Chargement...

Des mots pour les dieux

Dédicaces cultuelles dans les langues indigènes de la Méditerranée occidentale

de María José Estarán Tolosa (Éditeur de volume) Emmanuel Dupraz (Éditeur de volume) Michel Aberson (Éditeur de volume)
©2021 Comptes-rendus de conférences 412 Pages
Open Access

Résumé

Les dédicaces cultuelles sont un des principaux genres épigraphiques dans la plupart des langues de l’ouest du bassin méditerranéen antique, y compris dans les langues d’attestation fragmentaire. Le présent volume, issu d’un colloque tenu à l’Academia Belgica à Rome les 18 et 19 mai 2017, est consacré à la visée pragmatique de ces textes, qui commémorent un acte de communication avec la divinité, tout en s’adressant à des êtres humains, en général membres de la même collectivité que l’auteur de l’acte cultuel commémoré. Nous souhaitons montrer la diversité des situations attestées dans l’ouest de l’aire méditerranéenne, à la fois ouverte aux échanges et extrêmement riche en cultures épigraphiques distinctes avant la généralisation des modèles latins.

Table des matières

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • À propos de l’auteur
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Table des matières
  • Les dédicaces cultuelles dans les langues indigènes de la Méditerranée occidentale. Introduction (María José Estarán Tolosa, Emmanuel Dupraz, Michel Aberson)
  • I. Dédicaces de la péninsule italienne
  • La pietra, la ceramica, il bronzo. Tradizioni locali nell’epigrafia sacra etrusca? (Enrico Benelli)
  • Graphie, syntaxe et théonymie des pocola deorum (Hugo Blanchet)
  • Le forme della pluralità divina nell’Italia preromana. Prolegomena per una tipologia (Cristina Girardi, Simona Marchesini)
  • Sulle tracce del culto della dea Pupluna/Pŏpulōna (Daniele F. Maras)
  • The dedications to Reitia and the epigraphic visibility of women in Este and the Veneto (Katherine McDonald)
  • Forme di devozione nel Lazio medio-repubblicano: l’epigrafia “minore” (David Nonnis)
  • Le dediche votive osche su elmi (Paolo Poccetti)
  • II. Dédicaces de l’Afrique du Nord
  • Formule votive fenicie (Maria Giulia Amadasi Guzzo)
  • Religion, Language and Integration – Epigraphical Dedications in North Africa in the Late Hellenistic and Early Imperial Periods (Lennart Gilhaus)
  • III. Dédicaces de la péninsule ibérique
  • Monumentalización y epigrafía religiosa en la Hispania tardorrepublicana (Francisco Beltrán Lloris)
  • Panorama actual de la epigrafía rupestre ibérica (Joan Ferrer i Jané)
  • From the Botorrita Bronze to Peñalba de Villastar: Celtiberian religious epigraphy in a landscape of cultural change (Francisco Marco Simón)
  • In search of religious inscriptions on Iberian lead tablets (Víctor Sabaté Vidal)
  • El verbo scribo en las inscripciones lusitanas y en la epigrafía latina (Ignacio Simón Cornago)
  • Divinidades y dedicatorias religiosas en Hispania occidental: lo que la lingüística (y otras ciencias) pueden decir sobre funciones teonímicas (José María Vallejo)
  • La epigrafía religiosa en el mundo ibérico (Javier Velaza Frías)
  • IV. Dédicaces des Gaules et des Germanies
  • Entre Celtes et Romains : la dédicace à Poeninos du Mur (dit) d’Hannibal (Michel Aberson, Romain Andenmatten, Stefania Casini, Angelo E. Fossati, Rudolf Wachter)
  • Le texte gaulois RIG , L-13 et la notion de dédicace aux dieux et aux hommes (Emmanuel Dupraz)
  • Die Ubier und ihre autochthone Religion (Werner Eck)
  • La forma verbal ieuru en las dedicaciones religiosas galas (María José Estarán Tolosa)
  • V. Une approche transversale
  • Los soportes de la epigrafía religiosa en lenguas locales del Occidente Mediterráneo (Gabriela de Tord Basterra)
  • Titres de la collection

←6 | 7→

María José Estarán Tolosa, Emmanuel Dupraz, Michel Aberson

Les dédicaces cultuelles dans les langues indigènes de la Méditerranée occidentale. Introduction

Les dédicaces cultuelles représentent un genre épigraphique bien connu et bien étudié. En effet, les trente dernières années ont vu la publication de deux volumes d’actes de colloques centrés sur ce genre de textes. Le premier, un impressionnant volume portant le titre Anathema. Regime delle offerte e vita dei santuari nel mondo antico (Anathema), a été publié en 1990 par l’Université de Rome – la Sapienza, à la suite d’un colloque organisé en juin 1989 par le département des Sciences de l’Antiquité de cette même université. Cet ouvrage contient des contributions relatives aux catégories d’offrandes dans les régions orientales et occidentales de la Méditerranée, de la Préhistoire à la fin de l’Antiquité. Certains chapitres sont dédiés à l’épigraphie et on peut y lire de remarquables contributions dues à des spécialistes de premier plan dans le domaine des inscriptions votives, en particulier latines républicaines, étrusques, grecques et puniques.

