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André Malraux et l’art

Une révolution intellectuelle

Derek Allan

Cette étude présente une explication systématique des éléments clés de la théorie de l’art d’André Malraux. Se basant sur des œuvres telles que Les Voix du silence, Le Surnaturel, L’Irréel et L’Intemporel, elle aborde des sujets cruciaux comme la nature de la création artistique, la psychologie de notre réaction à l’art, la naissance de la notion d’« art » et sa transformation après Manet, la naissance et la mort de l’idée de beauté, la question cruellement négligée de la relation entre l’art et le passage du temps, l’émergence de notre « premier monde de l’art universel », le rôle contemporain du musée d’art et du Musée Imaginaire, et la question épineuse du lien entre l’art et l’histoire.

Contrairement aux critiques négatives parfois émises contre la pensée de Malraux, l’étude soutient qu’il nous offre une théorie de l’art mûrement réfléchie, entièrement cohérente et très éclairante. De surcroît, et malgré des allégations occasionnelles que la pensée de Malraux manque d’originalité, cette analyse montre que sa théorie de l’art est hautement originale et constitue un défi radical aux explications traditionnelles de l’art issues des Lumières qui ont dominé la pensée occidentale pendant quelque trois cents ans. En bref, l’étude dévoile une façon de comprendre la nature de l’art qui n’est rien de moins qu’une révolution intellectuelle.

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Chapitre 9: Conclusion–une révolution intellectuelle

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L’Introduction à cette étude citait le commentaire de Malraux à un ami en 1973 : « Mes livres sur l’art restent de loin les plus mal compris. » Nous avons identifié au fil de notre analyse un ensemble de mécompréhensions, dont beaucoup sont graves et liées à des aspects essentiels de sa pensée. Pourquoi une telle chose s’est-elle produite ? Selon l’étude que nous avons ici menée, l’une des raisons a été la tendance de certains critiques à lire Malraux distraitement, un problème sur lequel André Brincourt a attiré l’attention dès 1986 quand, exprimant son admiration pour Les Voix du silence, il écrivit que « ce livre vedette a été beaucoup feuilleté mais très peu lu1. » Comme nous l’avons vu, cette situation a eu pour conséquence des exposés confus des idées de Malraux, et une tendance marquée à lui attribuer des points de vue qui lui sont étrangers, un problème aggravé par l’attitude curieusement hostile parfois manifestée par les critiques qui expriment ces opinions.

Cependant, comme nous l’avons constaté dans l’Introduction, la négligence ne semble pas être la seule raison de ces interprétations erronées. Un autre facteur, moins évident, est une apparente réticence à reconnaitre que Malraux a développé une théorie de l’art tout à fait révolutionnaire qui abandonne les structures traditionnelles de pensée et adopte une approche entièrement nouvelle. Vues sous cet angle, les méprises et l’hostilité sont un peu plus faciles à expliquer. Incapables,...

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