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Les nouveaux paradigmes du projet ?

Transition, adaptation, résilience

de Helga-Jane Scarwell (Éditeur de volume) Philippe Deboudt (Éditeur de volume)
Collections 450 Pages
Open Access

Résumé

Transition, adaptation, résilience : ces trois notions ont été choisies pour identifier et analyser dans cet ouvrage au travers de multiples contextes géographiques, échelles de l’action, figures d’acteurs et temporalité de l’aménagement, les nouveaux paradigmes du projet. La transition constitue le premier nouveau paradigme du projet analysé dans la première partie de l’ouvrage. La transition accompagne-t-elle la généralisation d’une inflexion du projet vers la préfiguration comme nouveau mode opératoire ? Le projet n’apparaîtrait-il pas comme une opportunité à saisir pour engager les villes et les territoires sur le chemin de la transition environnementale ? L’adaptation représente le second nouveau paradigme du projet constituant le fil directeur de la seconde partie de l’ouvrage. A la différence de la première partie dans laquelle les transitions ont principalement concerné le fait urbain et les villes, l’adaptation est envisagée pour des territoires plus diversifiés. Quelles sont les nouvelles figures de l’action, quelles sont les méthodes qui s’imposent en parallèle du projet pour envisager l’adaptation des villes et des territoires aux enjeux environnementaux et au changement climatique ? Dans la troisième partie, la résilience représente le dernier paradigme mobilisé. La notion même de projet a-t-elle encore du sens ou n’est-elle plus qu’une fiction, lorsque domine la vulnérabilité, l’inégalité, l’instabilité, l’incertitude ? Quels projets ou stratégies sont conçus et mis en œuvre dans les villes et les territoires pour assurer leur résilience ?

Table des matières

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • À propos de l’auteur
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Sommaire
  • Liste des contributeurs
  • Introduction
  • Richesse et diversité des cadres théoriques, des thématiques, des contextes, des échelles géographiques et des études de cas pour appréhender les transformations des pratiques du projet par les enjeux de la durabilité (Philippe Deboudt et Helga-Jane Scarwell)
  • Partie 1 Transition
  • Les enjeux de hiérarchie dans la gouvernance de la durabilité urbaine : acteurs, instruments et projets urbains face à la transition (Philippe Hamman)
  • Des dynamiques de projet pour l’innovation des territoires métropolitains. La Métropole du Grand Paris face aux défis écologiques. Vers une « knowledge industrial green city » ? (Patrizia Ingallina)
  • Ville-aéroport : imaginer des transitions. Le cas de Tours (France) (Christophe Demazière et Divya Leducq)
  • Les concepts de quartier de l’innovation et de projet urbain à Montréal : utopies d’un développement économique et urbain intégré ? (Priscilla Ananian)
  • Quand la ville durable se nourrit de la ville intelligente : que reste-il du projet ? Hanoï, métropole en transition (Helga-Jane Scarwell, Divya Leducq, Do Lien Huong Dinh, Quòc Dat Nguyen et Ngoan Pham)
  • Les transitions urbaines au Cameroun entre stratégies de survie et préservation de l’environnement (Lionel Prigent et Christian Kalieu)
  • Partie 2 Adaptation
  • La nature en ville : Comment les pratiques aménagistes s’adaptent en continu à l’impératif écologique. Étude à partir de cinq projets du Grand Ouest français (Sabine El Moualy, Guy Baudelle et Laurence Le Du-Blayo)
  • L’improbable ceinture verte : aménagements et dynamiques socio-territoriales des espaces végétalisés des pourtours de l’agglomération parisienne (Morgane Flégeau et Fabien Roussel)
  • L’avènement des services écosystémiques et ses conséquences sur la gestion des espaces verts urbains en France (Amélie Robert et Jean Louis Yengué)
  • Identifier les continuités écologiques : une cohérence interterritoriale délicate sous forme de « patate chaude » (Julie Chaurand, Magalie Franchomme, Jacques Baudry et Jean-Philippe Tonneau)
  • Changement climatique et aménagement du territoire : le rôle de la trame verte urbaine (Marion Brun, Magalie Franchomme, Christelle Hinnewinkel et Brandon Stordeur)
  • La techno-nature. Émergence d’une figure de nature hybride au service de l’habitabilité. Exemple du projet d’écologie urbaine du parc Kaplan à Lyon (Muriel Delabarre)
  • Partie 3 Résilience
  • Le projet urbain au défi de la qualité de l’air et des enjeux environnementaux (Lionel Charles)
  • Comment l’imbrication de la pollution de l’air avec le changement climatique bouleverse le projet urbain ? (Isabelle Roussel)
  • Vive la règle pour le projet ! L’articulation de la règle et du projet au service de la résilience urbaine à l’inondation (Sylvain Rode et Julien Langumier)
  • Enjeux de gestion des risques en milieu urbain relatifs aux projets d’infrastructures aériennes de transport : le cas du risque inondation (Michaël Gonzva, Gabrielle Richard, Bruno Barroca, Vincent Becue et Kristel Mazy)
  • La gestion des risques naturels littoraux selon le projet : d’une gestion sans stratégie à une stratégie sans gestion ? Le cas de la Côte d’Opale (France) (Philippe Deboudt)
  • Conclusion
  • Transition, adaptation, résilience : un processus itératif pour construire de nouveaux paradigmes du projet (Helga-Jane Scarwell et Philippe Deboudt)

