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Electric Worlds / Mondes électriques

Creations, Circulations, Tensions, Transitions (19th–21st C.)

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Edited By Alain Beltran, Léonard Laborie, Pierre Lanthier and Stéphanie Le Gallic

What interpretation(s) do today’s historians make of electrification? Electrification is a process which began almost a hundred and fifty years ago but which more than one billion men and women still do not have access to. This book displays the social diversity of the electric worlds and of the approaches to their history. It updates the historical knowledge and shows the renewal of the historiography in both its themes and its approaches. Four questions about the passage to the electrical age are raised: which innovations or combination of innovations made this passage a reality? According to which networks and appropriation? Evolving thanks to which tensions and alliances? And resulting in which transition and accumulation?

Quel(s) regard(s) les historiens d’aujourd’hui portent-ils sur l’électrification, processus engagé il y a près de cent cinquante ans mais auquel plus d’un milliard d’hommes et de femmes restent encore étrangers ? Le présent volume rend compte de la diversité des mondes sociaux électriques et des manières d’enquêter sur leur histoire. Il actualise les connaissances et témoigne du renouvellement de l’historiographie, dans ses objets et ses approches. Quatre points d’interrogation sur le basculement des sociétés dans l’âge électrique jalonnent le volume : moyennant quelles créations ou combinaisons créatrices ? En vertu de quelles circulations et appropriations ? Selon quelles tensions et alliances ? Et produisant quelles transitions et accumulations ?

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La réglementation internationale – apport de la Tchécoslovaquie à la normalisation électrotechnique en Europe. La coopération de Vladimír List et Ernest Mercier et son importance pour l’introduction du système MIR dans les années 1960 dans les pays du Conseil d’assistance économique mutuelle

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La réglementation internationale – apport de la Tchécoslovaquie à la normalisation électrotechnique en Europe

La coopération de Vladimír List et Ernest Mercier et son importance pour l’introduction du système MIR dans les années 1960 dans les pays du Conseil d’assistance économique mutuelle

Marcela EFMERTOVÁ

Abstract

Electrification in Czechoslovakia (1919 Act No. 438) proceeded hand in hand with the inevitable standardization in this branch. A major role in interconnecting the two processes was played by Vladimír List and Ernest Mercier who often encountered at international meetings of electro technicians (for instance those held by the Société française délectricité) and who actually shared similar opinions of the commercial and industrial activities in the electrical engineering sector, and primarily of electrification itself. Thanks to the French model and assistance, the period between 1919 and 1939 saw the emergence of a technologically and economically well-functioning electrification structure in Czechoslovakia, which later proved to be the backbone of an interconnected grid for the member countries of the Council for Mutual Economic Assistance also known as COMECON.

Ideas envisioning interconnection of the energy systems also in the member states of the Council for Mutual Economic Assistance, similar to the system existing in the Western countries within the Union for the Coordination of Production and Transmission of Electricity (U.C.P.T.E.), began to emerge in the 1950s. Such an interconnection between neighboring countries commenced in the years 1951–1953, namely between Slovakia and Hungary, to be followed by interlinking Bohemia, Poland and the German Democratic Republic (former East Germany). Parallel operation of the energy systems of Czechoslovakia, the German Democratic Republic, Hungary and Poland got under way in 1961. Austria also joined in and the Prague-based Central Dispatch Organization MIR was established in 1962. This system operated until the early 1990s.

Keywords: History of electrotechnology, Electrification, Czechoslovakia, France, MIR System, 1918-1970 ← 153 | 154 →

Résumé

Chez les historiens des techniques, le terme « standardisation » a une signification univoque – processus de définition des normes qui garantissent mutuellement les résultats comparables de mesures et, au niveau supérieur, la compatibilité des appareils et des réseaux. La compatibilité est le mot clé qui décide du succès ou de l’échec de toutes les technologies de communications électroniques qui arrivent aujourd’hui sur le marché. Pour les petites et grandes entreprises, la compatibilité est une des qualités décisives de tous les produits. Les plus grandes sociétés mondiales du secteur fondent leur stratégie commerciale actuelle sur le taux de compatibilité différent et bien élaboré de leurs produits. Elles se trouvent souvent dans une situation paradoxale où leurs plus grands concurrents sont leurs propres produits, vieux seulement de trois ou quatre ans. Fixer le taux approprié de compatibilité entre les produits anciens et récents devient une partie importante de la stratégie de marketing de la société, un moment qui décide en grande partie du succès ou de l’échec de chaque nouveauté. Le début des réflexions sur la compatibilité doit comprendre la standardisation qui est une condition de base pour l’existence d’une telle réflexion.

