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«Translatio» et Histoire des idées / «Translatio» and the History of Ideas

Idées, langue, déterminants. Tome 1 / Ideas, language, politics. Volume 1

de Anna Kukułka-Wojtasik (Éditeur de volume)
Collections 276 Pages

Résumé

Produit de la conférence Translatio et Histoire des idées, troisième du cycle Translatio, ce livre réunit des contributions reflétant l’actualisation des recherches sur la Translatio et son rôle dans la marche des idées. Nous y voyons diverses conceptualisations de l’image de l’Autre et de son univers, dues aux déterminants idéologiques et politiques du processus du transfert langagier. L’objectif des investigations est de mesurer les infléchissements induits par la Translatio, ce passage d’une culture à l’autre.
Les auteurs abordent aussi bien des cas qui autorisent à identifier motifs et éléments récurrents accompagnant le processus de la Translatio. La récurrence de ces aspects permet des formuler certaines règles concernant le transfert langagier.
This book, a product of the "Translatio and the History of Ideas" conference and the third volume in the Translatio cycle, brings together contributions reflecting the advances in research on the Translatio and its role in the march of ideas. We see various conceptualizations of the image of the Other and his universe, due to the ideological and political determinants of the language transfer process. The objective of the investigations is to measure the inflections induced by the Translatio, this passage from one culture to another.
The authors approach the cases that allow to identify certain patterns and recurring elements accompanying the process of the Translatio. The recurrence of these aspects makes it possible to formulate certain rules and principles concerning language transfer.

Table des matières

  • Cover
  • Titel
  • Copyright
  • Autorenangaben
  • Über das Buch
  • Zitierfähigkeit des eBooks
  • Table des matières
  • Introduction
  • Complexity in Medieval Transmission of Scientific Texts: The Versions of Gerardus Cremonensis’ De Crepusculis
  • L’influence des traductions sur l’acceptation d’autrui dans la pensée arabo-musulmane pour une arabité et un islam intégrateurs
  • De la traduction fragmentaire à la traduction intégrale dans le cas des sciences humaines
  • Erzähltechnische Merkmale als Übersetzungsproblem am Beispiel von Daniel Kehlmanns Die Vermessung der Welt
  • Reescritura de textos bíblicos en la literatura hebrea contemporánea y su grado de traducibilidad: S. Yizhar y David Grossman
  • Translation in the History of the Birth of the New Rhetoric
  • Patrice et les Dernydes : Les versions françaises de la Nef des fous de Sebastian Brant
  • Hartmann d’Aue, adaptateur de Chrétien de Troyes : Interprétation de l’Iwein
  • Lengua árabe y lengua hebrea: traducciones y reivindicaciones en la obra literaria de Almog Behar
  • Altérations de la part socio-politique des comics de super-héros dans le transfert culture
  • Campos y unidades semánticas: correlación y disociación
  • Religion as a Solace? Why 19th-Century Women in Poland Translated Religious Texts
  • LaTeX como lenguaje de marcado de alto nivel
  • La vida es sueño: continuidad y evolución de una metáfora (desde las fuentes orientales hasta Unamuno y Merino)
  • Emergence des vernaculaires et traductions du sacré dans l’Europe médiévale : le cas de conscience de l’Église
  • Journal of a Soul in Crisis: Writing on Mourning Rites of Sophie Brzeska
  • Язык Михаила Зощенко в период новой экономической политики – к вопросу о переводимости элементов просторечия (на примере польского перевода рассказов писателя)
  • Organizing the Knowledge in the 13th Century: From al-Fārābī’s Kitāb marātib al-culūm to Gundissalinus and Cremonas’s De ortu Scientiarum
  • Identidad nacional en Josep Pla y Joan Fuster: la traducción catalana de sus “Guías de España”
  • Traduire les Vies des Pères pour les laïcs, prémices d’une transformation de l’idée religieuse ?
  • Can We Trust Translators?
  • Sir Thomas Malory, adaptateur du roman arthurien en prose
  • Image of the (Adult) Narrator and (Child) Reader in the French Translation of A Series of Unfortunate Events
  • La perception du Proche-Orient dans la littérature du 16–17 siècle en Europe
  • Index alphabétique
  • Liste cyrillique