Le second volume, publié en 2009 par John Bodel et Mika Kajava sous le titre Dediche sacre nel mondo greco-romano. Diffusione, funzioni, tipologie (Bodel & Kajava 2009), contient les actes du congrès qui s’est tenu à l’Institutum Romanum Finlandiae et à l’American Academy in Rome en avril 2006. Cet ouvrage très riche, organisé par thèmes transversaux, commence par une excellente première partie visant à définir la notion de dédicace cultuelle ainsi qu’à proposer une typologie à ce sujet, puis continue par différents chapitres dédiés à la réglementation du culte, à des études particulières sur divers lieux de cultes, à la pratique cultuelle et, pour terminer, à des textes « mineurs » et à des dédicaces d’offrandes brèves et destinées à ne pas être exposées publiquement.

Onze ans après la publication de ce dernier ouvrage, nous reprenons ici la réflexion relative aux inscriptions adressées à des divinités, en gardant à l’esprit les contributions réunies dans ces deux ouvrages remarquables, mais en tentant d’apporter notre propre vision sur ce sujet. Il s’agit en effet pour nous d’accorder davantage d’importance aux textes rédigés dans les langues épichoriques, dont certains peuvent être attribués à une période antérieure à l’expansion de l’Empire romain et d’autres à la période même d’évolution vers la latinisation, au cours de laquelle on assiste sans aucun doute à une transition en termes de religions et de cultes, aspects que les deux ouvrages mentionnés précédemment n’évoquent pas spécifiquement. Dans le présent ouvrage, nous donnons également une place importante à la réflexion sur l’influence que les cultures épigraphiques grecque et romaine peuvent avoir exercée sur ces ensembles de dédicaces en langues locales, puisque, dans de nombreux cas, ces deux habitus épigraphiques majeurs ont stimulé la production de nombreux types d’inscriptions, et en particulier des dédicaces cultuelles. En définitive, ces modèles ont encouragé l’usage de l’écrit pérenne dans la communication avec le divin alors qu’auparavant c’était la communication orale qui était utilisée de manière prépondérante.

Ce volume traite donc, comme mentionné, des dédicaces cultuelles, textes ressortissant au vaste genre épigraphique des tituli sacri, auquel appartiennent également d’autres sous-genres de l’épigraphie religieuse, comme les « leges sacrae », les prières qui paraissent avoir été écrites par les sacerdotes eux-mêmes, les calendriers ou les réglementations relatives au culte, inscrites, par exemple, sur des autels.

Malgré la vaste bibliographie traitant du genre épigraphique qui nous concerne, la définition du terme à employer pour désigner les inscriptions qui s’y rattachent demeure un problème ouvert. Compte tenu des connotations que le mot religiosus revêt en latin, désignant ce qui appartient déjà à la divinité – ce qui ne serait pas pertinent dans un contexte de dédicace1 – nous avons pris le parti d’éviter des termes tels que « dédicaces religieuses » ou « dédicaces sacrées » pour leur préférer ici celui de « dédicaces cultuelles », a priori plus neutre.

Les chercheurs qui se sont intéressés à l’épigraphie religieuse, en particulier dans les langues vernaculaires, conviendront qu’il est difficile d’identifier une « dédicace cultuelle ». On trouve bien sûr des exemples très clairs dans lesquels un dévot communique avec la divinité pour présenter une offrande ; mais d’autres inscriptions sont bien moins limpides, et nous ne pouvons pas toujours être sûrs, en nous fondant sur les seuls critères textuels, que tel ou tel texte ait pour but de renvoyer à une forme de communication avec une divinité. C’est pourquoi les critères d’identification des « dédicaces cultuelles » sont nombreux et divers dans la bibliographie scientifique.

Dans de nombreuses occasions, des définitions ont été proposées en relation avec la présence dans le texte d’éléments spécifiques, en particulier de théonymes2. Mais on sait aujourd’hui qu’il s’agit là d’une définition très réductrice, puisqu’on connaît à ce jour d’autres types de textes qui contiennent des théonymes sans pour autant être des dédicaces – comme l’indication, au nominatif, d’une divinité sur un piédestal : ce sont plutôt des indications relatives au culte. Au ←7 | 8→contraire, de nombreux textes de dédicaces ne mentionnent pas de théonyme, comme on le voit par exemple dans le groupe, bien fourni encore que difficilement quantifiable, des dédicaces consistant en d’anciennes marques de propriété écrites sur des objets qui ont par la suite été placés dans des dépôts d’offrandes.

En tout état de cause, il ne nous semble pas adéquat de définir une dédicace cultuelle sur la base de seuls critères textuels ; il nous paraît préférable de la définir par sa fonction pragmatique. Les dédicaces cultuelles sont des textes ressortissant à la sphère sacrée qui impliquent presque toujours une double voie de communication : verticale (de l’individu à la divinité) et aussi horizontale (de l’individu aux autres lecteurs potentiels).

Cette fonction pragmatique (renvoyer à la communication de l’individu avec la divinité) peut être perçue par nous – historiens, linguistes, philologues et épigraphistes – au travers d’un ensemble de critères que nous devons évaluer, et c’est à ce moment-là seulement que nous pouvons commencer à valoriser ces éléments textuels et contextuels. Par ailleurs, comme on le verra tout au long de ce volume, ces critères varient d’une culture épigraphique à l’autre en dépit de l’existence de caractéristiques communes (dues dans certains cas à des phénomènes de contact linguistique, religieux ou culturel au sens large du terme) ; c’est là que réside, à notre avis, l’intérêt d’un ouvrage tel que celui que nous proposons ici.