En Tchécoslovaquie, l’électrification (Loi 438 de 1919) fut réalisée main dans la main avec la standardisation indispensable du secteur. Vladimír List et Ernest Mercier ont joué un rôle important dans la réalisation des deux actions. Le modèle de V. List et l’aide française ont permis dans les années 1919-1939 la création d’une excellente structure technique et économique d’électrification qui devient après la Seconde Guerre mondiale, la colonne vertébrale du réseau réuni pour les pays membres du Conseil d’assistance économique mutuelle (C.A.E.M.). Dans les années 1950, on commença à envisager dans le cadre du C.A.E.M. la connexion des systèmes énergétiques comme dans l’Union pour la coordination de la production et de la distribution de l’énergie électrique (U.C.P.T.E.) pour les pays occidentaux.

Mots clés : Histoire d’électricité, Pays tchèques, Tchécoslovaquie, France, normalisation, standardisation, électrification, période 1920-1930, 1950-1970

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Introduction

La « compatibilité » décide du succès ou de l’échec de toutes les technologies électrotechniques et des communications électroniques qui arrivent sur le marché. Grandes et petites sociétés l’utilisent aujourd’hui comme l’une des qualités décisives de tous les produits et les plus grandes sociétés mondiales fondent leur stratégie commerciale sur une mesure de compatibilité différente et très élaborée. Elles se trouvent souvent dans une situation paradoxale, lorsque leurs propres produits, vieux de trois ou quatre ans, deviennent leurs principaux concurrents. Définir la mesure adéquate de compatibilité entre les produits anciens et nouveaux constitue une partie importante de l’alchimie marketing d’une entreprise, ← 154 | 155 → un moment qui décide en grande partie du succès ou de l’échec de chaque nouveauté. Or, la réflexion sur la compatibilité passe obligatoirement par la standardisation, condition fondamentale de la possibilité d’une telle réflexion.

Il y a plus de deux cents ans, la mécanique, et dans une plus large mesure l’électrotechnique, ont exigé l’introduction de standards partagés, sans lesquels la civilisation industrielle contemporaine serait inimaginable. The British Association for the Advancement of Science en 1865 et le Premier congrès électrotechnique international de Paris en 1881, mais aussi des associations nationales spécialisées et l’enseignement électrotechnique définirent les unités électrotechniques et posèrent les bases réelles des premiers standards électrotechniques mondiaux. Il ne s’agissait pas encore de standards codifiés sur contrat et d’obligation générale, mais ils furent rapidement utilisés en téléphonie (télécommunication) et ils donnèrent aux sociétés de télégraphe britanniques un avantage stratégique qui leur permit de créer sur le long terme le « système nerveux de l’empire ». Si la compatibilité est une dimension décisive qui nous permet de communiquer par le biais des réseaux de communication électroniques, il est important de traiter son histoire – l’histoire de la standardisation technique.

Pour ma génération et la précédente en République tchèque, le terme « normalisation » a tout d’abord une signification politique. Les communistes indiquaient ainsi le refus des résultats des réformes démocratiques des années 1967-1969. Dans la Tchécoslovaquie d’alors, ce mot devint le symbole de la période étouffante des années 1970 et 1980.

Il est bon ici de donner quelques explications. Le régime totalitaire tchécoslovaque des années 1969-1989 ne fut pas une dictature brutale et sanglante, comme ce fut le cas dans les autres pays communistes durant les années 1950.1 Ce ne fut pas non plus un monde de pénurie permanente ou de faible niveau de vie. Au contraire, la Tchécoslovaquie socialiste bénéficiait d’un niveau de vie relativement élevé et ne fut pas marquée par des crimes judiciaires. Le musellement et l’intimidation de l’opposition et de la population revêtaient des formes plus sophistiquées, ouvertes ou cachées, mais massives, dures, efficaces, inflexibles et durables, dont on ne pouvait échapper que par une heureuse émigration.

