de Pedrinho [Les chasses de Petit Pierre] de Monteiro Lobato, publié en 1933, accusé d’être un ouvrage raciste par certains représentants du mouvement noir. L’examen de cet incident, qui a fait monter au créneau les spécialistes de Lobato, est le sujet de la contribution d’Antônio FERNANDES JÚNIOR et Kátia M. DE SOUSA.

Plusieurs études s’intéressent aux nouvelles formes symboliques de l’urbain et s’attachent à l’analyse des dynamiques des métropoles et de leurs espaces d’hybridation et d’exclusion, au rapport du sujet à l’espace public ainsi qu’aux tensions entre l’espace de la ville et l’espace national. Rogério SANTANA, dans son travail, soutient la thèse selon laquelle « des valeurs de la dynamique culturelle du régionalisme rural font partie d’une littérature de favela » ; Suely LEITE problématise la représentation de la violence urbaine et des espaces dits marginaux au travers de la lecture de Ninguém é inocente em São Paulo [Personne n’est innocent à São Paulo] de Ferréz ; Maria Rita S. S. PALMEIRA s’attache à établir les spécificités de l’écriture carcérale, « des livres écrits par des Brésiliens emprisonnés ou récemment sortis de prison » ; Volnei José RIGHI développe les liens entre « la littérature marginale » et le rap en mettant l’accent sur les sociolectes des banlieues des métropoles brésiliennes ; Valéria Aparecida S. MACHADO se penche sur les dimensions intersubjectives de la violence du vol à main armée dans deux nouvelles, Pequenas distrações [Petites distractions], de Grégório Bacic et J.C.J. de Marcelino Freire ; tandis que Marina SILVEIRA DE MELO rappelle le rôle central des thèmes de la marginalité et de la violence urbaine au sein de l’œuvre de Rubem Fonseca.

Au-delà des espaces des mégalopoles brésiliennes, d’autres études ici réunies envisagent de traiter la diversité des formes d’organisation du milieu urbain. Ces études adoptent une perspective qui explore les rapports entre géographie, littérature et imaginaire. Deux articles s’arrêtent sur la représentation de l’espace urbain de la ville de Goiânia et décortiquent le rapport symbolique de la ville à son histoire. Celui de Valéria C. PEREIRA DA SILVA rappelle l’histoire de la ville planifiée de Goiânia dont le décret de fondation a été publié en 1933, en parcourant plusieurs textes littéraires sur la ville « afin de dresser la carte des sens et des significations qui nous aident à mieux comprendre » une ville qui en un court laps de temps est passé de cinquante mille habitants à un million et demi d’habitants. ← 19 | 20 → Tandis que la contribution de V.C. PEREIRA DA SILVA essaie de « dessiner la cartographie littéraire en corrélation avec cette transformation de l’espace », celle de Júlio C. SUZUKI et Angelita P. DE LIMA s’intéresse à « l’espace transformé par l’écriture » dans le roman Os Cordeiros do Abismo [Les agneaux de l’abîme] de Maria Luísa Ribeiro, en présentant la carte complète de la structure narrative du texte romanesque en rapport avec la spatialisation littéraire réalisée à partir du code géographique de la ville de Goiânia. Eliana CALADO a choisi d’explorer l’espace urbain brésilien non métropolitain, celui de la ville moyenne de Caruaru, situé dans la zone rurale de l’État du Pernambuco, telle qu’elle apparaît dans l’œuvre de Nelson Barbalho, écrivain qui nous invite à « réfléchir sur Caruaru en relation avec sa campagne, avec les autres zones urbaines, son arrière-pays physique », tout en érigeant des représentations symboliques de la ville.

La croissance démographique liée aux flux migratoires a métamorphosé des villes moyennes en pôles régionaux et des capitales d’États en métropoles, ce qui a fait du Brésil, en très peu de temps, un pays majoritairement urbain. Les bouleversements imposés par le nouvel ordre urbain et post-moderne sur le milieu rural constituent une source d’inspiration originale pour certains écrivains dont Ronaldo Correia de Brito qui déplace la représentation traditionnelle du sertão, un des lieux emblématiques de l’espace brésilien. La lecture qu’Analice DE OLIVEIRA MARTINS présente du Galileia met l’accent sur les tensions entre le localisme et le cosmopolitisme qui traversent son univers fictionnel. Elle s’arrête sur la façon particulière dont l’écrivain incorpore la géographie du sertão, qu’il considère davantage comme une inspiration qu’un lieu d’identité essentielle, contrairement à la tradition régionaliste. L’écrivain travaille la superposition de temporalités et d’espaces pour explorer « les dialogues tendus entre le milieu du sertão et la sphère urbaine, entre tradition et modernité », en projetant un univers mobile et hybride entre le sertão et la ville, refusant toute opposition dichotomique.

