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L’Acte inqualifiable, ou le meurtre au féminin / Unspeakable Acts: Murder by Women

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Edited By Émeline Jouve, Aurélie Guillain and Laurence Talairach-Vielmas

Qu’elle soit appelée meurtrière, assassine ou tueuse, la femme qui commet un homicide élude les catégories usuelles : elle dérange l’ordre social, bouleverse les rapports de forces symboliques et inquiète les dispositifs judiciaires. Cet ouvrage collectif bilingue (français et anglais) interroge la manière dont l’écriture ou la réécriture du meurtre au féminin contribue à façonner et à problématiser la mémoire collective de ces affaires criminelles qui font figure d’exception.

Female murderers often elude firmly established categories as they disrupt the social and symbolic orders of patriarchal societies and call into question the well-oiled mechanisms of their legal systems. This collection of essays (in French and in English) examines the making of narratives that have staged actual or fictional female murderers, influencing the ways in which these women are collectively remembered – narratives that often lay bare the covert foundations of the indictment process.

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Jeux et enjeux des confessions d’une meurtrière : « Child’s Play » d’Alice Munro

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Jeux et enjeux des confessions d’une meurtrière

« Child’s Play » d’Alice Munro

Corinne BIGOT

Si les morts violentes ont toujours figuré dans l’œuvre d’Alice Munro, elles sont bien souvent éludées (la mort de Benny dans « The Time of Death »1 ou la mort de Char, dans « Something I have Been Meaning to Tell You »2 ont lieu entre deux paragraphes) ou font l’objet de versions contradictoires (la mort de Simon Herron dans « A Wilderness Station »).3 Dans ces trois nouvelles, il est impossible de savoir si la mort est accidentelle ou le résultat d’un meurtre, commis par la protagoniste principale (la sœur de la victime ou son épouse). En 2002, Judith Miller remarquait : « Alice Munro, I have been thinking, writes mystery stories, maybe murder mysteries ».4 La formule suggère que Munro entraînerait ses lecteurs dans un jeu, la lecture de roman policier étant, selon Roger Caillois, la forme la plus répandue et la plus pure du ludus, le jeu d’adresse intellectuelle.5 La lecture devient un jeu de recherche d’indices où il faut suppléer au manque ou choisir une version. Ainsi Miller relit-elle « Something I’ve Been Meaning to Tell You », motivée par le sentiment inexplicable que Et a tué sa sœur. « Child’s Play »6 fait à première vue figure d’exception, car le meurtre (deux petites filles âgées de neuf ans ont noyé une troisième petite fille en maintenant sa...

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