La première cause de cette situation particulière est simple. L’invasion soviétique de la Tchécoslovaquie en août 1968 mit les normalisateurs et ← 155 | 156 → les normalisés apparemment sur le même navire. Cette situation a très bien été décrite dans « la parabole du marchand de légumes » de Václav Havel.2 L’État ne forçait pas celui-ci à croire en l’idéologie officielle, car ses créateurs avaient eux-mêmes du mal à y croire. Cependant, il l’incitait fortement à exposer dans sa vitrine la devise « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ». Ni le maraîcher ni celui qui le forçait à l’exposer ne croyaient en cette devise. En fait, le véritable message de cette exposition publique disait : « Je suis obéissant et je ne créerai pas de problèmes au pouvoir de l’État ».3 Cette humiliation publique du citoyen était compensée par le fait qu’il pouvait faire pratiquement ce qu’il voulait dans sa vie privée. Une exception importante était le droit de voyager : se former ou se faire embaucher, découvrir la culture du monde libre et y faire du tourisme ne représentait pas un choix de l’étudiant ou du spécialiste, mais un privilège bien protégé que l’État accordait à peu de gens, loyaux, contrôlés et choisis minutieusement par les communistes. La participation aux conférences à l’étranger rentrait dans ce cadre.

De même que les autres États dudit « Bloc oriental », la Tchécoslovaquie des années 1970 et 1980 était une grande prison entourée d’une clôture, non pas symbolique mais ressemblant beaucoup à celles qui entouraient les camps de concentration. Même si les tentatives de franchissement furent peu fréquentes par rapport aux années 1950, elles entraînèrent des morts, car les gardes-frontières faisaient usage de leurs armes. Par ailleurs, le niveau de vie matériel augmenta progressivement en Tchécoslovaquie. Durant cette période, la pression idéologique n’était pas aussi étouffante que dans les années 1950 et 1960, ne concernant qu’un nombre restreint de dissidents actifs. C’est la raison pour laquelle la majorité des citoyens tchèques se résigna à cette situation.

Dans le domaine de l’éducation, de l’échange libre d’informations ou de la formation d’institutions de la société civile, la situation était complètement anormale. Les seules publications importées d’Europe occidentale ou des États-Unis, pour les personnes contrôlées en Tchécoslovaquie, concernaient les sciences naturelles, la technique et les technologies. Selon les idées naïves des normalisateurs, elles devaient empêcher le retard de la Tchécoslovaquie. En revanche, on ne pouvait pratiquement pas trouver de travaux concernant les sciences sociales, l’histoire, la sociologie, la psychologie – ni périodiques courants, ni presse, ni revues grand public occidentales. Les médias officiels tchécoslovaques étaient un instrument plus ou moins officiel de la propagande de l’État et du modèle soviétique. ← 156 | 157 → Seuls les samizdats4 existaient et, à l’exception des années 1988-1989, ils n’eurent d’influence que sur une quantité minime de personnes.

Les conséquences de cette situation apparurent la décennie suivant la Révolution de velours. Les connaissances linguistiques de la population tchèque après 1990 en représentent un exemple typique : la réalité tchécoslovaque des années 1969-1989 n’incita pas la majorité des jeunes à apprendre des langues étrangères et longtemps après 1990, elle réduisit la compétitivité de l’industrie et du commerce tchèques. En regardant le passé, nous pouvons constater qu’un des pires crimes des dirigeants communistes tchécoslovaques fut la dépréciation de leur propre langue et la création d’une caricature honteuse, pleine de formules figées et d’allégories grotesques. Le meilleur exemple de cette période d’isolement absurde et insensé et de refoulement des expressions innocentes de la pensée libre est l’utilisation du terme « normalisation », c’est-à-dire l’opposé de ce dont il s’agissait en réalité, puisque cette normalisation rendait incompatibles à terme la société tchécoslovaque et son environnement international.

