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La néologie par emprunt en français, en polonais et en tchèque : tendances actuelles

de Alicja Kacprzak (Éditeur de volume) Emmanuel Cartier (Éditeur de volume) Radka Mudrochová (Éditeur de volume)
©2023 Collections 266 Pages

Résumé

Ce volume collectif, fruit de travail d’un groupe international de recherche sur la néologie par emprunt dans diverses langues européennes (le français, l’italien, le polonais, le tchèque), se concentre autour de trois axes principaux :
- l’examen des questions théoriques relatives à la méthodologie de recensement et de traitement des innovations lexicales d’origine étrangère ;
- l’examen de différents modèles et patrons lexicaux empruntés, récurrents dans les langues prises en compte ;
- l’examen des domaines où l’emprunt est particulièrement présent ainsi que l’analyse des tendances auxquelles ce phénomène obéit dans les langues étudiées.
De nombreux éléments puisés à l’anglais circulent aujourd’hui dans différentes langues en remplissant le rôle de témoins de l’actualité qu’ils représentent.

Table des matières

  • Couverture
  • Titre
  • Copyright
  • À propos des directeurs de la publication
  • À propos du livre
  • Pour référencer cet eBook
  • Table des matières
  • Introduction
  • 1 Emprunt : méthodes de recherche, aménagement linguistique, catégorisations
  • La place des emprunts dans la politique d’aménagement des langues de spécialité en France (Etienne Quillot)
  • L’allogénisme : une matrice néologique transfrontalière (John Humbley)
  • 2 Paradigmes empruntés et questions d’adaptation : études de cas
  • L’ampleur des emprunts en -ing à l’anglais : une étude quantitative (Adam Renwick)
  • Les mots construits sur un emprunt en -ing en français et en polonais (Emmanuel Cartier / Alicja Kacprzak / Weronika Woźniak)
  • Le mot « porn » et ses collocations possibles : analyse contrastive dans les langues française, polonaise et tchèque (Aude Grezka / Jan Lazar / Andrzej Napieralski)
  • Paradigmes empruntés : le cas de crowd- (Anna Bobińska / Alena Podhorná-Polická / Jean-François Sablayrolles / John Humbley)
  • Pour lutter contre les « fake news » : le phénomène du « fact-checking », en français, polonais et tchèque (Christine Jacquet-Pfau / Alicja Kacprzak / Radka Mudrochová)
  • Croisement méthodologique et apports des enquêtes auprès des locuteurs pour les recherches sur l’émergence des néologismes empruntés : le cas du fractolexème binge en polonais, tchèque et français (Andrzej Napieralski / Alena Podhorná-Polická / Anne-Caroline Fiévet)
  • La néologie liée aux bases lexicales *t(o)urism* et *t(o)urist* en français, tchèque et italien : étude comparative (Radka Mudrochová / Giovanni Tallarico)
  • Les emprunts néologiques en bio- en français et en italien (Sarah Nora Pinto)
  • De la possibilité de l’adjonction de préfixes aux formes verbales empruntées (Joanna Cholewa)
  • 3 Emprunts : tendances et domaines
  • Quelques mots d’origine française en polonais contemporain revisités (Anna Bochnakowa)
  • Les emprunts récents à l’anglais parmi les néologismes du domaine de la nourriture et de la cuisine (Wanda Fijałkowska / Pola Małagocka)
  • Titres de la collection

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INTRODUCTION

Le présent volume s’inscrit dans le cadre des projets internationaux de coopération franco-polonaise Polonium1 et franco-tchèque Barrande2 regroupant des enseignants-chercheurs et des étudiants qui s’intéressent aux emprunts néologiques et de leurs équivalents en français, en polonais et en tchèque contemporains. Les participants du projet ont déjà publié plusieurs études communes dont le plus récemment un numéro thématique de la revue AUC Philologica3 (4/2020, éds. Emmanuel Cartier, Alicja Kacprzak et Radka Mudrochová), précédé par d’autres publications communes liées aux projets actuels ou antérieurs. À titre d’exemple, évoquons le volume de nature théorique présentant différents points de vue sur l’emprunt dans plusieurs milieux linguistiques : L’Emprunt en question(s). Études comparatives de leurs conceptions et réceptions qui a vu le jour en 2019 (éds. Alicja Kacprzak, Radka Mudrochová et Jean-François Sablayrolles, publié dans la collection « La Lexicothèque », dirigée par Christine Jacquet Pfau, Limoges, Éditions Lambert-Lucas, 200 p.). En revanche, le volume Emprunts néologiques et équivalents autochtones en français, en polonais et en tchèque, publié en 2016 (éds. Zuzana Hildenbrand, Alicja Kacprzak et Jean-François Sablayrolles, Limoges, Éditions Lambert-Lucas, dans la coll. « La Lexicothèque », 280 p.) renvoie aux projets PICS (2015–2017) et Barrande (2015–2017) regroupant les membres du groupe recherche EmpNéo créé par Jean-François Sablayrolles.

