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André Malraux et l’art

Une révolution intellectuelle

Derek Allan

Cette étude présente une explication systématique des éléments clés de la théorie de l’art d’André Malraux. Se basant sur des œuvres telles que Les Voix du silence, Le Surnaturel, L’Irréel et L’Intemporel, elle aborde des sujets cruciaux comme la nature de la création artistique, la psychologie de notre réaction à l’art, la naissance de la notion d’« art » et sa transformation après Manet, la naissance et la mort de l’idée de beauté, la question cruellement négligée de la relation entre l’art et le passage du temps, l’émergence de notre « premier monde de l’art universel », le rôle contemporain du musée d’art et du Musée Imaginaire, et la question épineuse du lien entre l’art et l’histoire.

Contrairement aux critiques négatives parfois émises contre la pensée de Malraux, l’étude soutient qu’il nous offre une théorie de l’art mûrement réfléchie, entièrement cohérente et très éclairante. De surcroît, et malgré des allégations occasionnelles que la pensée de Malraux manque d’originalité, cette analyse montre que sa théorie de l’art est hautement originale et constitue un défi radical aux explications traditionnelles de l’art issues des Lumières qui ont dominé la pensée occidentale pendant quelque trois cents ans. En bref, l’étude dévoile une façon de comprendre la nature de l’art qui n’est rien de moins qu’une révolution intellectuelle.

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Chapitre 6: Le premier monde de l’art universel

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Faire observer que la Renaissance s’est accompagnée d’un renouveau des œuvres de l’Antiquité gréco-romaine n’est guère plus qu’un lieu commun. Comme nous l’avons vu, l’explication qu’offre Malraux de cet évènement diffère nettement des exposés traditionnels, mais le simple constat qu’à partir du quatorzième siècle, l’Europe a manifesté un intérêt et une admiration grandissants pour les œuvres de la Grèce et de Rome, et que ces œuvres ont été progressivement intégrées au monde de l’« art » dans l’acception que commençait à prendre ce terme, est une chose que les histoires de l’art occidental ont longtemps jugée avérée et incontestée. Cependant, suggérer qu’un évènement du même genre, bien que d’une portée bien supérieure, s’est produit à notre époque, au cours du siècle dernier, n’est absolument pas un lieu commun. Les historiens de l’art, et dans une moindre mesure les philosophes de l’art, reconnaissent évidemment que la catégorie « art » englobe aujourd’hui bien plus que l’art occidental à partir de la Renaissance et les œuvres gréco-romaines, et que notre moderne de l’art comprend des œuvres issues de cultures aussi variées que l’Inde hindoue, le Japon, l’Afrique précoloniale, Byzance, et les premières civilisations mésopotamiennes. Cependant, l’évènement lui-même–le fait que le domaine de l’art ait connu une vaste et relativement soudaine expansion à partir du début du vingtième siècle, et pourquoi cela s’est...

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