Une dédicace inscrite représente très fréquemment l’unique témoignage d’un sacrifice, d’une prière ou d’une offrande, dont il ne reste le plus souvent plus d’autre trace matérielle ; mais on rappellera aussi que la dédicace écrite n’est pas l’unique moyen de laisser la trace d’une communication avec une divinité, loin s’en faut, comme en témoignent les ex-votos anthropomorphiques, anatomiques ou appartenant encore à d’autres types. Le fait qu’un individu veuille se rapprocher du divin peut être dû à différentes raisons, qui sont répertoriées et documentées dans les pages qui suivent : la demande ou le remerciement pour une faveur accordée, l’acquittement d’un vœu, une offrande sous la forme d’un bien éphémère ou, au contraire, d’un édifice ou d’un objet de culte.

Eu égard à cette diversité et aussi à celle des sociétés et des époques que nous prenons en compte, la démarche proposée ici vise à mettre en commun les caractéristiques principales de ce type particulier d’inscriptions, qui est présent dans toutes les cultures épigraphiques de l’Europe et de l’Afrique du Nord. L’ouvrage est divisé en quatre parties selon des critères géographico-culturels ; à l’intérieur de chaque partie nous suivons l’ordre alphabétique des noms d’auteurs, classement arbitraire dont nous sommes conscients des limites, mais qui a du moins l’avantage d’éviter de suggérer des appariements peut-être discutables.

La première partie, consacrée aux dédicaces provenant de la péninsule italique, contient plusieurs chapitres monographiques consacrés à différentes aires et différents types de textes et deux chapitres transversaux.

E. Benelli est l’auteur du chapitre dédié aux dédicaces religieuses étrusques (environ 300, un nombre relativement faible en comparaison avec le nombre total de 11.000 textes étrusques connus) ; il centre sa démarche sur une idée principale : malgré la multiplicité des traditions culturelles et épigraphiques propres au nomen Etruscum, l’épigraphie à caractère sacré fait partie des rares éléments qui peuvent être définis comme pan-étrusques.

À mi-chemin entre les domaines sabellique et latin, H. Blanchet étudie une catégorie particulièrement intéressante d’offrandes inscrites, celle des pocola deorum, tant du point de vue épigraphique que syntaxique, formulant une hypothèse relative à la nature des divinités auxquelles ces offrandes étaient destinées.

Dans une perspective transversale, C. Girardi et S. Marchesini approfondissent le thème des divinités multiples ou grammaticalement plurielles documentées dans les ensembles épigraphiques préromains d’Italie. Elles en présentent également un classement typologique : théonymes qui se réfèrent aux entités divines en général ou à des divinités déterminées ; parmi ces derniers, on ←8 | 9→différenciera les dieux des confins et les divinités mères, les théonymes comportant des nombres, les triades, et enfin les théonymes caractérisés par la dualité et les divinités pluriformes.

La contribution de D. F. Maras, pour sa part, porte sur le monde latino-sabellique et suit les traces du culte de la déesse Pupluna/Pŏpulōna : l’auteur explore les hypothèses d’une origine sabellique ou romaine (ou les deux), à travers une analyse des sources littéraires, épigraphiques (osques et latines) et même topographiques, et fournit une étude de la romanisation ou « sabellisation » subséquente de ce culte.

K. McDonald, quant à elle, propose une étude monographique sur la literacy des femmes en Vénétie, en se focalisant sur la documentation épigraphique du sanctuaire de Reitia à Este. En effet, on a trouvé dans ce sanctuaire un type précis d’ex-votos, les tablettes et stylets, offertes à la divinité principalement par des femmes, ce qui constitue le témoin symbolique du haut degré d’alphabétisation de celles-ci.

Le chapitre relatif à l’épigraphie latine médio-républicaine (IVe- IIIe siècles av. J.-C.) a été rédigé par D. Nonnis qui, s’appuyant sur un très important corpus épigraphique, réunit les dédicaces cultuelles qui ressortissent à l’« épigraphie mineure » de la rive gauche du Tibre. Ces textes, certes peu spectaculaires d’aspect mais très précieux comme sources historiques dans le domaine des pratiques cultuelles latines, ont été inscrits sur des objets que l’on appelle communément instrumentum domesticum et dont l’immense majorité est constituée de céramiques de tous types, fragmentaires ou non, portant des inscriptions incisées ou peintes avant ou après la cuisson, auxquelles s’ajoutent quelques pointes de lance, des vases métalliques, des gobelets et des passoires.

P. Poccetti, enfin, est l’auteur d’une contribution transversale où il propose une analyse des textes sabelliques inscrits sur des casques, et où il les confronte à des inscriptions de même type provenant d’autres cultures épigraphiques contemporaines, la grecque, la latine et l’étrusque.

La deuxième partie du volume présente deux contributions traitant des dédicaces phénico-puniques.

Dans la première, M. G. Amadasi Guzzo propose un remarquable survol de l’évolution des formules votives phéniciennes, reprenant et réactualisant l’article qu’elle avait publié il y a trente ans dans les actes du colloque Anathema, lequel faisait jusqu’ici figure de référence sur cette question. Cette nouvelle synthèse englobe ainsi dix siècles de l’épigraphie phénicienne, qui s’étend des deux côtés de la Méditerranée, de l’Orient (Byblos, Sidon, Chypre) à l’Occident. L’auteure met en évidence une donnée intéressante : la frappante rigidité des formules cultuelles de l’épigraphie phénicienne dans des contextes qui diffèrent entre eux.

Quant au chapitre signé par L. Gilhaus, il propose une brillante analyse du phénomène de multilinguisme que l’on peut constater dans l’ensemble des dédicaces religieuses de l’Afrique du Nord, avec un regard centré en particulier sur plusieurs villes de l’actuelle Algérie (Thugga, Mactar, Hippo Regius), où se rencontraient trois langues en usage à la même époque (latin, punique et libyque).