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Introduction

La grande production littéraire et historique ne peut pas se passer de la traduction. La circulation des idées, des styles, des méthodes et modes d’emploi est assurée par le passage d’une langue à l’autre. Comment ce passage se fait-il, comment et dans quelles conditions les idées et les textes qui les véhiculent se propagent dans le monde ? Cette circulation est-elle libre ? Les idées divulguées, ne sont-elles pas déterminées par le lieu, le temps et les circonstances de leur transfert ? Et inversement, pourquoi certaines idées stagnent-elles et ne se propagent pas : en vigueur dans un (plusieurs) pays, elles restent inconnues (méconnues, modifiées, interdites) dans d’autres ? Outre la langue, cet outil indispensable du transfert interculturel, quels facteurs inspirent la diffusion des idées ? Nous savons que le texte traduit n’est jamais vierge de déformations, même, ou peut-être surtout, si c’est l’auteur de l’original qui en est le traducteur. Ces autres facteurs, quel rôle jouent-ils ?

Le projet de recherche Translatio, lancé il y a une dizaine d’années, se donne pour tâche, en cernant la problématique du transfert linguistique, de répondre à ces questions. Il s’inscrit dans le vaste domaine de l’herméneutique (ou peut-être plus modestement, de la maïeutique) de la traduction dont l’objectif est la réflexion non seulement sur le statut du discours traduit mais surtout sur la place de cette production traduite dans la marche des idées : il est indéniable que la translatio contribue à l’avancement de la pensée humaine, donc au progrès. Refuser de traduire, empêcher de transmettre le message, d’où qu’il vienne, équivaut à la négation de la communication, à décliner l’appel de l’Autre nous parvenant d’un monde étranger. Message traduit, notons-le, est toujours déformé, et, parfois, modifié sciemment, manipulé sans que le lecteur en soit averti. Cependant, tel qu’il est, il reste un essai de rétablir la communication.

La Translatio est une notion ample comprenant plusieurs aspects de l’acte même de transférer ; c’est aussi bien traduire, que faire passer le pouvoir et les connaissances (translatio studii, translatio imperii – ce sont ces deux termes qui firent entrer translatio dans le monde médiéval, et moderne). L’activité traduisante perçue par le biais de translatio, en hérite sa richesse notionnelle : transmettre dans le sens de traduire, c’est faire connaître et, en quelque sorte, entrer en possession d’un univers inconnu d’idées.

« Translatio et histoire des idées » est le troisième volume du projet de recherche Translatio, focalisée cette fois sur les déterminants de la traduction, exposés et débattus au cours du colloque éponyme qui s’est déroulé à l’Université de Varsovie en octobre 2017. L’importance de ces déterminants vient du fait que, s’inscrivant dans le domaine de la communication interculturelle, ils président à l’élaboration d’une culture plus riche, plus universelle. Les conférences précédentes : « Translatio et littérature » (2009) et « Translatio et culture » (2013) étaient consacrées à examiner, premièrement, le rôle de la langue dans la divulgation de la littérature, au sens très large du terme, et, secondement, le conditionnement culturel de la traduction, ←9 | 10→autrement dit le degré d’ouverture à l’Autre et à son environnement. L’acceptation de l’Autre et de l’étrangéité de son comportement, ou, au contraire, son refus sous prétexte de l’inadéquation de son mode de vie à celui, jugé présomptueusement unique et bon, dans la langue et culture cible se trouvent à la base de la réflexion sur le transfert interculturel. Les traductions où l’Autre n’est pas accepté mènent à des hypertextes modelés selon les ouvrages existants et jugés probants dans la culture cible. L’étranger assimilé perd son identité culturelle, politique, morale: son système de valeurs nié, l’Autre arraché à son univers devient semblable au petit voisin des alentours, tel Montaigne dans la traduction de Boy-Zelenski. Autre exemple: la tragique Iphigénie d’Euripide, devenue la biblique Iphis, amoureuse dans la version de Racine, patriotique dans celle de Zawicki reste un témoignage de la métamorphose des mythes, tout en reflétant les modèles domestiques.

