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Linguistique et Discours

Description, Typologie et Théorisation

de Mohammed Jadir (Éditeur de volume)
©2018 Collections 266 Pages

Résumé

« Ce nouveau recueil captivant réunit un large cercle d’éminents chercheurs et de collègues distingués du Professeur Ahmed Moutaouakil, européens et marocains, pour rendre hommage non seulement à l'homme mais surtout à la linguistique et la traductologie comme disciplines dynamiques. Les premiers chapitres discutent de l'interface entre la grammaire et le discours par le biais d’une exploration, contextualisation et application de théories pertinentes. Le livre aborde ensuite des problèmes grammatico-discursifs avant de s'ouvrir à des perspectives plus vastes. C’est ici que les études de traduction prennent tout leur sens, par rapport à l’usage créatif du langage, et que la linguistique côtoie la biologie. Le livre de Jadir prône l'étude du langage comme science internationale, interdisciplinaire, interculturelle et surtout humaine. »
Pr. Dr. J.L. Mackenzie (Université Libre d’Amsterdam)

Table des matières

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • Sur l’auteur/l’éditeur
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Table des matières
  • Introduction (Mohammed Jadir)
  • Le développement de la Grammaire Fonctionnelle(-Discursive) et l’apport d’Ahmed Moutaouakil (J. Lachlan Mackenzie)
  • La linguistique à l’œuvre : Grammaire Fonctionnelle et Discours interposé (Ahmed Moutaouakil)
  • Grammaire Fonctionnelle et texte publicitaire (Naima Zouhri)
  • Pragmatic function assignment and grammatical expression in FDG (Evelien Keizer)
  • ‘Grammaire Fonctionnelle (de Discours) : Évaluation et perspectives’ revisité (Mohammed Jadir)
  • Le rôle de l’aspect dans le discours narratif (Co Vet)
  • Sur le nombre et le genre de Ça (Georges Kleiber)
  • Indexicaux : orientation cognitive, point de vue, et création de discours (Francis Cornish)
  • Les développements de la biologie contemporaine plaident-ils contre les thèses objectivistes ? Examen d’une démonstration de George Lakoff (1987) (Vincent Nyckees)
  • La traduction de jeux des mots – une perspective linguistique (Katarzyna Sadowska-Dobrowolska)
  • Aspects de l’approximation prédicative (Sonia Berbinski)
  • De la cladistique à la linguistique : une nouvelle méthode de calcul de la parenté linguistique (Antonella Corvaglia)
  • Index des Langues
  • Index des Noms
  • Index des Sujets

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Introduction

Le présent ouvrage Linguistique et discours : description, typologie et théorisation s’inscrit dans le sillage d’une suite de collectifs publiés sous notre direction ; lesdits collectifs sont soit le résultat de colloques internationaux qu’organise le laboratoire Langues, Littératures et Traduction (LALITRA) que nous dirigeons à l’Université Hassan II de Casablanca dans le cadre des manifestations et activités scientifiques autour de la linguistique, la littérature, la traduction ou la traductologie, soit le fruit du développement d’un concept en collaboration avec les participants. Parmi les ouvrages qui ont déjà vu le jour, nous citons : Développements récents en Grammaire Fonctionnelle (2003, Casablanca, Najah ElJadida) ; Fonctionnalisme et description linguistique (2011, Sarrebruck, Éditions Universitaires Européennes [2e édition]) ; L’expérience de la traduction, Damas, Editions Dar Alfarqad, 2013, (2e édition) (en arabe : fī mumārasati t-tarjama في ممارسة الترجمة) ; L’expériences de traduire (2015, Paris, Honoré Champion, en collaboration avec Jean-René Ladmiral).

Linguistique et discours : description, typologie et théorisation se propose de réaliser deux objectifs. Le premier consiste à porter un éclairage sur la problématique de l’interface entre ‘la grammaire’ et ‘l’analyse du discours’, du rapport entre ‘la linguistique’ et ‘le discours’, dont les différentes contributions contenues dans le collectif constituent des instanciations. Le deuxième vise à rendre un bel et vibrant hommage particulièrement chaleureux au linguiste marocain le Professeur Ahmed Moutaouakil de l’Université Mohammed V de Rabat. Sommité reconnue dont l’œuvre « vigoureuse » a fait profiter étudiants, chercheurs et intellectuels marocains et arabes de son savoir tout en les initiant aux principes de la linguistique générale, au cours des quatre dernières décennies, et à la recherche en matière de la linguistique fonctionnelle en particulier.