Le troisième ensemble de contributions est dédié à la péninsule ibérique. Les travaux de J. Ferrer, V. Sabaté et J. Velaza se rapportent à l’espace linguistique proprement ibère alors que ceux de F. Marco, I. Simón et J. M. Vallejo traitent de l’Hispanie indo-européenne. F. Beltrán, quant à lui, brosse un tableau de l’épigraphie latine républicaine de la péninsule dans son ensemble.

F. Beltrán met en contexte l’épigraphie latine cultuelle de l’Hispanie à date tardo-républicaine. Dans son chapitre, il expose les différences perceptibles entre l’épigraphie religieuse de l’Hispanie Citerior et celle de l’Vlterior, deux provinces présentant dans certains cas des comportements épigraphiques opposés. La plus significative de ces différences repose sur la présence (dans la Citerior) ou l’absence (dans l’Vlterior) d’épigraphie religieuse à caractère public et monumental.

J. Ferrer approfondit le sujet de l’épigraphie ibère rupestre, l’une de celles dont le corpus s’est accru le plus significativement depuis la publication des Monumenta Linguarum ←9 | 10→Hispanicarum de J. Untermann, qui constituait la première édition critique complète des textes paléohispaniques (1975–1997). Une caractéristique particulièrement intéressante de cet ensemble est que, peut-être, une grande partie des textes ibériques incisés sur les roches de la Cerdagne sont de caractère cultuel.

F. Marco, quant à lui, étudie les deux témoignages épigraphiques les plus significatifs de l’aire celtibère en matière religieuse – le premier Bronze de Botorrita (Saragosse) et les gravures rupestres de Peñalba de Villastar (Teruel) – en les situant dans leur contexte documentaire, religieux et historique.

Les inscriptions ibères sur lamelles de plomb sont surtout intelligibles à travers une exégèse externe, en raison des connaissances restreintes que nous avons actuellement de la langue ibère. V. Sabaté met en perspective les données archéologiques relatives au support de ces objets en plomb et, dans la mesure du possible, les données textuelles, pour proposer une sélection plausible de textes ibères à caractère cultuel écrits sur ce type de matériau.

I. Simón, pour sa part, centre son chapitre sur le verbe scribo. Ce verbe apparaît dans deux des inscriptions lusitaniennes qui présentent un premier énoncé en latin, et c’est là une caractéristique particulière de la Lusitanie. Après avoir mis ces inscriptions dans leur contexte originel et analysé l’usage du verbe scribo dans l’épigraphie latine (dans laquelle l’auteur perçoit plusieurs sens pour scribo), I. Simón suggère que l’utilisation de ce verbe pourrait être directement liée au fait que la majeure partie de la Lusitanie était sans écriture, raison pour laquelle scribo a pu occuper une place aussi significative dans les deux inscriptions citées.

J. M. Vallejo propose une intéressante réflexion méthodologique sur la linguistique appliquée à l’onomastique de l’ouest de la péninsule, ainsi que sur les possibilités qu’offrent ses méthodes pour l’histoire des religions de l’Hispanie indo-européenne. Étant donné que les sources dont nous disposons sur les divinités hispaniques sont majoritairement textuelles, l’épigraphie constitue pratiquement l’unique apport documentaire à ce sujet, et la linguistique s’est révélée l’outil le plus utilisé pour les comprendre, au point qu’un usage abusif en a parfois été fait, en attribuant d’emblée des caractéristiques précises à ces divinités sur la seule base d’étymologies parfois douteuses.

La contribution de J. Velaza expose les difficultés que rencontrent les spécialistes de la langue ibère pour identifier les inscriptions de type cultuel, et signale qu’en dépit d’importantes avancées en la matière ces dix dernières années, la paléohispanistique reste très dépendante d’éléments externes au texte lorsqu’il s’agit d’identifier une inscription à caractère sacré.

La dernière partie de l’ouvrage est constituée de contributions dédiées aux mondes gaulois et germanique.

Le célèbre dossier des inscriptions celtiques ieuru se voit enrichi par la publication d’une inscription nouvelle, découverte en 2005 et présentée ici pour la première fois de manière complète et circonstanciée par M. Aberson, R. Andenmatten, S. Casini, A. E. Fossati et R. Wachter. Ce texte, gravé au fond d’une petite construction attenante à la fortification, très probablement tardo-républicaine, du « Mur (dit) d’Hannibal », dans les Alpes du Valais suisse, contient une forme encore inédite du verbe ieuru dans une dédicace qui s’adresse au dieu Poeninos. Écrite dans l’alphabet de Lugano, celle-ci constitue l’unique témoin de ce type de dédicaces cultuelles dans ce système d’écriture.

L’étude d’E. Dupraz a pour point de départ la dédicace gauloise bien connue RIG, L-13, qui contient elle aussi le lexème ieuru. L’auteur commente la difficulté que pose la présence vraisemblable de plusieurs dédicataires, les uns divins et les autres humains, dans ce texte comme dans d’autres inscriptions des aires de langue gauloise, et s’attache à comprendre comment il est possible de dédier un même objet à des destinataires de statut aussi profondément différent que des dieux et des hommes.