Développement de l’électrification dans les Pays tchèques

Si nous considérons les électrotechniciens des Pays tchèques (avant 1918)5 et en Tchécoslovaquie (1918-1992)6 comme une élite technique, il faut d’abord définir cette dernière et savoir si elle a vraiment existé. Nous verrons comment elle s’est elle-même identifiée et quelles ont été les conditions institutionnelles7 créées pour son existence et son futur élargissement :

  1. les aspects importants de sa formation sont l’apparition et le développement de l’enseignement technique secondaire et supérieur ;
  2. la fondation et le développement rapide des activités professionnelles influant sur la société ;
  3. la participation à la coopération internationale ; ← 157 | 158 →
  4. la représentation des électrotechniciens au sein de la fonction publique et la participation croissante des activités électrotechniques à la vie économique du pays.

Afin d’étudier ces différents points, j’ai mené une recherche systématique des attributs de cette élite technique, de l’ère industrielle à la formation des activités électrotechniques professionnelles et à ses résultats.

Les experts en électrotechnique qui voulaient appliquer les récentes connaissances sur l’électricité se firent connaître du public par l’apparition des professions techniques modernes qui commencèrent à influer sur la société tchèque dans le dernier tiers du XIXe et au début du XXe siècle. Ils déployèrent des efforts en vue de l’électrification des Pays tchèques et de la standardisation du secteur, complétant ainsi les travaux industriels et urbanistiques des architectes, ingénieurs en bâtiment, géomètres, cheminots, spécialistes des mines et forêts, ingénieurs en agriculture et chimie et experts en mécanique générale. Au moment de l’industrialisation des années 1870, ces professionnels formaient l’élite fonctionnelle de la société tchèque. Le caractère spécifique de la production et de l’exploitation de l’énergie électrique, qui touchait les autres secteurs industriels et les réunissait par un réseau énergétique unique, permit aux électrotechniciens d’occuper une place importante dans cette élite sociale. Les premières activités se développèrent dans les années 1860. Les organisations professionnelles furent créées dans les années 1870 et les années 1880 furent marquées par l’apparition de la recherche et de l’enseignement supérieur dans les secteurs électrotechniques.

Durant ces décennies, les électrotechniciens formèrent leur propre groupe professionnel qui interpénétrait verticalement la société et influait sensiblement sur sa gestion et son évolution. Ils participaient au développement de leur propre secteur scientifique et industriel et à la création des normes légales obligatoires appliquées dans l’industrie, tout en contrôlant leur respect. L’influence de ce groupe dépendait de ses positions dans les structures sociales et du pouvoir (fonction publique et corporations privées), de son autorité au sein de la communauté technique et d’autres facteurs. De ce point de vue, cette élite n’était pas horizontalement homogène.

Les électrotechniciens renforcèrent leurs positions dans le processus de standardisation technique du secteur, afin de pouvoir commencer la réalisation de l’électrification de la Tchécoslovaquie durant l’entre-deux-guerres. Au même titre que les autres secteurs industriels, les secteurs électrotechniques dépendaient directement des standards généraux des unités de mesure et de leurs dérivés. En outre, il était indispensable d’établir les normes de tension et de puissance pour les centrales ← 158 | 159 → électriques, les réseaux de distribution, les transformateurs et les appareils électriques. Dans les Pays tchèques, l’introduction des normes uniques pour l’industrie électrotechnique constituait un problème technique, économique et politique qui se reflétait, entre autres, dans les rapports de propriété de l’industrie électrique. Les organisations professionnelles électrotechniques, notamment l’Union électrotechnique tchécoslovaque (Elektrotechnický svaz československý – E.S.Č.), consacrèrent une grande partie de leurs activités à la définition et à l’introduction de normes uniques et obligatoires, et à la solution des questions en rapport avec l’électrification.

