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L'autrefois et l'ailleurs

Poétique de la rupture dans l'oeuvre littéraire de Colum McCann

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Cécile Maudet

C’est la qualité transculturelle, atemporelle et transgénérique des textes de Colum McCann qui intéresse cet ouvrage. L’auteur n’ancre complètement son oeuvre dans aucune tradition, aucun courant ou mode défini, et propose des textes récalcitrants à toute tentative de classification. En invitant régulièrement le symbole dans un univers vraisemblable, McCann ébranle parfois le réalisme de ses textes. De plus, en logeant dans son oeuvre celles et ceux qui ne trouvent pas leur place au centre du tourbillon de l’ère qui est la nôtre, il prend le contrepied du discours historiographique dominant. Ainsi, la notion de rupture apparaît comme une clé de lecture, et son étude permet de comprendre qu’au plan métatextuel, elle inclut plus aisément les lecteurs au sein même des textes, lesquels représentent des espaces d’accueil, de véritables forces centripètes qui les ramènent au coeur de l’expérience littéraire. Cet ouvrage ne s’intéresse donc pas seulement à la création et à la constitution des textes, mais également à leur réception. Ils pourraient être perçus comme autant de synapses assurant la transmission de l’expérience, qui constituent des outils permettant aux lecteurs de repenser leur être-au-monde, notamment à travers l’expérience de l’empathie.

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Chapitre 9 Vocation universelle de la prose

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Chapitre 9

Vocation universelle de la prose

Maybe part of what I am trying to say,

although I am not fully conscious of it,

is that our story is everywhere.

– Colum McCann, « Birnbaum vs. Colum McCann », mai 2007

Dans les textes de McCann, le réalisme côtoie le symbole, de sorte que la crédibilité des intrigues est parfois remise en question. Il semble que cette cohabitation serve trois desseins. D’abord, elle permet à l’écrivain d’ouvrir le champ des possibles en matière de créativité et de ne pas s’enfermer dans une écriture historique. De plus, cette liberté l’autorise aussi à poétiser sa prose davantage que par le seul recours au réalisme. Enfin, et c’est surtout ce qui intéresse ici, le symbole, qui est vecteur de communication, permet à McCann d’inclure les lecteurs de tous horizons au cœur de son texte en exploitant un paradigme symbolique assez universel pour être compris de tous. En effet, le symbole, terme issu du verbe grec symballein, qui signifie « joindre », « assembler » ou encore « se rencontrer », est originellement un tesson de poterie cassé en deux qui représente une promesse énoncée ou un pacte scellé. Les deux bénéficiaires qui gardent vers eux le symbole peuvent prouver leur engagement mutuel lorsqu’ils se retrouvent et que les morceaux s’emboîtent parfaitement. Le symbole est à ce titre d’abord un signe certain de reconnaissance qui matérialise un lien et...

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