Quant à la contribution de W. Eck, elle est consacrée à la religion des Vbii, et plus précisément au très intéressant ensemble des dédicaces consacrées ←10 | 11→aux Matronae de la Germania Inferior. Bien que cet ensemble présente des caractéristiques formelles tout à fait romaines, on y repère des interférences linguistiques et graphémiques d’origine locale de par la présence d’épiclèses telles que Vatuims, Aflims ou Saitchamims, et d’un signe étranger à l’alphabet latin classique, marquant l’aspiration (« halbes H »).

M. J. Estarán Tolosa, enfin, propose une nouvelle étude d’ensemble des inscriptions celtiques dans lesquelles figure le verbe ieuru, cité dans deux des chapitres précédents. Ce verbe est traditionnellement associé aux dédicaces cultuelles. Prenant appui sur un dossier mis à jour des inscriptions qui présentent ce lexème (y compris l’inscription éditée par M. Aberson et al.), elle conclut que ieuru ne signifie pas « consacrer » mais plutôt « dédier » quelque chose, pas exclusivement à des divinités mais aussi à des personnages humains ; il n’est par conséquent pas légitime d’attribuer d’emblée à un contexte religieux les inscriptions qui présentent cette forme verbale en l’absence d’autres arguments qui confirment une telle interprétation, comme par exemple le contexte archéologique ou la mention explicite de théonymes.

Enfin l’ouvrage se termine par une étude transversale due à G. De Tord Basterra. Complète et amplement documentée, celle-ci porte sur les supports de l’épigraphie à caractère cultuel dans les langues locales des provinces occidentales de l’Empire romain, permettant au lecteur de prendre la mesure des différences et des ressemblances que l’on constate dans l’usage de la pierre, du métal et de la céramique pour communiquer avec la divinité.

Le livre que nous présentons ici constitue les actes du congrès international Parole per gli dèi. Dediche religiose in lingue epicoriche del Mediterraneo Occidentale qui s’est tenu à l’Academia Belgica de Rome, les 18 et 19 mai 2017. À l’exception de celles de P. Poccetti, de M. Aberson et al. et de G. De Tord Basterra, toutes les contributions qui s’y trouvent recueillies résultent de communications présentées lors de ce congrès.

Le colloque Parole per gli dèi a pu se tenir grâce au projet Marie Skłodowska-Curie (Individual Fellowship) Ancient Religious Dedications in the Western Mediterranean Basin (ARD-West, GA n° 654731), développé à l’Université libre de Bruxelles par María José Estarán Tolosa et Emmanuel Dupraz. Dans ce cadre, la collaboration avec l’Academia Belgica, l’Escuela Española de Historia y Arqueología en Roma et l’École française de Rome s’est également révélée très précieuse. La publication de ce volume a été principalement financée par le projet MSCA déjà mentionné ARD-West, le « grupo Hiberus » (Universidad de Zaragoza) et le contrat de recherche Ramón y Cajal no. RYC2018-024089-I (Fonds Social Européen / Agencia Estatal de Investigación); et a pu bénéficier de l’aide du réseau COST Ancient European Languages and Writings (IS1407) ainsi que de l’appui du projet El final de las lenguas paleohispánicas (MINECO FFI2015-63981-C3-3). Nous remercions aussi les Études genevoises sur l’Antiquité, qui ont bien voulu accueillir ce volume en leur sein.

María José Estarán Tolosa

<mjestaran@unizar.es>

Emmanuel Dupraz

<Emmanuel.Dupraz@ulb.ac.be>

Michel Aberson

<Michel.Aberson@unil.ch>

←11 | 12→

Bibliographie

Anathema

Anathema. Regime delle offerte e vita dei santuari nel mondo antico. Atti del convegno internazionale 15–18 giugno 1989 (= Scienze dell’Antichità, Storia, Archeologia, Antropologia 3–4), Roma, 1989.

Bodel 2009

Bodel (J.) – « ‘Sacred dedications’: a problem of definitions », in : Bodel & Kajava 2009, p. 17–30.

Bodel & Kajava 2009

Bodel (J.), Kajava (M.) (eds.) – Dediche sacre nel mondo greco-romano. Diffusione, funzioni, tipologie – Religious Dedications in the Greco-Roman World. Distribution, typology, use. Institutum Romanum Finlandiae, American Academy in Rome. 19–20 aprile 2006, Roma, 2009.

Pirenne-Delforge & Scheid 2013

Pirenne-Delforge (V.), Scheid (J.) – « Qu’est-ce qu’une mutation religieuse ? », in : L. Bricault, C. Bonnet (eds.) – Panthée. Religious transformations in the Graeco-Roman Empire, Leiden/Boston, 2013, p. 309–314.

Poccetti 2009

Poccetti (P.) – « Paradigmi formulari votivi nelle tradizioni epicoriche dell’Italia antica », in : Bodel & Kajava 2009, p. 43–94.


1Bodel 2009. Les problèmes liés à l’usage du terme religio dans les études modernes portant sur les religions antiques sont mis en relief par Pirenne-Delforge & Scheid 2013, p. 309–314.

2Voir Poccetti 2009, p. 45–46. On trouve dans cette étude la reprise des définitions des dédicaces religieuses par Guarducci et par Cagnat, où figure comme critère la présence de théonymes.

←14 | 15→

Enrico Benelli

La pietra, la ceramica, il bronzo. Tradizioni locali nell’epigrafia sacra etrusca?

La recente pubblicazione di un’opera complessiva sul tema dell’epigrafia sacra etrusca1 rende oggi superflua qualunque presentazione dello stato dell’evidenza; scoperte successive, anche importanti, non hanno cambiato in modo sostanziale il quadro generale, le cui conclusioni possono dirsi tuttora in gran parte valide.

