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À la recherche de l’homme nouveau

Alberto Savinio et les avant-gardes à Paris 1911–1937

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Rossella Maria Bondi

Cette étude innovante retrace le parcours de l’écrivain, musicien, dramaturge et peintre italien Alberto Savinio afin d’évaluer sa place dans l’avant-garde parisienne. Elle examine l’apport littéraire et la pratique de l’art moderne du frère de Giorgio de Chirico, cet autre Italien adopté par la capitale française. Cette étude couvre de manière exhaustive l’oeuvre de Savinio durant la période 1911–1937, année de publication de son roman autobiographique Tragedia dell’infanzia. Elle replace ainsi l’artiste italien au coeur de l’avant-garde et du modernisme, le situant dans une lignée qui va d’Apollinaire à Marinetti et Breton, entre autres.

L’auteur démontre que Savinio, artiste pluridisciplinaire, a participé activement à la révolution artistique et à la recherche de « l’homme nouveau » qui ont préoccupé les avant-gardes du début du XXe siècle. Elle éclaire ainsi de façon originale une dimension peu connue de la contribution italienne à l’élaboration des idées et des pratiques d’avant-garde à Paris dans la première moitié du dernier siècle.

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Chapitre 3 Le mannequin : une vision de l’homme moderne

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Au début du XXe siècle, la crise de la sensibilité traditionnelle, notamment du symbolisme, qui doit se confronter à la nouvelle réalité du monde extérieur donne naissance au projet de l’homme sans visage.1 Ce projet vient, comme l’affirme Philippe Renaud, du « sentiment qui se forme vers 1910 […] que le monde extérieur, loin de correspondre à la vie intérieure de l’homme, devient impénétrable à l’intuition ».2 Parmi les différentes causes de cette profonde transformation, la multiplication des machines, ces « filles nées sans mères », et « leur rôle grandissant »3 sont les signes d’une dichotomie entre l’homme encore imprégné de sentiments et l’être purement extérieur, représenté par les machines, symboles de l’époque nouvelle. Ces premiers signes aboutissent dans l’avant-garde internationale au personnage emblématique qui incarne la sensibilité contemporaine : le mannequin. Le mannequin a donc inspiré, par son iconographie et sa qualité plastique, de nombreux domaines de la littérature et de l’art. André Breton évoque dans son premier Manifeste du Surréalisme en 1924, un « mannequin moderne ou tout autre symbole propre à remuer la sensibilité humaine durant un temps »4 où « se peint toujours l’irrémédiable inquiétude humaine ».5 Un an plus tard, dans le texte publié dans le numéro 4 de La Révolution surréaliste le 15 juillet 1925, il déclare :

Le mystère est à sa porte, angoissant au possible, cependant qu’il vaque à des affaires dérisoires, qu’il...

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