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Liste des contributeurs

Priscilla Ananian

Université du Québec à Montréal

Département d’études urbaines et touristiques

Bruno Barroca

Université Paris-Est

Lab’Urba

Guy Baudelle

Université Rennes 2

UMR ES0

Jacques Baudry

INRA, Agrocampus Ouest, École Supérieure d’Agriculture d’Angers

UMR Biodiversité, AGroécologie et Aménagement du Paysage

Vincent Becue

Université de Mons

Faculté d’Architecture et d’Urbanisme

Marion Brun

Université de Lille

Laboratoire Territoires, Villes, Environnement & Société (TVES)

ULR 4477

Lionel Charles

Fractal

Julie Chaurand

Université de Montpellier, AgroParisTech, CIRAD, CNRS, IRSTEA

UMR Territoires, Environnement, Télédétection et Information Spatiale

←11 | 12→Philippe Deboudt

Université de Lille

Laboratoire Territoires, Villes, Environnement & Société (TVES)

ULR 4477

Muriel Delabarre

Université de Lausanne

Faculté des géosciences

Christophe Demazière

Université de Tours

UMR 7324 CITERES CNRS

Do Lien Huong Dinh

Université de Lille

Laboratoire Territoires, Villes, Environnement & Société (TVES)

ULR 4477

Laurence Le Du-Blayo

Université Rennes 2

UMR ESO

Morgane Flégeau

Université Paris 13

EA 7338 Pléiade

Magalie Franchomme

Université de Lille

Laboratoire Territoires, Villes, Environnement & Société (TVES)

ULR 4477

Michaël Gonzva

Université Paris-Est

Lab’Urba

Philippe Hamman

Université de Strasbourg

Laboratoire Sociétés, Acteurs, Gouvernement en Europe (UMR 7363 SAGE)

←12 | 13→Christelle Hinnewinkel

Université de Lille

Laboratoire Territoires, Villes, Environnement & Société (TVES)

ULR 4477

Patrizia Ingallina

Sorbonne Université

ENeC

Christian Kalieu

Université de Dschang, Cameroun

Julien Langumier

DDTM 13

Laboratoire RIVES, UMR 5600 EVS, ENTPE

Divya Leducq

Université de Tours

UMR CNRS 7324 CITERES (Cités, Territoires, Environnement et Sociétés)

Kristel Mazy

Université de Mons

Faculté d’Architecture et d’Urbanisme

Sabine El Moualy

Université Rennes 2

UMR ESO & Agence Aubépine, Rennes

Quòc Dat Nguyen

Université de Lille

Laboratoire Territoires, Villes, Environnement & Société (TVES)

ULR 4477

Ngoan Pham

Université de Lille

Laboratoire Territoires, Villes, Environnement & Société (TVES)

ULR 4477

←13 | 14→Lionel Prigent

Université de Bretagne occidentale

Laboratoire Géoarchitecture

Gabrielle Richard

Université de Mons, Université Paris-Est

Faculté d’architecture et d’urbanisme, Mons et Lab’Urba, Paris-Est

Amélie Robert

Université de Tours

UMR CITERES

Sylvain Rode

Université de Perpignan Via Domitia

UMR 5281 ART-Dev

Fabien Roussel

Université d’Artois

EA 2468 Discontinuités

Isabelle Roussel

Université de Lille

Laboratoire Territoires, Villes, Environnement & Société (TVES)

ULR 4477

Helga-Jane Scarwell

Université de Lille

Laboratoire Territoires, Villes, Environnement & Société (TVES)

ULR 4477

Brandon Stordeur

Université de Lille

Laboratoire Territoires, Villes, Environnement & Société (TVES)