Le point de départ de ce processus fructueux, valorisé notamment pendant l’entre-deux-guerres, fut l’année 1881, date du premier Congrès électrotechnique international de Paris, accompagné d’une exposition de produits et matériel électrotechniques. Le congrès introduisit les unités électrotechniques générales (ampère, volt, ohm et watt)8 et posa ainsi les bases de la standardisation du secteur, couronnant les efforts des théoriciens et des praticiens de l’électrotechnique qui avaient voulu confirmer scientifiquement les phénomènes électriques et magnétiques. Au moment de la deuxième phase de la révolution industrielle, ces bases facilitèrent l’exploitation industrielle de l’électricité dans les pays tchèques et l’indépendance de l’électrotechnique, secteur industriel et de recherche.

La première exposition internationale spécialisée dans les produits de l’industrie électrotechnique eut lieu à Paris, parallèlement au congrès. František Křižík (1847-1941),9 entrepreneur dans le secteur électrotechnique, unique représentant austro-hongrois, y reçut une médaille d’or pour la réalisation du régulateur différentiel de la lampe à arc. Cette distinction importante confirmait que les électrotechniciens tchèques devenaient des partenaires égaux de leurs collègues étrangers sur la scène européenne. L’Association des ingénieurs et des architectes du Royaume de Bohême (Spolek inženýrů a architektů v Království českém – S.I.A.), fondée en 1865, fut la première plateforme de formation et de développement à laquelle les électrotechniciens participèrent en tant que représentants d’une profession moderne. Elle fut suivie par l’Association des électrotechniciens tchèques (Spolek českých elektrotechniků – S.Č.E.), fondée en 1899, puis par l’Union électrotechnique tchécoslovaque, fondée en 1919. ← 159 | 160 →

Un litige concernait l’union des installations basse tension (monopole de l’État) et des équipements haute tension (entreprises privées). Il fallait donc résoudre la conception de l’électrification sur des normes uniques. En 1909, Vladimír List, professeur d’électrotechnique de construction à Brno, intervint en public. Il lança une vaste campagne d’information sur les aspects de l’électrification et la nécessité d’adopter une loi commune sur l’électrification susceptible de régler le problème. En 1913 et 1914, il présenta un projet de loi sur l’électrification à l’Assemblée territoriale morave, mais son adoption fut rendue impossible par les propriétaires allemands de la centrale électrique A.E.G. Union de Oslavany. En fait, la loi aurait obligé la centrale, à participer à l’électrification de la Moravie. En Bohême, František Križík et Karel Novák (1867-1941), directeur de la Société d’électricité de la ville de Prague (fondée en 1897), déployèrent des efforts en vue de l’introduction de la loi, mais s’affrontèrent aussi à la résistance10 des propriétaires étrangers des centrales électriques – A.E.G. à Poříčí u Trutnova, Siemens à Trmice et Děčín-Podmokly ou encore Brown-Boveri à České Budějovice, Bílsko et Ostrava. Les ministères de Vienne développèrent des projets similaires en 1913, 1914 et 1918, mais ils ne passèrent pas. La loi sur l’électrification fut finalement adoptée par le gouvernement et le Parlement de la République tchécoslovaque indépendante.

La coopération de Vladimír List et d’Ernest Mercier dans l’électrotechnique et la standardisation (normalisation) de ce secteur

Les relations techniques et professionnelles, qui devinrent amicales, entre deux grands spécialistes en électrotechnique, le Tchécoslovaque Vladimír List (1877-1971)11 et le Français Ernest Mercier (1878-1955),12 illustrent l’interconnexion plus large, académique, industrielle et ← 160 | 161 → commerciale entre la France et la Tchécoslovaquie, créée progressivement à partir de la seconde moitié du XIXe siècle13 et renforcée dans l’entre-deux-guerres après la signature du Traité de Versailles.14

Illustration 1. Parallèles : Ernest Mercier et Vladimír List, le premier en uniforme de l’École polytechnique (1897), et dans les années 1950, le deuxième dans l’uniforme de l’Empire d’Autriche-Hongrie à Pula en 1896 et lors de la réunion de l’Union électrotechnique tchécoslovaque à Prague en 1967

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Source : Archives du Musée technique national de Prague, Fonds 694 – Vladimír List. Tous droits réservés.