L’objet de la conférence « Translatio et histoire des idées » fut la réflexion sur le contrôle qu’exercent sur le transfert des textes et des idées les agents de pression qu’impose la société elle-même, soit sous l’égide de croyances soit sous forme d’instruments de pouvoir. La conscience commune et celle, individuelle, du traducteur y jouent aussi leur rôle. Le présent volume montre plusieurs exemples de cette intertextualité qui grâce à la translation alimente la chaîne des idées qui, toujours renouvelées, deviennent modernes mais dont les origines remontent, à travers les traductions à des époques différentes, à des théories très anciennes, parfois préhistoriques. Signalons-en quelques-unes pour indiquer la dimension quasi cosmique de la translatio ainsi que sa disparité sémantique: une traduction sous une de ses multiples formes que ce soit version, adaptation, paraphrase et autres se trouve presque toujours à l’origine de l’œuvre nouvelle. Les liens subtils et complexes se tissent, à travers des traductions multiformes, entre le raisonnement humaniste moderne et la pensée antique, comme le montre la quantité grandissante d’articles scientifiques. Traduire un texte, c’est le faire entrer dans un champ de confrontation avec d’autres textes et d’autres idées, c’est lui donner une vie nouvelle où il sera discuté, accepté ou rejeté. Ce fut le cas des écrits politiques et moraux toujours débattus sur la scène du théâtre mondial des idées, comme le montre l’exemple de Machiavel, ou des textes confessionnels venant des religions et des cultures différentes. Les traductions répressives par lesquelles nous comprenons aussi bien les textes coloniaux, où « la langue est un pouvoir », que les textes traduits sous les régimes politiques, auto- ou pseudo-démocratiques où « l’idée est un pouvoir », constituent les exemples convaincants du rôle des instruments de pression administratifs. La mémoire collective et la conscience individuelle du traducteur se manifestent dans les traductions des textes, marqués socialement ou moralement, qui semblent heurter les convictions personnelles du traducteur ; cette problématique est présente dans les essais d’intervenants s’exprimant sur les sujets tels que genre ou sexualisme. Les traductions jouent aussi des rôles aussi disparates que l’expression du deuil, comme c’est le cas des traductions émouvantes d’Homère sur la mort, ou celui d’éléments du schéma narratif romanesque comme en témoignent les libres traductions des chroniques latines dans un intertexte collatéral au roman. La manipulation ou le parti pris étatiques ou privés sont également présents : les ←10 | 11→essais sur les supports de connaissances, comme Wikipédia qui devrait, par principe, rester objective, ou sur la traduction de l’épopée nationale, sacrosainte, quoique controversée, pour les Polonais. La richesse des textes réunis reflète la complexité de la problématique et permet, espérons-nous, de mieux comprendre le rôle du réseau des déterminants dans l’activité traduisante.

Les textes des articles sont présentés en cinq langues: français, anglais, espagnol, allemand et russe, ce qui nous a permis de montrer différentes écoles traductologiques liées à l’histoire des littératures, celle des belles lettres et celle des idées, existant dans ces langues. Cette diversité est aussi manifeste dans les systèmes bibliographiques dans le respect desquels sont rédigées les notes et références bibliographiques.

Anna Kukułka-Wojtasik

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Maravillas Aguiar Aguilar

Complexity in Medieval Transmission of Scientific Texts: The Versions of Gerardus Cremonensis’ De Crepusculis1

Abstract: The Liber de crepusculis by Gerard of Cremona is the Latin version of a lost text written by the Andalusi judge Ibn Mucādh al-Jayyānī. Authorship of the original Arabic text was attributed to Ibn al-Haytham (Alhazen) until the Hebrew version by Samuel ben Judah of Marseille was discovered. In this work, I present a synopsis of the history of the transmission of this text on the astronomical phenomenon of dawn and dusk, in four languages (Arabic, Latin, Hebrew and Italian), over a period of more than 500 years, in order to reflect on the adaptation process of the contents in the different languages, and contribute new perspectives on the transmission of scientific text in the period between the Middle Ages and the Renaissance.