Nell’opera è accettato un presupposto che, pur non essendo mai stato esplicitamente teorizzato, ha una lunga tradizione negli studi di epigrafia etrusca, ossia la sostanziale unitarietà della cultura epigrafica di ambito religioso. Questo aspetto non è privo di significato, perché la frammentazione fra realtà territoriali (prevalentemente, ma non esclusivamente, caposaldate su grandi centri urbani) è probabilmente uno degli elementi più evidenti della cultura etrusca; sul piano epigrafico, questo appare in modo flagrante soprattutto nel campo delle iscrizioni funerarie, che perseguono tradizioni fortemente distinte fra città e città (con, a volte, vistose demarcazioni anche all’interno degli stessi territori cittadini) fino a epoca recentissima.

Nonostante le iscrizioni etrusche di certa destinazione sacra non siano molto numerose (poco più di trecento, escludendo i frustuli e i testi ambigui: poca cosa in confronto, per esempio, alle circa seimila iscrizioni funerarie), la documentazione è comunque sufficiente per poter ritenere sostanzialmente valido il presupposto citato. I modi di uso dei supporti epigrafici e i formulari appaiono, infatti, eccezionalmente costanti attraverso l’intero mondo etrusco, con un’evoluzione diacronica parallela che non sembra tenere alcun conto dei confini politico-culturali degli stati cittadini. Questa osservazione, alla quale, come a tutte le cose molto evidenti, non si è forse dato sinora peso adeguato, sembra suggerire che le manifestazioni materiali del sacro potessero essere state gradualmente codificate come uno dei principali elementi comuni all’intero nomen Etruscum, se non il principale in assoluto, in grado di fungere da caratteristica identitaria sovracittadina. Se poi questo sia stato effetto della conservazione di tradizioni ataviche o, piuttosto, di un lungo processo di costruzione teso a dare caratteristiche comuni a tradizioni locali anche discordanti, resta questione da indagare più profondamente – anche se l’archeologia del sacro, a partire dall’elemento forse più monumentalmente evidente, l’elaborazione di specifiche tipologie architettoniche, punta decisamente verso questa seconda soluzione.

In questo quadro unitario viene riconosciuta da tempo una sola eccezione evidente, e cioè il gruppo delle iscrizioni dal santuario di Portonaccio di Veio, che sono un insieme molto ben individuato, che colpisce prima di tutto per la quantità: circa una quarantina di testi (escludendo dal conto i frustuli più minuti), concentrati in un periodo di tempo molto ristretto2. L’eccezionalità è sostanzialmente questa; perché, in generale, è abbastanza comune che nei santuari etruschi si trovino nuclei importanti di iscrizioni, dal momento che in essi si trova uno dei punti di addensamento della pratica epigrafica. Solo per fare un esempio ben noto, le iscrizioni provenienti dal complesso di Pyrgi, come numero totale, superano quelle rinvenute a Portonaccio3: però si tratta di iscrizioni scaglionate su almeno tre secoli, che derivano da circa sessanta anni di campagne di scavo molto estese, lì dove le iscrizioni di Portonaccio furono invece trovate praticamente quasi tutte insieme, e formano un gruppo cronologicamente schiacciato in poco più di un secolo; anzi, la grande maggioranza è contenuta in un periodo ancora più breve, fra la fine del VII e (soprattutto) la prima metà del VI secolo.

L’eccezionalità del “fenomeno Portonaccio”, a parte la concentrazione di testi, è proprio la quota cronologica molto alta alla quale si colloca la maggior parte delle iscrizioni, che ricadono in un periodo in cui ancora non esisteva un formulario specifico per il dono agli dèi. Come è noto, i testi di Portonaccio utilizzano infatti gli stessi modelli formulari che l’epigrafia etrusca aveva elaborato fin dai suoi esordi, all’inizio del VII secolo, per indicare il dono fra persone: tanto è vero che, a quella quota cronologica, i due circuiti erano parzialmente sovrapposti, e oggetti recanti testi identici, e donati dal medesimo individuo, ←15 | 16→possono trovarsi tanto in contesti santuariali quanto funerari4.

Dal punto di vista tipologico, nelle iscrizioni di Portonaccio non c’è nulla di eccezionale, dal momento che iscrizioni simili per formulario, e di cronologia analoga, compaiono anche in altri santuari: ma si tratta sempre di casi isolati, o di gruppi molto modesti, anche in contesti oggetto di campagne di scavo lunghe e accurate. La vistosa anomalia rappresentata da Portonaccio, quindi, è soprattutto quantitativa: ma, in questo, è talmente vistosa da acquisire anche un significato di differenza qualitativa, sottolineata peraltro anche dall’esistenza presso il santuario stesso di una scuola scribale, che si segnalò fin da subito compiendo una serie di scelte grafiche rivoluzionarie, che evidentemente servivano proprio a distinguere le opere di questi scribi da tutte le altre iscrizioni etrusche5. È molto probabile che l’origine di questo fenomeno sia collegata alla particolare storia culturale di Veio, caratterizzata da una scomparsa molto precoce della deposizione di ricchi corredi nelle sepolture, che dovette portare a un reindirizzamento delle forme principali di ostentazione dal sepolcro gentilizio verso il santuario. In effetti, anche al di fuori di Portonaccio, è la stessa città di Veio a manifestare una particolare concentrazione di iscrizioni in contesti sacri fin da epoca più antica rispetto a quello che accade nel resto dell’Etruria6.