UR 4477

Jean-Philippe Tonneau

Université de Montpellier, AgroParisTech, CIRAD, CNRS, IRSTEA

UMR Territoires, Environnement, Télédétection et Information Spatiale

←14 | 15→Jean Louis Yengué

Université de Poitiers

Laboratoire RURALITÉS

Richesse et diversité des cadres théoriques, des thématiques, des contextes, des échelles géographiques et des études de cas pour appréhender les transformations des pratiques du projet par les enjeux de la durabilité

Philippe Deboudt et Helga-Jane Scarwell

Université de Lille
Laboratoire Territoires, Villes, Environnement & Société

L’appel à communications du colloque des 20e rencontres internationales en urbanisme de l’APERAU à Lille (2018) a questionné le « Projet » :

Tantôt ou tout à la fois urbain, métropolitain, de développement (durable), de territoire, agricole, grand, structurant, multi-acteur, multi-dimensionnel, négocié, complexe, emblématique…le projet ne manque pas de qualificatifs. De quoi le projet n’est-il donc pas le nom, d’ailleurs ? Un outil, une catégorie autant qu’un dogme, mais surtout une étonnante métaphore plurielle, dont l’incroyable succès tient entre autres à sa très grande plasticité1.

Plusieurs auteurs ont déjà exploré et analysé le rôle du projet dans l’urbanisme (par exemple : Tomas, 1995 ; Toussaint et Zimmermann, 1998 ; Scherrer, 2000 ; Novarina, 2003 ; Pinson, 2004 ; Hamman et Blanc, 2009 ; Pinson, 2009 ; Ascher, 2010 ; Claude, 2000 ; Ingallina, 2010 ; Hamman, 2011 ; Rode, 2017 ; Arab, 2018 ; Martouzet, 2018). Dans l’ouvrage de G. Pinson (2009) Gouverner la ville par le projet, dans lequel l’auteur se focalise sur deux ordres de transformation – « un ←19 | 20→changement dans la perception de la ville ; un changement dans les modes d’action qui participent à la fabrication des politiques urbaines » –, la gouvernance constitue l’un des paradigmes du projet en urbanisme.

À l’occasion du colloque des rencontres internationales en urbanisme de l’APERAU, organisé à l’Université de Lille en 2018, cinq questionnements ont été développés pour faire émerger et analyser les nouveaux paradigmes du projet en s’intéressant à la dimension territoriale du projet, à la production de nouvelles normes, aux pratiques d’apprentissage, au rôle de l’essor du numérique et enfin aux nouveaux enjeux du projet issus des impératifs de la durabilité (Deboudt et al., 2018).

Dans cet ouvrage, nous nous intéressons à ce dernier questionnement et nous proposons d’explorer trois nouveaux paradigmes articulés avec le développement durable des territoires et la ville durable : la transition, l’adaptation et la résilience ; ces trois paradigmes ont en effet contribué à renouveler les liens entre d’une part, l’aménagement, l’urbanisme et d’autre part, le projet, durant les 10 dernières années, dans le cadre de l’inscription des territoires et des villes dans une course à la durabilité (Andres et Bochet, 2010 ; Emelianoff, 2015 ; Hamman et al., 2017).

Cet ouvrage propose au fil de dix-sept chapitres d’identifier et d’analyser les nouveaux paradigmes du projet quand il est articulé avec des enjeux environnementaux, ceux de la ville durable et de l’aménagement durable des territoires (Theys et Emelianoff, 2001 ; Emelianoff, 2007). Le projet se trouve en effet bouleversé par de nouveaux impératifs écologiques, juridiques et sociaux invitant à la durabilité à l’échelle internationale, européenne (paquet Énergie Climat) et nationale (par exemple en France, les lois de programmation fixant les Orientations de la Politique Énergétique – POPE2, Grenelle 1 et 2 ou la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte). Leur traduction selon de nouveaux objectifs à atteindre ou de nouvelles normes ont des incidences sur les pratiques de l’aménagement et de l’urbanisme et sur la nature séquentielle du projet. Ainsi, le projet se trouve de plus en plus complexifié par l’évolution des problématiques urbaines et environnementales et par le besoin de répondre à l’articulation des enjeux globaux et locaux ou encore à des besoins de structuration et d’évaluation des démarches de projet.