Contrastant avec la visée post-moderne du récit de Ronaldo Correia de Brito, les trois articles suivants s’occupent des éléments de construction d’un imaginaire du sertão consacré par la tradition littéraire brésilienne. Gustavo ARNT examine le mode de représentation du sertão et de la campagne dans différents ouvrages du canon littéraire brésilien pour conclure que « d’un point de vue historique, le mode de représentation du sertão et de la campagne oscille entre deux pôles qui peuvent être esthétiquement envisagés comme le locus amœnus et le locus terribilis ». Telma BORGES rappelle l’étymologie controversée du mot sertão et ses significations géographiques et sociohistoriques dans des textes de la littérature des voyageurs de l’époque coloniale pour mieux faire apparaître la pluralité sémantique et la dimension insaisissable du sertão inventé par João Guimarães Rosa, dans Grande sertão : veredas [Diadorim]. Un autre ← 20 | 21 → créateur d’images du sertão, Ariano Suassuna, chef de file du Mouvement Armorial, retient l’attention de Roseli BODNAR qui étudie sa dramaturgie « intrinsèquement liée à la tradition populaire nordestine » et rappelle son importance dans le renouvellement du théâtre brésilien moderne. Elle précise le processus de création de l’écrivain qui s’inspire à la fois d’éléments érudits et populaires, comme la tradition épique et la littérature de colportage du Nordeste, sources privilégiées de son inspiration poétique.

L’ébauche d’une cartographie imaginaire du Brésil se poursuit dans des travaux portant sur des œuvres qui proposent une découverte et une interprétation des espaces frontaliers – qui sont aussi des espaces du « sertão » dans le sens d’arrière-pays – éloignés des villes et de la côte. Avec l’article de Jean-Yves MÉRIAN, l’effort de caractérisation d’un imaginaire culturel sur l’espace de la frontière se fait à partir de l’œuvre de l’écrivain gaúcho Aldyr Garcia Schlee. J.-Y. MÉRIAN rappelle, dans une première partie, « quelques aspects de l’histoire de la formation du Brésil pour comprendre l’absence d’intérêt pour les régions périphériques », en évoquant plus particulièrement l’histoire et la mémoire collective des luttes de la vaste région qui s’étend du Rio Grande jusqu’au Rio de la Plata, mémoire partagée par les habitants de la Banda Oriental del Uruguai et par ceux de la pampa du Rio Grande do Sul. Une deuxième partie cerne les lignes de l’ancrage de l’œuvre d’Aldyr Garcia Schlee dans l’imaginaire culturel de cette région frontalière. L’écrivain la projette comme un lieu mouvant et hybride, en mettant l’accent sur des référents culturels communs, parmi lesquels les emprunts linguistiques d’une langue composite qui participent à la construction symbolique du sentiment d’appartenance des habitants des deux côtés de cet espace frontalier. Les emprunts linguistiques (entre le guarani, le portugais et l’espagnol) se manifestent également dans un autre texte sur l’espace frontalier, Nas fronteiras de Matto Grosso. Terra abandonada… [Aux frontières du Matto Grosso. Terre abandonnée…] d’Umberto Puiggari, que Rosana C. ZANELATTO SANTOS nous fait découvrir. Selon l’auteur, la suppression de l’expression « Terre abandonnée » dans l’édition de 2013 se justifie par une volonté d’intégrer le Mato Grosso do Sul, cette région « abandonnée », dans la nouvelle carte du Brésil. Du récit élaboré par Puiggari, imprégné d’oralité, se dégage une vision de cette région frontalière marquée par une extrême violence, ce qui contraste avec l’édification d’un paysage pittoresque. R. C. ZANELATTO repère les éléments qui participent à la construction fictionnelle de l’image de la frontière, des histoires présentées par l’écrivain comme des récits de faits réels.

Les deux derniers articles de l’ouvrage évoquent les représentations littéraires de l’Amazonie brésilienne. Itamar PAULINO s’intéresse au rôle actif que des écrivains originaires de la ville d’Obidos, petite ville située à l’intérieur de l’État du Pará, exercent dans la production d’un imaginaire ← 21 | 22 → culturel sur l’Amazonie, en rappelant l’importance de deux écrivains du XIXe siècle, Inglês de Souza et José Veríssimo, dans le processus de fondation d’une littérature amazonienne. Il nous propose ensuite de découvrir les écrits de deux écrivains contemporains, Idaliana de Azevedo et Edithe Vieira, auteurs de Puxirum (2002) et d’Amazônia : contos, lendas, ritos e mitos [Amazonie : nouvelles, légendes, rites et mythes] (2010), respectivement. L’auteur met en valeur la diversité des formes de manifestations littéraires du Nord brésilien qui, selon lui, « cherchent à exprimer le regard que porte l’Amazonie sur elle-même et sur le monde ».

C’est d’ailleurs une réflexion perspicace sur le présupposé selon lequel le « point de vue interne » serait plus légitime qu’un « point de vue externe » sur l’Amazonie que nous offre l’étude de Lígia CHIAPPINI LEITE. Cette contribution, qui clôt notre ouvrage, aborde la poésie de Vicente Franz Cecim, Viagem a Andara, o livro invisível (1988) [Voyage à Andara, le livre invisible] et Cobra Norato (1933) de Raul Bopp, le premier originaire de Belém, le second du Rio Grande do Sul. Son but est moins de réaliser une lecture comparée des deux ouvrages que de proposer « de relever les éléments qui supposent que l’œuvre de Bopp serait moins “authentique” parce qu’il n’est pas originaire d’Amazonie ». Pour ce faire, l’auteur introduit quelques éléments sur le cadre général de la représentation littéraire de l’Amazonie, fait allusion aux contextes littéraires et socio-politiques dans lesquels les deux œuvres évoluent, passe en revue la critique littéraire sur les deux auteurs tout en envisageant de cerner la vision de la forêt qui à la fois rapproche et différencie Bopp et Cecim.

