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André Malraux et l’art

Une révolution intellectuelle

Derek Allan

Cette étude présente une explication systématique des éléments clés de la théorie de l’art d’André Malraux. Se basant sur des œuvres telles que Les Voix du silence, Le Surnaturel, L’Irréel et L’Intemporel, elle aborde des sujets cruciaux comme la nature de la création artistique, la psychologie de notre réaction à l’art, la naissance de la notion d’« art » et sa transformation après Manet, la naissance et la mort de l’idée de beauté, la question cruellement négligée de la relation entre l’art et le passage du temps, l’émergence de notre « premier monde de l’art universel », le rôle contemporain du musée d’art et du Musée Imaginaire, et la question épineuse du lien entre l’art et l’histoire.

Contrairement aux critiques négatives parfois émises contre la pensée de Malraux, l’étude soutient qu’il nous offre une théorie de l’art mûrement réfléchie, entièrement cohérente et très éclairante. De surcroît, et malgré des allégations occasionnelles que la pensée de Malraux manque d’originalité, cette analyse montre que sa théorie de l’art est hautement originale et constitue un défi radical aux explications traditionnelles de l’art issues des Lumières qui ont dominé la pensée occidentale pendant quelque trois cents ans. En bref, l’étude dévoile une façon de comprendre la nature de l’art qui n’est rien de moins qu’une révolution intellectuelle.

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Chapitre 4: L’art et l’Occident

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Nous allons examiner dans ce chapitre des aspects de la théorie de l’art de Malraux qui sont étroitement liés à l’histoire de l’art, et à l’histoire plus généralement. Il convient cependant, avant d’aborder ce sujet, de clarifier une question générale qui se pose dans ce contexte. Comme nous l’avons déjà évoqué, les commentateurs ont parfois décrit Malraux comme un historien de l’art, et bien que ce titre (qu’il refusait explicitement) soit tout à fait erroné, peut-être pouvons-nous comprendre ce qui peut mener un lecteur superficiel à une telle conclusion. L’esthétique moderne, à la fois analytique et continentale, est en règle générale une affaire assez abstraite qui évite tout contact soutenu avec les détails concrets du monde de l’art, une tâche qu’elle assigne habituellement à l’histoire de l’art1. En revanche, les livres de Malraux sur l’art traitent fréquemment d’évènements spécifiques de l’histoire de l’art et son champ d’étude couvre plusieurs millénaires (même plus si l’on inclut ses commentaires sur l’art préhistorique), se terminant dans la seconde moitié du vingtième siècle (Malraux étant décédé en 1976). Pourquoi ? Pourquoi ne se limite-t-il pas à l’approche assez abstraite typique des auteurs d’esthétique et de philosophie de l’art, se contentant, comme eux, de fournir un exemple précis de temps à autre ? En outre, pourquoi ses livres sur l’art couvrent-ils une si longue période ? La plupart des philosophes de l’art aujourd’hui se concentrent essentiellement...

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