Keywords: translation, Middle Ages, Renaissance, Latin, Arabic, Hebrew, Italian, Alhazen, Gerard of Cremona, Samuel ben Judah, Liber de crepusculis

1 Introduction

Toledo was one of the most outstanding intellectual centres in the 12th century. Translations were part of a programme of intellectual enrichment against a backdrop of backwardness and penury that gave way to a blooming of knowledge. It was Charles Homer Haskins who, for the first time in academia, studied the rise of translation in the 12th century, in his acclaimed work The Renaissance of the Twelfth Century. Subsequently, this led to the appearance of other contributions by historians, such as Jacques Le Goff and Jacques Verger, on intellectuality and medieval civilisation, and the emergence of medieval universities in the West, respectively. However, it was the work of José Martínez Gázquez that signalled something far more thought-provoking than the historical phenomenon of the 12th-century western renaissance: “the necessitas et utilitas of medieval translations is related to ←13 | 14→the ignorantia or state of loss of learning and knowledge by the Latins at the onset of the Middle Ages” (Martínez Gázquez, 2017: 131).

Gerard of Cremona (Cremona, 1114–probably Toledo, 1187) arrived in Toledo in search of Ptolemy’s Almagest, which did not exist in Latin translation. On discovering that it only existed in Arabic, he decided to study the Saracen language in order to understand it and translate it into Latin.

Et cum ab ipsis infantie cunabulis in gremiis philosophie educatus esset et ad cuiuslibet partes ipsius notitiam secundum Latinorum studium peruenisset, amore tamen Almagesti, quem apud Latinos minime reperiit, Toletum perrexit, ubi librorum cuiuslibet facultatis habundantiam in Arabico cernens et Latinorum penurie de ipsis quam nouerat miserans, amore transferendi linguam edidicit Arabicam (Martínez Gázquez, 2007: 48).

The Almagest (Gr. Μαθηματική σύνταξις; Ar. al-mijisti) by Ptolemy was conserved down the centuries thanks to translations into Arabic and Latin. Pedersen (1974: 15) pointed out a possible initial translation into Syrian, but today it is known that the Almagest was first translated into Arabic in the late 8th and early 9th centuries by Baghdad-based translator al-Ḥajjāj ibn Yūsuf ibn Maṭar (Brentjes, 2007: 460–461). His translations of Ptolemy’s work greatly influenced the teaching of books by Ptolemy and Euclid in Arabic, Persian, Hebrew and Latin spheres. Gerard of Cremona’s translation of books I to IX of the Almagest is based on the text by Ḥajjāj, except for the catalogue of the stars, found in book VII. The other three books of Gerard of Cremona’s translation derive from the texts of Isḥāq ibn Ḥunayn and Thābit ibn Qurra (Brentjes, 2007: 460–461).

One of the Arabic texts translated by Gerard of Cremona was a treatise on the determination of twilight written by the Andalusi judge Abū cAbd Allāh Muḥammad ibn Mucādh al-Jayyānī (Calvo & Casulleras, 2006). Until Torricelli (1608–1647) and Pascal (1623–1662), the calculation of the height of the atmosphere was a problem of atmospheric physics in optical terms. In the Arabic-Islamic context, it was considered an extension of the problem of determining the duration of twilight (morning and evening, dawn and dusk) (Sabra, 1967; Goldstein, 1976; Goldstein, 1977). This question was vital for regulating aspects of Islamic ritual (cibādāt), particularly for determining moments of prayer (Aguiar Aguilar, 1995; Aguiar Aguilar, 2003).

Gerard of Cremona’s translation began a rich multilingual transmission of text on which I will focus in this work. Here I will address issues relating to De crepusculis and its Arabic predecessor, both the attribution of authorship to Ibn Mucādh, and the attribution of the text to Alhazen. I will comment on the content of the final phrases of the text where Gerard of Cremona explains that he did not translate the entire Arabic treatise. I will conclude with a reflection on the intense and wide-ranging translation movement that took place in Spain in the 12th and 13th centuries, within the context of our interest in the Latinisation of science led by the Hispanic centres of medieval translation and their Arab predecessors.