L’une des prémisses méthodologiques fondamentales de la recherche linguistique formaliste, en l’occurrence générative et transformationnelle, est la dichotomie Phrase-Discours où « Phrase » est entendue comme étant un objet formel isolé de ses attaches contextuelles, linguistiques et situationnelles à la fois. Selon cette orientation de recherche, seule la Phrase, ainsi définie, peut constituer l’objet de la linguistique. Quant au discours, aussi bien dans sa dimension phrastique que dans sa dimension transphrastique, il se trouve relégué à d’autres aires d’investigation − annexes ou connexes − telles que l’« analyse du discours » et la « linguistique textuelle ». ← 7 | 8 →

En revanche, certains cadres théoriques sont destinés à rendre compte de structures relevant du niveau textuel. La Théorie de la Représentation Discursive (TRD), par exemple, est un modèle linguistique qui a pour objectif de formuler des règles capables de construire, de façon entièrement automatisée, la représentation du texte où les relations anaphoriques sont explicitées. La structure de la TRD (Kamp 1979, 1981 ; Kamp & Reyle 1993) peut être visualisée comme suit (à partir d’un discours D où figurent les phrases P1, P2, … Pn) :

La Grammaire Fonctionnelle (GF), quant à elle, s’est instaurée dès le début comme une théorie du discours bien qu’elle se soit astreinte, dans ses premiers modèles, « pour des raisons programmatiques », à l’unité minimale du discours, l’« expression linguistique ». Effectivement, depuis sa création, la GF a toujours été conçue en tant que grammaire de discours. Pour Dik (1968 : 166) la description en termes de GF ne doit pas être limitée au niveau phrastique. De même, dans l’esquisse de la GF, nous lisons « la GF n’est pas restreinte à la description de la structure des phrases » (Dik 1978 : 15). Avec la parution de Dik (1989), les fonctions pragmatiques intraclausales Topique et Focus ont été redéfinies dans une perspective discursive ; leurs subdivisions en plusieurs sous-types favorisent l’approche de la structure informationnelle à un plan supérieur (cf. Mackenzie & Keizer 1990 ; Moutaouakil 1992 ; Bolkestein & Van de Grift 1994). Dans le dernier chapitre intitulé « Towards a functional grammar of discourse » du second volume de The theory of Functional Grammar, Dik (1997) trace les grandes lignes d’une grammaire fonctionnelle du discours où la GF, dans sa version standard, constitue une partie intégrante. Il explique sa tendance à élaborer une grammaire de discours par le fait que les gens communiquent au moyen de structures plus larges et plus complexes que de simples phrases isolées.

Par ailleurs, ladite interface entre ‘linguistique’ et ‘discours’, entreprise par Dik (1997) et mise en œuvre par les fonctionnalistes qui se sont penchés sur l’étude de l’impact des facteurs discursifs sur la structure interne des phrases (cf. Connolly et al. 1997 et Hannay et Bolkestein 1998 parmi d’autres)1, se voit contestée par les théoriciens du modèle le plus récent de la théorie de la GF, soitla Functional Discourse Grammar (fr. Grammaire Fonctionnelle du ← 8 | 9 → Discours [-Discursive]) (GFD) ; Hengeveld & Mackenzie 2008). Il s’agit d’une théorie qui vise à mettre en lumière les propriétés structurelles du discours en relation avec ses propriétés sémantiques et fonctionnelles (pragmatiques). C’est dans ce cadre théorique que s’inscrivent de nombreuses importantes études qui ont pu montrer comment l’organisation générale du discours, décrite en termes de « Niveau Interpersonnel », de « Niveau Représentationnel » et de « Niveau Structurel », se manifeste dans les divers types de langues, les différents modes de communications et les différents types de discours. Pour les concepteurs de la GFD, la focalisation de l’analyse sur l’unité dite « intervention » (ang. Move) au Niveau Interpersonnel s’explique par « le but d’abandonner l’ambition d’offrir une « grammaire du texte » », comme le confirme Mackenzie (ce volume).

De nombreux facteurs sont envisageables pour la répartition et la classification des contributions contenues dans ce collectif dont, par exemple, la thématique abordée par chaque auteur, la nature ou l’objectif de l’étude élaborée (e.g. description, typologisation, théorisation) ou encore le cadre théorique adopté pour l’analyse des données. Il va sans dire que le critère du dispositif conceptuel l’emporte sur les autres critères précédemment cités. Les cinq premières contributions s’inscrivent dans le cadre de la Grammaire Fonctionnelle (du Discours). Celles de Keizer et de Zouhri sont d’ordre descriptif, celles de Mackenzie, de Moutaouakil et de Jadir ont un caractère plutôt théorique. Si Vet a choisi d’analyser des séquences narratives dans le cadre pragmatique de la Théorie de la Représentation Discursive, Kleiber opte pour un modèle sémantique pour traiter son phénomène (le pronom ça). Une affinité semble réunir Nyckees, Cornish et Sadowska-Dobrowolska relativement au choix du modèle d’analyse (une approche sémantico[cognitive]) bien que lesdites contributions fussent de nature différente : la première est théorique, les deux autres subséquentes sont plutôt descriptives. Enfin, le collectif se trouve clos par deux tentatives de typologisation, l’une accomplie par Berbinski, l’autre, inspirée de la méthode cladistique, est réalisée par Corvaglia.