L’epigrafia sacra etrusca, come categoria distinta provvista di proprie caratteristiche formali e formulari inconfondibili, condivisi dall’intero mondo etrusco, nasce, come è noto, negli ultimi decenni del VI secolo7; la sua nascita è accompagnata, tra l’altro, dalla veloce parabola, durata un secolo o poco più, delle iscrizioni su lamine metalliche, che configurano una vera e propria “età del metallo”: dall’oro delle lamine di Pyrgi (unico esempio sinora noto, data l’elevata propensione al reimpiego dei metalli preziosi che ha certamente favorito la scomparsa di tali testimonianze), al bronzo e al piombo8. Esaurita questa esperienza tipicamente tardo-arcaica, con l’inizio della fase recente l’epigrafia sacra si svilupperà prevalentemente su supporti ceramici e su manufatti bronzei (statue, statuette e utensili di varia natura); se per i primi si tratta della prosecuzione di una pratica epigrafica ampiamente diffusa nello spazio e nel tempo (forse anche grazie alla maggiore capacità di ←16 | 17→sopravvivenza del materiale ceramico nei contesti archeologici), i secondi cominciano a essere iscritti occasionalmente proprio durante la fase tardo-arcaica. Il più antico bronzetto a noi noto a recare un’iscrizione incisa, secondo una tradizione che diventerà tipica proprio dell’epigrafia etrusca (laddove altre culture epigrafiche preferiranno iscrivere piuttosto le basi che sostenevano le statuette) è il Marte Corazzi, tradizionalmente accreditato di una provenienza ravennate, ma più probabilmente rinvenuto a Perugia9: le caratteristiche dell’iscrizione rimandano però piuttosto a Volsinii10.

Tuttavia, risalendo al pieno VI secolo (a una fase, quindi, nella quale l’epigrafia sacra era ancora in formazione), si possono incontrare iscrizioni dalle caratteristiche molto differenti, che si configurano spesso, almeno nella limitatezza delle nostre conoscenze, come esperienze isolate. È interessante come alcune di queste testimonianze più antiche siano su pietra, un tipo di supporto non particolarmente apprezzato nei secoli a venire. Fra queste vi sono anche testi di notevole estensione, come il cippo di Tragliatella (ET Cr 8.2), la cui pertinenza a un contesto sacro, pur non evidente dal testo stesso, è stata proposta in modo convincente dall’editore11, e la stele di Poggio Colla, ancora edita solo parzialmente12. Esperienze di epigrafia sacra lapidaria di piena età arcaica, per quanto numericamente occasionali, affiorano comunque in diverse località; particolarmente interessante il caso di Vulci, dove furono rinvenuti tre frustuli pertinenti a diverse iscrizioni, uno dei quali (ET Vc 3.7) è stato riconosciuto come appartenente a una base di tripode13.

L’impiego della pietra come supporto per iscrizioni sacre fu successivamente escluso in modo pressoché totale al momento dell’elaborazione delle forme canoniche di epigrafia sacra alla fine del VI secolo che, come già accennato, portarono anche alla creazione di forme espressive cospicuamente unitarie e all’annullamento di eventuali tradizioni specificamente locali. A questo c’è una sola eccezione rilevante, rappresentata dall’esperienza volsiniese, che si pone, sotto molti aspetti, come unica nel panorama etrusco; le cause che portarono a questa originalità espressiva sono necessariamente solo congetturali, ma non si può trascurare di menzionare la probabile presenza in territorio volsiniese del fanum Voltumnae, centro cultuale condiviso dall’intero nomen Etruscum, che potrebbe aver propiziato l’elaborazione di ←17 | 18→forme epigrafiche altrove ignote, come anche l’eccezionale esperienza dei lapicidi volsiniesi nella scrittura su pietra, maturata attraverso l’impegno nelle necropoli, fenomeno anch’esso senza paragoni nell’epigrafia etrusca.

Vi sono due categorie di manufatti lapidei iscritti che sono praticamente esclusive di Volsinii. La prima è quella degli altari, che viene preservata anche dopo lo spostamento della città a Bolsena; allo stato attuale, un solo altare iscritto è stato rinvenuto al di fuori del territorio volsiniese14: fatto che, data l’estensione e la diffusione degli scavi nei santuari etruschi, non può più essere considerato effetto del caso.

La seconda sono le basi, che i recenti scavi nel santuario suburbano di Campo della Fiera (identificato correntemente con lo stesso fanum Voltumnae) hanno confermato come una specialità dell’epigrafia volsiniese15; i paralleli da altre località sono molto pochi: due esempi arcaici a Poggio Colla e a Monte Acuto Ragazza (sui due versanti opposti del medesimo tratto di Appennino) e uno recente, da Corciano16. Altre iscrizioni lapidarie sacre di età recente, spesso indicate come “basi”, sono in realtà blocchi di pietra di funzione incerta, dal momento che non vi sono documentati incassi o altre tracce che permettano di capirne con precisione la destinazione.

