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Imaginaires et représentations littéraires de la mobilité

Adina Balint

Qu’est-ce que la littérature contemporaine d’expression française (Canada et France) peut nous apprendre de l’expérience de la mobilité comme parcours créateur orienté vers le transculturel?

Inspirée par les théories du mobility turn de John Urry et par la notion de nomadisme de Rosi Braidotti et de Gilles Deleuze et Félix Guattari, Adina Balint réfléchit aux rapports entre les frontières identitaires, spatiales et poétiques qui produisent de nouvelles figures d’appartenance. Cet ouvrage dont la réflexion se situe à la croisée des études littéraires, des études comparatistes et transculturelles explore des similitudes et différences entre les modes de représentation de la mobilité (géographique, des individus, des imaginaires) et la mise en tension entre le sujet littéraire, le territoire et la communauté chez Anaïs Barbeau-Lavalette, Simone Chaput, Sergio Kokis, Catherine Mavrikakis, Régine Robin, Maylis de Kerangal, J.M.G. Le Clézio et Andreï Makine. Il en ressort que la mobilité n’est pas une action achevée mais un processus inachevé/inachevable porteur d’une influence directe sur le devenir du personnage-narrateur/narratrice et de sa créativité.

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Conclusion

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« La question est maintenant : un ou plusieurs ? »

(Le Clézio, Le Livre des fuites 151)

Les littératures française, québécoise et francophones du Manitoba répondent, d’un point de vue singulier et pertinent, aux questions sur l’expérience plurivalente de la mobilité en lien avec le potentiel de créativité et de devenir des individus et des communautés : « […] je poursuivais et j’enjolivais l’histoire de mon roman familial. J’inventais sans discontinuer » (Robin, Un Roman d’Allemagne 16). Ces mots de Régine Robin, placées en exergue de l’ouvrage, traduisent plus que tout ce besoin de créativité et la nécessité, pour les écrivains étudiés dans cet ouvrage, d’inventer des univers imaginaires et de transformer leur appartenance au territoire référentiel, symbolique et scriptural. Cette appartenance s’épanouit dans le désir d’inscrire une présence forte et affirmée, entre le vécu et la mise en fiction, entre le régional ←191 | 192→et le global, l’historique et le poétique, le singulier et le pluriel. Elle sous-tend aussi une relation problématique avec les instances de pouvoir (familial ou social) qui dévoile paradoxalement que les tensions ne viennent pas toujours de l’extérieur, mais se tissent parfois à l’intérieur même du sujet, et par extension, plus largement, au sein des communautés. Ces frictions sont historiques (l’héritage de la Seconde Guerre mondiale), sociales (des riches et des pauvres, des privilégiés et des marginaux)...

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