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Writing the Great War / Comment écrire la Grande Guerre?

Francophone and Anglophone Poetics / Poétiques francophones et anglophones

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Nicolas Bianchi and Toby Garfitt

For France the First World War, or Great War, was a war of national self-defence, but for Britain it was not. Does that mean that French literary treatments of this unimaginably destructive war were very different from British ones? Not necessarily – but much can be learned from considering both traditions side by side, something that is rarely done.

The essays collected in this bilingual volume, by a range of scholars working on literature and history on both sides of the Channel, show that while the wider purposes of the war are striking for their absence in both French and British traditions, there are many common strands: realistic narratives of the trenches, humour as a safety-valve, imagination and creativity. Yet there are differences, too: for instance, there is plenty of French poetry about the war, but no real equivalent of the British «war poets». The volume looks at iconic figures like Owen, Brooke, Barbusse, Apollinaire and Proust, but also at a number of lesser known writers, and includes a study of «poetry of colour», recognising the active contribution of some four million non-Europeans to the war effort. The book includes a preface by the eminent war historian Sir Hew Strachan.

Engagée dans une guerre défensive sur ses frontières, la France connut une Grande Guerre bien différente de celle avec laquelle composèrent ses alliés britanniques. Faut-il en conclure que les deux nations furent amenées à produire des réponses au conflit radicalement différentes? Peut-on dégager des traditions nationales ou des tendances transnationales ouvrant la voie à des comparaisons encore rarement esquissées par la critique littéraire? C’est le pari des contributions de ce volume bilingue, réunissant autour de la question: «comment écrire la Grande Guerre?», les articles de spécialistes francophones et anglophones des domaines historique et littéraire. Il montre la variété des thématiques partagées par les deux traditions littéraires: récits réalistes des tranchées, usage de l’humour comme d’un exutoire salutaire, imagination et créativité; et souligne la présence de différences notables, comme l’absence de mythification en France de la poésie de 14, pourtant elle-aussi produite en masse tout au long de la guerre. L’ouvrage, tout en donnant une place de choix aux écrivains de premier ordre (Owen, Brooke, Barbusse, Apollinaire ou Proust), tente d’offrir quelque visibilité à un certain nombre d’auteurs moins connus, au nombre desquels des auteurs de couleur, à qui leur contribution à l’effort de guerre n’aura pas valu la reconnaissance littéraire attendue. La préface a été rédigée par Sir Hew Strachan, grand spécialiste de l’histoire de la période.

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Part V: Representation of male characters Écrire l’homme dans la Grande Guerre

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Part V Representation of male characters Écrire l’homme dans la Grande Guerre Nicolas Bianchi 13 Loustics, balourds et picaros: regards sur le personnage comique romanesque de 14–18 – Ils te diront, grogna un homme à genoux, penché, les deux mains dans la terre, en secouant les épaules comme un dogue: ‘Mon ami, t’as été un héros admirable!’ J’veux pas qu’on m’dise ça!’ Des héros, des espèces de gens extraordinaires, des idoles? Allons donc! On a été des bourreaux. On a fait honnêtement le métier de bourreaux. […] de durs et infatigables bourreaux, voilà ce qu’on a été. Mais qu’on ne me parle pas de la vertu militaire parce que j’ai tué des Allemands.1 Ces quelques lignes de Barbusse, à l’orée du très politique dernier chapitre du Feu,2 invitent à dresser un constat sans appel: parmi les mythes littéraires les plus profondément érodés par le déroulement de la Grande Guerre se trouve en bonne place celui du héros militaire classique, d’un homme fait pour la guerre et s’accomplissant en elle, individu disproportionné cristal- lisant sur sa personne une capacité d’action et un courage éternellement vierges de toute altération. La durée de la guerre, sa violence, la mobilisa- tion massive de civils, mais aussi et surtout la généralisation d’une artillerie 1 Henri Barbusse, Le Feu. Journal d’une escouade (Paris: Flammarion, 1965 [1916]), 433. 2 Sur la question, nous nous permettons de renvoyer à Philippe Baudorre, ‘“Les gros mots...

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