Puisque les membres des projets communs cités supra ne constituent pas des groupes homogènes, fermés au monde extérieur des chercheures du même domaine d’intérêt, le collectif est souvent élargi à des contributeurs « extérieurs ». Dans le cas du présent volume, la liste des auteurs des contributions se réfère au colloque intitulé « Les emprunts néologiques en français, en polonais et en ←7 | 8→tchèque contemporains. Études de cas, méthodologies et approches théoriques » qui s’est tenu à Paris entre les 9 et 11 décembre 2021.

Les articles sont regroupés en trois parties :

1.Emprunts : méthodes de recherche, aménagement linguistique, catégorisations

2.Paradigmes empruntés et questions d’adaptation : études de cas

3.Emprunts : tendances et domaines.

La première partie du volume intitulée « Emprunt : méthodes de recherche, aménagement linguistique, catégorisations » comporte deux contributions dans lesquelles les auteurs abordent des questions théoriques relatives à la méthodologie de recensement et de traitement des innovations lexicales d’origine étrangère.

L’article d’Etienne Quillot intitulé « La place des emprunts dans la politique d’aménagement des langues de spécialité en France » porte sur la politique actuelle d’aménagement des langues de spécialité en France, qui a pris naissance dans les années 1960. L’auteur présente brièvement la genèse des institutions menant une politique linguistique en faveur du français et souligne que des termes nouveaux s’installant dans cette langue proviennent principalement de l’anglais, ce qui constitue d’ailleurs une tendance mondiale. Le dispositif interministériel d’enrichissement de la langue française vise d’un côté à freiner l’implantation trop massive d’emprunts, et d’un autre côté, afin d’équiper le vocabulaire des domaines scientifiques et techniques, à intégrer un certain nombre d’entre eux. Le rôle des experts pour les termes scientifiques et techniques est crucial alors que les emprunts relevant de la langue commune ne sont pas soumis au même type de traitement.

John Humbley, dans sa contribution intitulée « L’allogénisme : une matrice néologique transfrontalière », aborde ce phénomène en proposant une définition exacte qui est ensuite illustrée par un exemple particulier, celui de la lexie crowdbutchering. L’auteur suit de près l’histoire récente de sa création, probablement en Belgique néerlandophone, de sa diffusion et de son implantation par la suite dans plusieurs langues européennes, en appuyant sa recherche sur des corpus contemporains plurilingues, tels que Néoveille, Sketch Engine, JSI Timestamped 2014–2021.

La seconde partie de l’ouvrage, « Paradigmes empruntés et questions d’adaptation : études de cas », comporte neuf contributions ayant en commun de se concentrer sur différents modèles lexicaux empruntés récurrents dans les langues analysées. En effet, le succès de plusieurs éléments , empruntés surtout ←8 | 9→à l’anglais, reflète une fois de plus leur rôle de témoins de l’actualité qu’ils représentent.

Cette partie s’ouvre avec l’étude « L’emploi réel des emprunts en -ing en français » présentée par Adam Renwick, qui souligne une présence importante d’emprunts terminés par ce suffixe, mais paradoxalement aussi le peu d’études concernant leurs emplois. Sur la base d’un corpus journalistique en diachronie longue, l’auteur constate un essor constant considérable de ces formes depuis les années 1980. Plusieurs causes de leur prolifération sont identifiées par l’auteur, notamment l’emploi plus soutenu de certains emprunts en -ing, ainsi que la croissance du nombre de verbes utilisés comme bases de cette formation.

