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L’ombre de l’arbre ou l’errance du rhizome

Études d’œuvres de Simone Schwarz-Bart, de Xavier Orville et de Maryse Condé

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Thierry T. Gustave

Avec sa place majestueuse dans la nature et avec sa structure racinaire, arborescente et généalogique, l’arbre possède traditionnellement une symbolique importante dans le paysage identitaire. Lorsque la symbolique de l’arbre est dépossédée de ses caractéristiques et que sa structure et sa force sont menacées, elle révèle une vision tourmentée du paysage identitaire. Au niveau de son système racinaire, la symbolique de l’arbre est limitée, déstabilisée, voire déracinée de sa force, et la symbolique du rhizome offre une autre façon d’appréhender la structure généalogique. Pour dévoiler les aspects de la colonisation, Thierry T. Gustave explore la symbolique de l’arbre et celle du rhizome dans les œuvres littéraires de la Martinique et de la Guadeloupe. Son ouvrage analyse plus particulièrement la flore antillaise comme métaphore et représentation du paysage identitaire dans luie et vent sur Télumée Miracle de Simone Schwarz-Bart, Délice et le fromager de Xavier Orville, et Pays mêlé de Maryse Condé.

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Chapitre I. Le spectre du paysage tourmenté dans Pluie et Vent sur Télumée miracle 31

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Chapitre I Le spectre du paysage tourmenté dans Pluie et Vent sur Télumée miracle Dans Pluie et Vent sur Télumée miracle de Simone Schwarz-Bart (1972), la narratrice, Télumée, est une vieille femme qui raconte sa vie à la première personne. Dès le début du roman, Télumée introduit son lecteur à un monde où le paysage sera intrinsèquement lié aux sentiments et à l’identification des personnages : « Le pays dépend bien souvent du cœur de l’homme : il est minuscule si le cœur est petit, et immense si le cœur est grand » (11). Lorsque Télumée commence son histoire, elle relie le pays au corps, au cycle de la vie, au passé et à la culture difficile de son pays. En utilisant la première personne, la narratrice s’identifie au pays et plus spécifiquement à la « Guadeloupe » (11). Ici, la Guadeloupe se résume par des aspects négatifs, car elle est une « île à volcan » (11) avec ses nuisances naturelles causées par les « cyclones » (11), les « moustiques » (11) et avec des nuisances causées par les « mauvaises mentalités » (11). Pour mieux marquer l’influence du pays sur l’être humain, Télumée le réduit à son niveau. Au lieu de le critiquer, elle affirme : « je préfère rêver, encore et encore, debout au milieu de mon jardin, comme le font toutes les vieilles de mon âge, jusqu’à ce que la mort me prenne dans mon r...

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