Vladimír List et Ernest Mercier (Figure 1) se rencontrèrent pour la première fois aux réunions de la Société internationale des électriciens (S.I.E.), renommée Société française d’électricité (S.F.E.)15 en 1918. List coopéra avec cette organisation corporative électrotechnique française lors de ses études complémentaires à l’Institut Montefiore de Liège en Belgique (en 1900/01), qu’il suivit après ses études de mécanique et d’électrotechnique à l’École polytechnique de Prague.16 En 1919, il participa au Traité de Versailles.

L’un comme l’autre avait suivi une formation classique : List était donc diplômé de l’Université polytechnique tchèque de Prague tandis que Mercier avait étudié à la même époque à la célèbre École polytechnique de Paris. Il obtint son diplôme en 189717 et il travailla comme ingénieur dans les services maritimes du port de Toulon. Quant à Vladimír List, il travailla au poste de jeune ingénieur en chef, remplaçant le Suisse Fischer-Hinnen, à l’entreprise d’électrotechnique de Prague de František Křižík.18 List à ← 162 | 163 → Prague chez Křižík et Mercier dans la marine à Toulon devaient résoudre tous les jours des questions techniques et commerciales complexes, obtenant ainsi une expérience décisive pour leur travail ultérieur. Mercier modernisa à Toulon les installations et les conduites électriques et dans les années 1905-1908, décida d’étendre sa formation et de se spécialiser à l’École supérieure d’électricité. En 1908, List devint professeur à l’École technique tchèque de Brno, s’engagea dans l’estimation économique de la monarchie en relation avec le 60e anniversaire du règne de François-Joseph Ier et commença à participer aux préparatifs de l’électrification de la Moravie.19 En 1913, Mercier fut invité par Albert Petsche (1860-1933)20 à entrer dans le secteur privé et à se consacrer, entre autres, à travers la société Le Triphasé, à l’alimentation en électricité de la région parisienne.

En 1919, alors que Vladimír List participait de manière importante en Tchécoslovaquie à la création de l’Union électrotechnique tchécoslovaque,21 Albert Petsche et Ernest Mercier fondaient en France l’Union française d’électricité (U.F.E.) devenue Union d’électricité (U.D.E.) en 1920, avec pour objectif de réorganiser la production et la distribution de l’énergie électrique en région parisienne, autour d’un standard, le courant triphasé à 50 Hz. Grâce à la nouvelle organisation, de grandes centrales électriques furent créées, par exemple à Gennevilliers, supervisée techniquement par Mercier, qui commença à fonctionner en 1922. C’était le début de la troisième phase de l’électrification en France avec les centrales thermiques parisiennes (Saint-Denis, Saint-Quen, Asnières-Gennevilliers, Puteaux, Billancourt, Alfortville, etc.)22 et les centrales hydrauliques régionales du Massif central. Dans les années 1928-1931, Ernest Mercier participa à la fondation de la centrale thermique Arrighi,23 fondamentale pour la région parisienne. Cette région put ensuite être connectée aux grandes centrales hydrauliques de la région des Alpes, du Massif central et du Rhin.24 En 1932, toutes les lignes principales à haute tension furent connectées. La dernière partie de la connexion fut réalisée dans les années 1934-1946 et elle fut consacrée au ← 163 | 164 → programme du nouvel équipement des centrales hydroélectriques, avec des appareils préparés généralement par Mercier pour les usines de Sautet, Portillon, Saint-Étienne-Cantalès et Chastang.25 Ernest Mercier était alors membre de la direction de la société Alsthom,26 créée en 1929 et qu’il dirigea jusqu’en 1941. Les deux personnalités, List et Mercier, avaient donc un objectif technique commun.

