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André Malraux et l’art

Une révolution intellectuelle

Derek Allan

Cette étude présente une explication systématique des éléments clés de la théorie de l’art d’André Malraux. Se basant sur des œuvres telles que Les Voix du silence, Le Surnaturel, L’Irréel et L’Intemporel, elle aborde des sujets cruciaux comme la nature de la création artistique, la psychologie de notre réaction à l’art, la naissance de la notion d’« art » et sa transformation après Manet, la naissance et la mort de l’idée de beauté, la question cruellement négligée de la relation entre l’art et le passage du temps, l’émergence de notre « premier monde de l’art universel », le rôle contemporain du musée d’art et du Musée Imaginaire, et la question épineuse du lien entre l’art et l’histoire.

Contrairement aux critiques négatives parfois émises contre la pensée de Malraux, l’étude soutient qu’il nous offre une théorie de l’art mûrement réfléchie, entièrement cohérente et très éclairante. De surcroît, et malgré des allégations occasionnelles que la pensée de Malraux manque d’originalité, cette analyse montre que sa théorie de l’art est hautement originale et constitue un défi radical aux explications traditionnelles de l’art issues des Lumières qui ont dominé la pensée occidentale pendant quelque trois cents ans. En bref, l’étude dévoile une façon de comprendre la nature de l’art qui n’est rien de moins qu’une révolution intellectuelle.

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Introduction

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En 1973, trois ans avant sa mort, Malraux confiait à un ami : « Mes livres sur l’art restent de loin les plus mal compris1. » Malraux était sans doute déçu de cette situation, mais il ne semble pas s’être laissé décourager. Il a abondamment écrit sur l’art, deux de ses ouvrages majeurs publiés aussi tard que 1974 et 1976, et un autre, L’Homme précaire et la littérature, à titre posthume en 1977. En tout, les travaux de Malraux dans ce domaine couvrent près de trois décennies de sa vie, commençant en 1949 avec le premier volume de La Psychologie de l’art (plus tard révisé et intitulé Les Voix du silence)2. Ajoutées à de nombreux fragments de circonstance comme des préfaces, entretiens, émissions télévisées et discours (souvent en lien avec ses obligations de ministre des Affaires culturelles), les œuvres de Malraux sur l’art constituent une production littéraire au moins aussi volumineuse que ses six romans.

Pourquoi ces œuvres ont-elles été si souvent mal comprises ? Répondre à cette question est l’un des principaux objectifs de la présente étude, qui propose une explication détaillée de la théorie de l’art de Malraux, examine un éventail de réactions critiques et identifie un ensemble d’interprétations erronées, souvent avancées par des personnages bien connus tels que Maurice Blanchot, Maurice Merleau-Ponty, Jean-François Lyotard, Pierre Bourdieu, Hans Belting, Georges Didi-Huberman et E. H. Gombrich. Les erreurs...

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