Cette diversité des cadres et approches théoriques reflète une diversité au niveau des contenus − nous y reviendrons infra. La diversité vaut également pour les nationalités des participants qui appartiennent à de nombreux pays (France, Italie, Écosse, Pays-Bas, Roumanie, Pologne, Maroc, Autriche, Angleterre, etc.) ; nous aspirons, ce faisant, à développer une liste relativement représentative sans prétendre à l’exhaustivité. Ladite liste compte de grands noms de renommée mondiale tels que Kleiber, Mackenzie, Moutaouakil, Keizer, Cornish, etc. et deux noms de jeunes chercheuses pleines de promesses, Sadowska-Dobrowolska et Corvaglia en l’occurrence. ← 9 | 10 →

Le collectif se veut aussi un reconnaissant hommage pour le linguiste marocain le Professeur Ahmed Moutaouakil pour les valeurs humaines qu’il a pu transmettre et pour l’abnégation sublime dont il a fait preuve envers les générations de chercheurs dont plusieurs font partie du Groupe de Recherche en Pragmatique et Linguistique Fonctionnelle (GREPLIF) qu’il dirige. Ahmed Moutaouakil était enseignant de pragmatique dans les départements d’arabe et de français depuis 1967. Il s’est spécialisé en linguistique fonctionnelle (la Théorie de la Grammaire Fonctionnelle [de Discours]). Ses recherches s’articulent autour de trois axes majeurs :

Dans le même ordre d’idées, l’article de J. Lachlan Mackenzie de l’Université Libre d’Amsterdam, retrace l’histoire de la Grammaire Fonctionnelle (GF) et de la Grammaire Fonctionnelle-Discursive (GFD) et accorde une attention particulière au rôle du Professeur Ahmed Moutaouakil dans ces évolutions. L’accent est mis sur la carrière intellectuelle du linguiste néerlandais qui a conçu et développé la GF, Simon C. Dik (1940–1995), et sur la vigoureuse œuvre de Moutaouakil où il a appliqué la GF et la GFD à l’analyse de l’arabe standard moderne et d’autres variantes de l’arabe. L’article constate que Moutaouakil s’est toujours efforcé de concilier la pensée des anciens grammairiens arabes avec les idées modernes avancées par les groupes de chercheurs en GF et GFD qui se sont formés aux Pays-Bas et, grâce à sa direction avisée, dans les pays arabophones. ← 10 | 11 →

L’étude d’Ahmed Moutaouakil (Université Mohammed V, Rabat) « La linguistique à l’œuvre : Grammaire Fonctionnelle et Discours interposé » s’assigne comme but de défendre la thèse selon laquelle la linguistique, comme toute science, peut et doit participer à la prise en charge des différents problèmes de société et plus spécifiquement ceux ayant trait à la communication. Prenant comme exemple la théorie de la Grammaire Fonctionnelle du Discours (-Discursive), l’auteur tente de montrer comment une grammaire fonctionnellement orientée peut rendre compte de ce que l’on pourrait appeler « la communication interposée » dont, en particulier, la traduction.

La visée da Naima Zouhri (Université de Casablanca), dans son article intitulé « Grammaire Fonctionnelle et texte publicitaire », est d’examiner la manière dont l’un des modèles proposés dans le cadre de la théorie de la Grammaire Fonctionnelle, la Grammaire Fonctionnelle Modulaire Stratifiée (Moutaouakil 2001) peut décrire les propriétés pragmatiques, sémantiques et morpho-syntactiques du texte publicitaire en interaction avec ses propriétés non-linguistiques, picturales et sonores.

Résumé des informations

Pages
266
Année
2018
ISBN (PDF)
9783631763971
ISBN (ePUB)
9783631763988
ISBN (MOBI)
9783631763995
ISBN (Relié)
9783631742952
DOI
10.3726/b14503
Langue
Français
Date de parution
2018 (Décembre)
Mots clés
Linguistique fonctionnelle Pragmatique Sémantique Communication interculturelle Traduction/Traductologie Cohérence textuelle
Published
Berlin, Bern, Bruxelles, New York, Oxford, Warszawa, Wien, 2018. 266 p., 12 ill. n/b

Notes biographiques

Mohammed Jadir (Éditeur de volume)

Mohammed Jadir est linguiste et traducteur marocain. Il est Professeur des Universités à l’Université Hassan II de Casablanca (Maroc) où il enseigne la linguistique, la traduction et la traductologie. Directeur du Laboratoire LALITRA (Langues, Littératures et Traduction). Ses travaux s’inscrivent dans le cadre du fonctionnalisme et portent sur l’interface sémantico-pragmatique, la cohérence du discours, l’analyse traductologique et la communication interculturelle.

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