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2  Western Texts on the Determination of Twilight2

Ibn Mucādh al-Jayyānī wrote on the calculation of the height of the atmosphere, a text that was, for a time, attributed to Alhazen, Abū cAlī al-Ḥasan b. al-Ḥasan b. al-Haytham al-Baṣrī (Vernet, 1986), the author of the Kitāb al-manāẓir (Book of Optics), known in its Latin translation as Opticae Thesaurus or De aspectibus. The Hebrew version by Samuel ben Judah of Marseille (b. 1294. fl. ca. 1335) was discovered by Sabra. The De crepusculis by Gerard of Cremona was also translated into Italian in the 14th century and included by Pedro Nuñez in his De Crepusculis Liber Vnus (Lisbon 1542, reprinted in 1573 and 1592). The other copy of the De crepusculis was printed by Friederich Risner (Basel, 1572. Facsimile edition, 1972). In 1992, Smith published an edition of the Latin text and the translation into English. The Hebrew text conserved in the BnF, discovered by Sabra and the main source of his article published in 1967 in Isis, was published by A. Mark Smith and Bernard Goldstein in 1993, along with the Italian version of the Liber de crepusculi. It includes a description of manuscript 1036 in the BnF, where the Hebrew version of Ibn Mucādh’s Arabic treatise made by Samuel ben Judah in the 14th century is conserved.

2.1 Latin Translation of Ibn Mucādh al-Jayyānī’s Maqāla fī l-fajr wa-l-shafaq by Gerard of Cremona

In addition to translating Ptolemy’s Almagest, Gerard of Cremona’s 70 or more translations include the De crepusculis, the Latin translation of the treatise on twilight by Ibn Mucādh, which he named Abhomadi Malfegeyr, in all likelihood a Latin adaptation/corruption of the lost tract which, according to a 14th-century Arabic source, would be Maqāla fī l-fajr wa-l-shafaq (Aguiar Aguilar, 1995). Twenty-five copies of this short text made between the 13th and 16th centuries are known to exist (Smith, 1992: 90–94). However, the existence of the Arabic original or any copies is not known.

Ibn Mucādh’s two fundamental aims, as given in the De crepusculis by Gerard of Cremona, are the following:

1. To explain twilight and its causes (Ostendere quid sit crepusculum et que causa necessaria faciens eius apparitionem in hoc tractatu volo), and the reason why the sky lights up before dawn and also why light is still seen on the horizon when the sun sets.

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2. To determine the height of the vapours (et ex illo gradiar ad cognoscendum magis ultimum quod elevatur ex superficie terre de vaporibus subtilibus ascendentibus ex ea) that rise above the earth’s surface toward the atmosphere.

The text comprises three parts: an introduction, the development of two theorems and an end.

Introduction: It begins by explaining the objective of the tract and the fundamental arguments relating to the question of the perception of light at dawn and dusk, and the explanation for them, given the existence of the atmosphere. In the phrase ‘Premittam ergo ad illud quod intendimus inter manus meas propositiones multi iuvamenti in illo’, Gerard of Cremona translates the transition between the introduction and the propositions raised by Ibn Mucādh.

Theorems: The theorems set out by Ibn Mucādh are similar to the first two theorems explained by Aristarchus of Samos in his Περὶ μεγεθῶν καὶ ἀποστημάτων [ἡλίου καὶ σελήνης], On the sizes and distances (of the sun and the moon) (Goldstein, 1977: 113). Some copies contain illustrations of the geometrical solution to the problems posed, others do not.

End: The phrase ‘Et illud est quod voluimus’ (and this is what we wanted) closes the section that explains the theorems and leads into the final paragraph. Gerard of Cremona’s De crepusculis ends as follows:

Hic eius est finis quod intendit in hac epistola. Quedam autem sequuntur in Arabico que ego pretermisi, quia in eis nulla est utilitas. Non enim continentur in eis nisi quedam in quibus laudat Deum more Saracenorum et reprehendit illos qui querebant quis fructus esset in hoc quod ipse dixit in hac epistola. Et dixit illos esse redarguendos qui non comprehendunt insensibilia cum sensibilibus. Et quia in eis que dicit nulla est utilitas, ideo pretermisi ea.