Cet ouvrage offre au public de langue française un large éventail d’analyses susceptible d’éclairer les enjeux de la production littéraire brésilienne récente qui concernent les modalités de représentation de l’identité culturelle brésilienne en lien avec l’espace géographique. Il établit les lignes directrices d’une cartographie littéraire du Brésil actuel qui met en évidence des dynamiques spatiales originales en rapport avec l’émergence de nouveaux acteurs et mouvements sociaux. La profusion d’études qu’il rassemble reflète différents aspects, complexes et multiples, de l’imaginaire culturel brésilien et invite le lecteur à prendre le large. ← 22 | 23 →


1      La littérature brésilienne contemporaine : de 1970 à nos jours, sous la direction de Rita Olivieri-Godet et Andrea Hossne, Presses universitaires de Rennes, 2007.

2      FERRÉZ (org.), Literatura marginal : talentos da escrita periférica, Rio de Janeiro : Agir, 2005 ; FEITH, R., FERRONI, M., Granta, Os melhores jovens escritores brasileiros, Rio de Janeiro : Alfaguara, n° 9, 2012 ; PENA, F. (org.), Geração subzero : 20 autores congelados pela crítica mas adorados pelos leitores, São Paulo : Record, 2012.

I. LE BRÉSIL CONJUGUÉ AU PRÉSENT : FAITS SOCIAUX ET PRATIQUES DISCURSIVES

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Le récit brésilien contemporain

Des anthologies et des tendances

Ivete Lara CAMARGOS WALTY

PUC Minas/CNPq/Fapemig

Dans cet article, nous analysons les anthologies Littérature marginale, talents de l’écriture périphérique, de Ferréz (2005), Granta : les meilleurs jeunes écrivains brésiliens, de Roberto Feith et Marcelo Ferroni (2012), et Génération sous zéro : 20 auteurs congelés par la critique, mais adorés par les lecteurs, de Felipe Pena (2012)1. Notre objectif est d’ébaucher les tendances du récit brésilien contemporain, en discutant les critères de valeur qui les soutiennent.

Dans les trois anthologies citées ci-dessus, on peut observer trois cartes dessinées à des échelles différentes. Dans la première, publiée en 2005, un auteur originaire de la favela Capão Redondo, qui avait déjà publié les romans Fortaleza da desilusão [Forteresse de la désillusion] (1997), Capão pecado [Capão péché] (2000) et Manual prático do ódio [Manuel pratique de la haine] (2003)2, réunit des textes d’auteurs dont l’énonciation est marquée par le lieu de l’exclusion sociale. La deuxième porte le sceau de l’internationalité et de la tradition, en s’attribuant le statut de l’Université de Cambridge et de son origine traditionnelle en 1889. Et la troisième, se démarquant de la critique littéraire, revendique le droit de porter l’étiquette du divertissement. ← 25 | 26 →

Dans la préface intitulée « Terrorisme littéraire », l’organisateur de la première anthologie, Ferréz, évoque la « capoeira »3, une activité réservée aux noirs, esclaves ou affranchis, interdite à ses pratiquants par le gouvernement de l’époque. Il propose d’utiliser comme nouvelle arme la parole d’un certain segment de la population dont la place a peu changé dans la société contemporaine. En utilisant donc une série d’adverbes de négation, il marque sa place d’énonciation du signe de la résistance :

Résumé des informations

Pages
580
ISBN (ePUB)
9782807601550
ISBN (PDF)
9783035266375
ISBN (MOBI)
9782807601567
ISBN (Broché)
9782875743596
Langue
Français
Date de parution
2016 (Septembre)
mots-clé
Littérature brésilienne Paysage du Brésil Faits sociaux Mouvements sociaux au Brésil Imaginaire culturel
Published
Bruxelles, Bern, Berlin, Frankfurt am Main, New York, Oxford, Wien, 2016. 580 p. 22 tabl., 11 fig.

Notes biographiques

Rita Olivieri-Godet (Éditeur de volume)

Rita Olivieri-Godet est professeur de littérature brésilienne à l’Université Rennes 2, membre de l’équipe de Recherche ERIMIT et membre senior de l’Institut Universitaire de France. Elle a publié entre autres : L’altérité amérindienne dans la fiction contemporaine des Amériques (Presses de l’Université Laval, 2015) ; João Ubaldo Ribeiro : littérature brésilienne et constructions identitaires (PUR, 2005) ; La littérature brésilienne contemporaine (codirection avec Andrea Hossne, PUR, 2007).

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Titre: Cartographies littéraires du Brésil actuel