Grâce à leur coopération au sein de S.F.E. et U.D.E., List était très bien informé sur la mise en oeuvre de l’électrification en France et sur ses points faibles. Il put donc éviter de nombreux problèmes lors de la mise en oeuvre de l’électrification en Tchécoslovaquie (Loi 438 du 22 juillet 1919).27 Il put consulter et comparer les résultats de l’électrification tchécoslovaque avec ceux de Mercier. Selon le modèle français, List eut les mérites de la création d’un Centre d’essais électrotechnique dans le cadre de l’école polytechnique et de l’E.S.Č. (fondée en 1923 et devait se contenter de délivrer des attestations de qualité – la marque ovale de l’E.S.Č.).28 La conception de l’enseignement de l’électrotechnique à Brno que List perfectionna dans l’entre-deux-guerres29 se fit également en suivant les expériences françaises et belges.30 List et Mercier assurèrent ainsi la retransmission en direct des nouvelles informations scientifiques et techniques de France vers l’industrie électrotechnique de la Première république tchécoslovaque. Ainsi, List envoya en France à la fois des étudiants tchécoslovaques vers des lycées et des écoles supérieures techniques, et des experts par le biais de l’Institut Denis à Prague pour des stages et des expériences de travail.31 Grâce à cette étroite coopération, la majorité des électrotechniciens tchèques put connaître la pratique française, participer à la recherche et publier dans les principaux périodiques français, notamment la Revue générale d’électricité.

List et Mercier étaient aussi en contacts directs dans leurs travaux avec de l’International of the Standardization AssociationsInternational Federation of the National Standardizing Associations (I.S.A. – I.F.N.S.A.), ← 164 | 165 → de la Conférence Internationale des Grands Réseaux Électriques à Haute Tension (C.I.G.R.E., à partir de 1921) et l’Union Internationale des Producteurs et Distributeurs d’Énergie Électrique (U.N.I.P.E.D.E., à partir de 1923).32

Premières étapes de l’électrification tchécoslovaque, 1918-1939

L’utilisation pratique de l’énergie électrique date des dernières décennies du XIXe siècle, notamment à la suite des débats du Premier congrès électrotechnique international de Paris en 1881. C’est la raison pour laquelle les principaux efforts des électrotechniciens dans les Pays tchèques avant et après la Première Guerre mondiale furent consacrés à la mise en application et à la réalisation de l’électrification du pays ainsi qu’à la normalisation des produits et marchandises électrotechniques. Ils s’engagèrent également dans l’utilisation économique et écologique des sources naturelles à ces fins.

En Tchécoslovaquie, la Loi 438 de 191933 relative à l’électrification systématique de la nouvelle République représente un tournant. Elle signifiait la mise en application de la standardisation dans l’électrotechnique. Vers la fin de 1918, 11 % des villes et communes de la Bohême et de la Moravie disposaient de l’énergie électrique, soit 34 % de la population. La proportion était moindre dans la partie slovaque du pays, où 2 % de la population seulement était raccordée. En 1920, la puissance totale des centrales électriques était de 800 MW et la production d’électricité atteignait 1,38 milliard de kWh.34 La Tchécoslovaquie disposait de 25 entreprises électriques générales (15 en Bohême, 4 en Moravie, 5 en Slovaquie et 1 en Ruthénie) (Illustration 2). ← 165 | 166 →

Les conditions fondamentales pour la réalisation de l’électrification systématique furent instituées sur arrêté du ministère des Travaux publics du 13 septembre 1920. L’arrêté stipulait l’introduction d’un système de courant triphasé de fréquence 50 Hz et tension normale pour le réseau local de 3x380/220 V, de 22 000 V pour le réseau rural et de 100 000 V pour le réseau de transport. Les générateurs avaient une tension aux bornes de 6 000 V. Les centrales thermiques à forte puissance devaient être construites à proximité des mines et devaient utiliser des combustibles de moindre valeur. La force hydraulique devait être utilisée au maximum dans le cadre de tout le système de gestion des eaux. La construction des centrales électriques d’entreprise devait aussi tenir compte des besoins de l’électrification systématique.

Illustration 2. Les centrales d’après la Loi 438 (électrification) du 22 juillet 1919. Miroslav Frk, Vladimír Hrbek, Československý elektrotechnický a elektronický průmysl 1948-1983 [L‘industrie électrique et électronique tchécoslovaque 1948-1983], (Prague-Bratislava : SNTL-Alfa, 1983).