La transition constitue le premier nouveau paradigme du projet analysé dans la première partie de l’ouvrage. La transition peut être écologique, sociale, environnementale, énergétique, socio-écologique, etc. (Perthuis, 2019 ; Chatterton et Cutler, 2013 ; Cottin-Marx, Flipo et Lagneau, 2013).←20 | 21→

La thématique des « transitions » (écologique, sociale, etc.) accompagne-t-elle la généralisation d’une inflexion du projet vers la préfiguration comme nouveau mode opératoire ? Le projet n’apparaîtrait-il pas comme une opportunité à saisir pour engager les villes et les territoires sur le chemin de la transition environnementale ?

L’adaptation représente le second nouveau paradigme du projet constituant le fil directeur de la seconde partie de l’ouvrage. À la différence de la première partie dans laquelle les transitions ont principalement concerné le fait urbain et les villes, l’adaptation est envisagée pour des territoires plus diversifiés. L’adaptation doit répondre aux enjeux du changement climatique et écologique, de la protection de la biodiversité et de l’environnement (Bertrand et Rocher, 2014 ; Van Gameren et al. ; Richard 2016 ; Desse et al., 2017). À l’image de la transition, quelles sont les nouvelles figures de l’action, quelles sont les méthodes qui s’imposent en parallèle du projet pour envisager l’adaptation des villes et des territoires aux enjeux environnementaux et au changement climatique ?

Enfin dans la troisième partie, la résilience représente le dernier paradigme mobilisé. Le projet peut contribuer à l’émergence d’un urbanisme résilient ou à un aménagement résilient quand il s’agit de prendre en compte les risques et les vulnérabilités dans le projet (Borraz, 2008 ; Toubin, et al ; 2012 ; Djament-Tran et Reghezza-Zitt, 2012 ; Mathevet et Bousquet, 2014).

La notion même de projet a-t-elle encore du sens ou n’est-elle plus qu’une fiction, lorsque dominent la vulnérabilité, l’inégalité, l’instabilité, l’incertitude ? Quels projets ou stratégies sont conçus et mis en œuvre dans les villes et les territoires pour assurer leur résilience ?

Transition ; Adaptation ; Résilience, ces trois notions ont été choisies pour identifier et analyser dans cet ouvrage au travers de multiples contextes géographiques, échelles de l’action, figures d’acteurs et temporalité de l’aménagement, les nouveaux paradigmes du projet.

La 1re partie de l’ouvrage rassemble six chapitres dont le fil directeur est constitué par la notion de transition socio-environnementale des villes, mise en œuvre à partir de projets. Cette transition est appréhendée principalement dans des espaces urbains de différentes dimensions, des États (le Cameroun), des métropoles (Paris, Montréal, Hanoi), des villes moyennes (Tours) et dans des contextes géographiques variés, en France, en Asie et en Afrique. Plusieurs paradigmes de la transition se retrouvent au fil des 6 chapitres et permettent d’identifier différentes ←21 | 22→dimensions de la transition et des projets mobilisés et analysés dans les chapitres : la ville durable, la ville intelligente, l’élaboration d’une utopie urbaine. Également dans ces chapitres, la gouvernance et la participation des acteurs, l’intégration des dimensions du développement urbain constituent un des leviers essentiels de la transition. Les chapitres insistent sur les limites et les obstacles dans le processus de la transition avec des décalages entre les objectifs portés dans les utopies urbaines et la réalité de leur production, notamment quand elle se combine avec un accroissement des inégalités socio-spatiales dans la ville.

Résumé des informations

Pages
450
ISBN (PDF)
9782807617735
ISBN (ePUB)
9782807617742
ISBN (MOBI)
9782807617759
ISBN (Broché)
9782807611115
Open Access
CC-BY-NC-ND
Langue
Français
Date de parution
2021 (Août)
Published
Bruxelles, Berlin, Bern, New York, Oxford, Warszawa, Wien, 2021. 450 p., 10 ill. en couleurs, 17 ill. n/b, 3 tabl.

Notes biographiques

Helga-Jane Scarwell (Éditeur de volume) Philippe Deboudt (Éditeur de volume)

Helga-Jane Scarwell est professeure d’aménagement et d’urbanisme à l’Université de Lille et membre du laboratoire Territoires, Villes, Environnement & Société. Ses recherches se focalisent sur le caractère multiforme des enjeux environnementaux sur le plan social, économique, éthique, politique, industriel, scientifique et technologique. Philippe Deboudt est professeur de géographie à l’Université de Lille et directeur du laboratoire Territoires, Villes, Environnement & Société. Ses recherches portent sur la géographie de l’environnement, les risques naturels, l’aménagement des littoraux, la gouvernance.

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