Esistono, in effetti, diverse occorrenze di iscrizioni di età recente redatte su supporti lapidei di funzione incerta (blocchi e lastre, spesso frammentari) che sono identificabili come sacre, talvolta con certezza (grazie a contesto e/o contenuto)17, talvolta solo in via ipotetica, dal momento che è difficile immaginare una destinazione diversa da quella religiosa per testi provenienti da contesti non funerari, che, nonostante le condizioni spesso disperatamente frammentarie, possono ricostruirsi certamente come non brevi e di particolare complessità compositiva18. Queste iscrizioni sono indubbiamente fra le più elusive, dal momento che le loro condizioni di conservazione sono spesso problematiche. In qualche caso, è probabile che i blocchi o le lastre avessero la funzione di delimitare aree sacre19; in altri, invece, ogni restituzione dell’aspetto monumentale resta impossibile. Poiché la pietra è tradizionalmente supporto preferito per l’epigrafia religiosa latina, non è escluso che almeno alcuni di questi documenti possano essere il risultato di una tardiva interferenza della cultura epigrafica romana: un’interferenza che, peraltro, dovette coinvolgere il solo aspetto materiale delle iscrizioni, dal momento che il contenuto testuale, lì dove sufficientemente conservato, si richiama costantemente a formulari etruschi.

Le conclusioni di questa disamina, necessariamente molto rapida dal momento che poco può aggiungersi a quanto già dettagliatamente discusso da altri20, portano a vedere la nascita delle forme classiche dell’epigrafia sacra etrusca sullo scorcio del VI secolo come il risultato di un processo che si è sviluppato in parallelo con la definizione di tutto l’insieme delle espressioni materiali del culto (a partire dalla stessa architettura templare). ←18 | 19→Il fatto storicamente interessante è che le forme di cultura epigrafica che emergono da questa lunga elaborazione sono sorprendentemente unitarie, e superano completamente le esperienze pioneristiche del secolo precedente; questo aspetto si pone in contrasto con molte delle serie epigrafiche più sviluppate, che restituiscono invece differenze di comportamento fra città e città. Tutto ciò che caratterizza gli aspetti materiali, archeologicamente percepibili, della religione etrusca, a partire dalla fase tardo-arcaica, sembra quindi l’esito di uno sviluppo che ha portato alla nascita di forme largamente condivise, che costituiscono forse l’unico aspetto culturale che si può definire come globalmente “etrusco”; le iscrizioni di destinazione sacra non sono altro che una parte di questo fenomeno. In un panorama così ostentatamente unitario, spicca l’originalità della sola Volsinii, un’originalità che sopravvisse anche al trasferimento della città dopo il 264 a.C., e che trova forse la sua motivazione principale nella presenza proprio nel territorio volsiniese di quel fanum Voltumnae che, in quanto santuario condiviso dall’intero nomen Etruscum, dovette avere anche un ruolo di centro (forse non unico, ma certamente prestigioso) di elaborazione normativa, liturgica e rituale.

Enrico Benelli

Consiglio Nazionale delle Ricerche –

Istituto di Studi sul Mediterraneo Antico

<enr.benelli@gmail.com>

Bibliografia

Benelli 2005

Benelli (E.) – “Alle origini dell’epigrafia cerite”, in: Dinamiche di sviluppo delle città dell’Etruria meridionale. Atti del XXIII Convegno di Studi Etruschi ed Italici (Roma, S. Severa, Tarquinia, Tuscania, Montalto di Castro, Viterbo 2001), Pisa/Roma, 2005, pp. 205–207.

Benelli 2015

Benelli (E.) – “Un titulus Populoniensis dal saggio XXV”, in: V. di Cola, F. Pitzalis (a cura di) – Materiali per Populonia, 11, Pisa, 2015, pp. 189–207.

Buranelli 1991

Buranelli (F.) – Gli scavi a Vulci della società Vincenzo Campanari – Governo Pontificio (1835–1837), Roma, 1991.

Cagianelli 2002

Cagianelli (C.) – “Bronzi etruschi a figura umana da Perugia e dal suo territorio nella letteratura antiquaria”, Annali della Fondazione per il Museo “Claudio Faina”, 9, 2002, pp. 321–341.

Résumé des informations

Pages
412
Année
2021
ISBN (PDF)
9783034338493
ISBN (ePUB)
9783034340281
ISBN (MOBI)
9783034340298
ISBN (Broché)
9783034334013
DOI
10.3726/b17152
Open Access
CC-BY-NC-ND
Langue
Français
Date de parution
2021 (Juin)
Mots clés
Histoire ancienne Religions de l'antiquité Epigraphie de l'antiquité Linguistique Romanisation Langue étrusque Langues sabelliques Langues paléohispaniques Langue gauloise Langue phénicienne
Published
Bern, Berlin, Bruxelles, New York, Oxford, Warszawa, Wien, 2021. 412 p., 28 ill. en couleurs, 53 ill. n/b, 25 tabl.

Notes biographiques

María José Estarán Tolosa (Éditeur de volume) Emmanuel Dupraz (Éditeur de volume) Michel Aberson (Éditeur de volume)

María José Estarán Tolosa est chercheuse Ramón y Cajal à l’Université de Saragosse. Ses principaux intérêts scientifiques portent sur le bilinguisme dans l’Antiquité, la latinisation et la reprise de modèles culturels romains par les populations de l’Europe ancienne. Emmanuel Dupraz est professeur chargé de cours à l’Université libre de Bruxelles (chaire de latin) et directeur d’études cumulant à l’École pratique des hautes études, Paris (direction d’études de philologie italique). Ses recherches sont consacrées aux langues italiques et celtiques de l’Antiquité et aux sociétés qui les parlaient et les écrivaient. Michel Aberson enseigne l’Histoire ancienne à l’Université de Lausanne et collabore à la rédaction de L’Année épigraphique. Ses recherches portent principalement sur l’épigraphie latine, l’Histoire de l’Italie préimpériale et l’Histoire des Alpes dans l’Antiquité.

Précédent

Titre: Des mots pour les dieux