La recherche sur le morphème -ing se poursuit dans l’article d’Emmanuel Cartier, Alicja Kacprzak et Weronika Woźniak, abordée cette fois-ci d’un point de vue contrastif sous le titre « Les mots construits sur un emprunt en -ing en français et en polonais ». Il est question des lexies telles que équicoaching ou neurolearning, collectées grâce à la plateforme Sketch Engine, parmi lesquelles ont été repérés les items présentant une productivité morphosémantique remarquable dans les deux langues prises en considération. L’analyse plus détaillée des unités construites sur coaching et learning rend compte des parties de discours et des modèles lexicogéniques mis en œuvre dans leur création. La mise en contraste des résultats obtenus pour les deux langues montre moins de points communs que de divergences quant à la présence et au fonctionnement des mots construits sur le noyau coaching et learning. Il est à noter qu’un petit nombre seulement de lexèmes est commun aux deux langues ; une différence importante concerne aussi les procédés lexicogéniques exploités par les deux langues avec une prédominance des composés syntagmatiques en français et des dérivés suffixés en polonais.

Un point de vue contrastif constitue aussi la base de l’étude intitulée « Le mot porn et ses collocations possibles : analyse contrastive dans les langues française, polonaise et tchèque » que les auteurs, Aude Grezka, Jan Lazar et Andrzej Napieralski, analysent dans les médias. Il s’avère que dans les composés néologiques le morphème porn semble subir une évolution de sens en devenant plutôt une sorte d’indicateur de référence visuelle pour le nom de l’objet qui le complète.

De même, Anna Bobińska, Alena Podhorná-Polická, Jean-François Sablayrolles et John Humbley, dans l’article « Paradigmes empruntés : le cas de crowd- », examinent dans trois langues, en français, en polonais et en tchèque, l’emprunt en question. Il en ressort que trois modèles associés à crowdpleaser, à crowdsurfing et à crowdsourcing / crowdfunding prennent le pas sur tous les ←9 | 10→autres composés avec crowd-, qui sont très nombreux, mais avec des fréquences très faibles.

« Pour lutter contre les fake news : le phénomène du fact-checking, en français, polonais et tchèque » est le titre de la contribution de Christine Jacquet-Pfau, Alicja Kacprzak et Radka Mudrochová. Les auteures se focalisent sur le lexique lié à l’opposition aux fausses nouvelles, en particulier fact-checking mais aussi d’autres lexies, dans les trois langues analysées. Ces anglicismes subissent des adaptations morphologiques, plus rares en français mais fréquentes en polonais et en tchèque où elles se manifestent par de nombreuses dérivations suffixales, nominales, verbales ou adjectivales. Sont également examinés les équivalents proposés spontanément par les locuteurs, ainsi que, pour le français, par le dispositif officiel d’enrichissement de la langue.

C’est au fractolexème binge qu’est consacré l’article « Croisement méthodologique et apports des enquêtes auprès des locuteurs pour les recherches sur l’émergence des néologismes empruntés : le cas du fractolexème binge en polonais, tchèque et français ». Les auteurs, Alena Podhorná-Polická, Anne-Caroline Fiévet et Andrzej Napieralski, proposent de croiser les méthodes de recensement des données par l’exploitation de corpus disponibles avec des questionnaires auprès d’étudiants et de divers locuteurs d’âges différents, afin de circonscrire la circulation des emprunts contenant l’élément en question. La méthode par questionnaires s’avère complémentaire par rapport à celle qui s’appuie sur les corpus web, car elle permet de répondre également à certaines questions d’ordre sociolinguistique.

Radka Mudrochová et Giovanni Tallarico mettent à leur tour en contraste, selon un point de vue quantitatif et qualitatif, le vocabulaire touristique construit sur les bases t(o)urism et t(o)urist. Leur article « La néologie liée aux bases lexicales *t(o)urism* et *t(o)urist* en français, tchèque et italien : étude comparative », analysant des corpus comparables (Timestamped JSI 2014–2021), montre la productivité des éléments analysés et étudie les innovations lexicales les plus récentes. Au sein du domaine du tourisme, qui constitue un champ de créations néologiques particulièrement riche dans les langues étudiées, ils distinguent des différences à plusieurs niveaux mais aussi des points communs (c’est la composition qui prédomine dans les trois langues).