Here marks the end of what the author wanted to say in this epistle. The Arabic version, however, contains certain things that I have omitted, since they include nothing of real import. There is nothing more than a few lines in which the author praises God in the Saracen manner and reprehends those who have questioned the interest there might be in what he has written in this epistle. And he stated that those who do not understand insensible along with sensible things are mistaken. But as there is nothing worthy of mention in what he says here, I have omitted it.

Gerard of Cremona ends his translation by saying that he did not translate the entire Arabic text. He provides two details that are interesting for my analysis of the text, aimed more at the cultural rather than the physical-mathematical content, which are the following:

1. He decided to eliminate the phrases praising God more Saracenorum.

2. He decided not to translate the explanations provided by Ibn Mucādh about those who questioned the interest in the theme of his maqāla.

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In both cases, the translation differs culturally from the original text. In the first case, because Islamic religious phrases had no meaning for a Christian. In the second case, I am inclined to believe that interest in the question cited by Gerard of Cremona makes no reference to the interest in itself—scientific—of the problem of calculating the height of the atmosphere, but to the more general discussion on whether astronomical observation can intervene in aspects of Islamic ritual (such as the case of calculation at prayer time). We must remember that Ibn Mucādh is a qāḍī, a judge of Islamic law, and this question is relevant in his context and in relation to the position that he holds.

2.2 The Translation of the Maqāla fī l-fajr wa-l-shafaq by Ibn Mucādh Al-Jayyānī into Hebrew by Samuel Ben Judah of Marseille (14th century)

The BnF houses a Hebrew version of Ibn Mucādh al-Jayyānī’s treatise on twilight undertaken by Samuel ben Judah. It is the only known extant version and is included in miscellaneous volume MS no. 1036, which contains four translations from the Arabic into Hebrew by Samuel ben Judah:

Samuel ben Judah of Marseille’s Hebrew translation of the seven-chapter treatise on the total eclipse of the sun that took place on the last Monday of the year 471 of the hegira, 3 July 1079, written by Ibn Mucādh. BnF ms. Hebrew no. 1036, fols. 1r–6v.

Samuel ben Judah of Marseille’s Hebrew translation of the treatise on twilight by Ibn Mucādh. BnF ms. Hebrew no. 1036, fols. 7r–9v. Goldstein (1977) published his translation and commentary, while the transcription of the Hebrew text was published by Mark and Goldstein (1993).

Samuel ben Judah of Marseille’s Hebrew translation of Azarquiel’s treatise on the movement of fixed stars. BnF ms. Hebrew no. 1036, fols. 10r–21v.

Résumé des informations

Pages
276
ISBN (PDF)
9783631773291
ISBN (ePUB)
9783631773307
ISBN (MOBI)
9783631773314
ISBN (Relié)
9783631773253
Langue
Français
Date de parution
2019 (Mai)
mots-clé
original et traduction translatio
Published
Berlin, Bern, Bruxelles, New York, Oxford, Warszawa, Wien, 2019. 276 pp.

Notes biographiques

Anna Kukułka-Wojtasik (Éditeur de volume)

Anna Kukułka-Wojtasik, professeur ordinaire, est diplômée de l’Université de Varsovie et de la Sorbonne Paris IV (Thèse d’État). Médiéviste et spécialiste de la littérature des XVIe et XXe siècles, elle est auteur de plusieurs ouvrages dans ce domaine. Chef du projet international de recherche Translatio, focalisé sur l’herméneutique de la traduction, elle dirigea les travaux du groupe des chercheurs de l’Institut de Linguistique appliquée de l’Université de Varsovie. La conférence Translatio et histoire des idées, troisième du cycle, appartient au vaste projet englobant plusieurs champs d’investigation. Anna Kukułka-Wojtasik, professor ordinarius, is a graduate of the University of Warsaw and of the University of Sorbonne Paris IV (Thèse d’Etat). She is a medievalist, specialist in the sixteenth and twentieth century literature and author of several books in this area. She is the head of the international research project Translatio, which focuses on the hermeneutics of translation. The "Translatio and History of Ideas" Conference, third in the cycle, belongs to the vast project encompassing several fields of investigation.

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Titre: «Translatio» et Histoire des idées / «Translatio» and the History of Ideas