La contribution suivante, « Les emprunts néologiques en bio- en français et en italien », présentée par Sarah Pinto, constitue une autre étude outillée sur corpus. L’auteure confirme la grande productivité du formant bio- en italien et en français. Un grand nombre des unités formées sur le schéma [bio +base lexicale] sont des emprunts à l’anglais plus ou moins récents. Cette analyse ←10 | 11→effectuée du point de vue morphologique et sémantique, compte tenu de la date d’apparition, du domaine et de la fréquence, met en évidence le caractère international de plusieurs lexèmes construits empruntés par les deux langues.

Le dernier article dans cette partie du volume porte sur les spécificités morphologiques des mots construits sur la base d’emprunts. En se servant de l’exemple de la langue polonaise, Joanna Cholewa, dans la contribution « De la possibilité de l’adjonction de préfixes aux formes verbales empruntées », souligne l’effet d’adaptation de ces formes grâce à la préfixation. En effet, les emprunts verbaux à l’anglais puisent dans un riche réservoir de préfixes polonais, en s’appropriant les nuances de sens que ceux-ci véhiculent. L’auteure se propose de voir si la création des formes préfixales à partir de bases empruntées obéit toujours aux règles sémantiques imposées par le système de la langue cible.

La troisième partie du volume, intitulée « Emprunts : tendances et domaines », se compose de deux contributions qui ont en commun de présenter l’emprunt comme objet de recherches moins spécifiques, se concentrant sur des tendances auxquelles obéit l’emprunt et des domaines où ce phénomène est plus particulièrement présent.

Ainsi Anna Bochnakowa, dans l’article « Quelques mots d’origine française en polonais contemporain revisités », porte son attention sur les emprunts français en polonais, collectés dans une base de néologismes du site de l’Observatoire linguistique de l’Université de Varsovie à partir de 2014. Il s’avère que plusieurs mots nouveaux d’origine française fonctionnent toujours en polonais contemporain, même si leur afflux est nettement moins important que celui d’emprunts à l’anglais.

La contribution de Wanda Fijałkowska « Les emprunts récents à l’anglais parmi les néologismes du domaine de la nourriture et de la cuisine » clôt le volume. L’auteure, qui a basé sa recherche sur un corpus d’exemples recensés dans Néoveille et dans Internet, distingue différents groupes d’emprunts en prenant comme critère leur adaptation à la langue emprunteuse. Les lexies collectées confirment, une fois de plus, d’un côté, la mondialisation des habitudes relatives à la nourriture et, d’un autre côté, la tendance ludique du lexique culinaire.

Alicja Kacprzak, Radka Mudrochová4, Emmanuel Cartier

Résumé des informations

Pages
266
Année
2023
ISBN (PDF)
9783631894521
ISBN (ePUB)
9783631894538
ISBN (Relié)
9783631871973
DOI
10.3726/b20462
Langue
français
Date de parution
2023 (Mars)
Published
Berlin, Bern, Bruxelles, New York, Oxford, Warszawa, Wien, 2023. 266 p., 34 ill. en couleurs, 2 ill. n/b, 22 tabl.

Notes biographiques

Alicja Kacprzak (Éditeur de volume) Emmanuel Cartier (Éditeur de volume) Radka Mudrochová (Éditeur de volume)

Emmanuel Cartier est maître de conférence HDR en sciences du langage à l’UFR LLSHS de Paris 13 Sorbonne Paris Cité. Il a coordonné les projets Néoveille et Néonaute. Ses intérêts de recherche portent tout particulièrement sur la détection automatique et le suivi des néologismes en corpus. Alicja Kacprzak est professeur de linguistique et dirige le département de linguistique romane à l’Institut d’Études romanes de l’Université de Łódź. Ses recherches récentes en lexicologie portent essentiellement sur la néologie de l’adjectif et du verbe. Radka Mudrochová est maître de conférences en linguistique française à l’Institut d’Études romanes de l’Université Charles de Prague. Ses intérêts de recherche et ses publications portent sur la lexicologie contrastive du français et du tchèque, la linguistique variationnelle et la néologie.

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