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L’électrification fut mise en oeuvre avec les efforts de toutes les parties – les ministères tchécoslovaques (notamment le ministère des Travaux publics), l’E.S.Č., la Société tchécoslovaque pour la normalisation (Č.S.N.), les différentes entreprises d’électricité et les employés. Il fut ainsi possible d’accomplir en 1938 une large partie de l’électrification – l’énergie électrique alimentait environ 57-60 % du territoire tchécoslovaque (Tableau 1) :

Tableau 1. Préparé par Miroslav Kubín, Rozvoj energetiky v Československu [Le développement énergétique en Tchécoslovaquie] (Prague : Č.E.Z., 1989), 84 et par Ročenka E.S.Č. Praha 1939

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La période de la Seconde Guerre mondiale et de l’après-guerre (1945-1960)

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’état de l’électrification convenait pleinement à l’occupant allemand qui sur le territoire du Protectorat de Bohême et de Moravie put se saisir du réseau électrique de la Première république et l’utiliser à plein régime. Vingt entreprises générales furent transformées en six entreprises énergétiques, soumises au régime économique de guerre sous administration allemande.

Vers la fin de la guerre, de nombreux équipements furent démontés (par exemple les convertisseurs en cuivre) ou détruits (bombardements aériens, tirs d’artillerie). Le reste était devenu largement obsolète, par interruption de l’évolution technique et conversion de la production pacifique à la production de guerre. À la fin de l’occupation, le réseau fut détruit par les armées allemandes puis soviétiques et perdit son lien avec les sociétés mères ou pourvoyeuses de licences. Les relations commerciales avec les entreprises d’Allemagne, des Pays-Bas, de Suède, de Suisse, d’Angleterre, de France, des États-Unis et d’autres pays encore ne furent pas renouvelées. ← 167 | 168 →

Le système d’électrification de List (et de Mercier) fut élargi après la guerre à l’ensemble de la Tchécoslovaquie, mais sur de nouvelles bases. Il fut adapté aux idées de la politique communiste. Le décret de nationalisation du président de la République n° 100/75 du 27 octobre 1945 représenta un changement majeur. Le § 1, section I, point 2 stipulait en effet que la nationalisation concernait les entreprises et équipements énergétiques pour la production, l’entretien, la distribution et la fourniture d’énergie en tout genre (électricité, gaz, vapeur) pouvant être distribuée à de nombreux consommateurs, à l’exception des équipements de production des entreprises non nationalisées qui consommaient en grande partie leur propre énergie.35

Les objectifs les plus urgents après la nationalisation en 1945 furent la relance de la production, l’embauche de nouveaux employés, l’achat de matériel, et le remplacement des équipements vétustes. Une tâche très importante dans les régions limitrophes après le déplacement de quelque 10 000 employés de nationalité allemande fut la réception et le maintien en service maximal des équipements énergétiques. La Figure 3 montre le nombre de centrales électriques concernées dans les régions limitrophes.

Illustration 3. Les centrales sur les territoires occupés par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale (t – thermique, v – hydraulique)

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Miroslav Kubín, L’énergie électrique dans les Pays tchèques. Perspectives et évolution au seuil du 20e siècle. DVD (Prague : Č.E.Z., 2000), section II. 4. 3 et II. 4. 4. ← 168 | 169 →

La Tchécoslovaquie nationalisa quelque 1 350 entreprises de production, distribution et vente d’électricité. Sept entreprises électriques nationales furent créées, gérées par la direction générale des Entreprises énergétiques tchécoslovaques (Č.E.Z.) à Prague et la direction régionale de Bratislava. Sous la même direction, quatre entreprises nationales de gaz furent incorporées. Le Dispatching énergétique d’État fut créé ultérieurement auprès de la direction générale de Č.E.Z. La relance d’après-guerre concerna toute l’économie tchécoslovaque et bien sûr l’industrie électrotechnique et les réseaux électriques. Ces deux éléments devinrent une partie importante du « Plan d’économie nationale de deux ans », en 1947-1948, puis du « premier plan quinquennal » entre 1949 et 1953, et des suivants jusqu’en 1960.

Le système MIR36 dans les années 1962-1992

L’adoption de la Loi sur l’électricité en 195737 fut une nouvelle mesure législative d’importance, et resta en vigueur jusqu’en 1992. Dans les années 1957-1959, on chercha un nouveau moyen de gestion, de planification et de financement de l’économie nationale. L’industrie fut réorganisée.

La production d’électricité d’après cette Loi fut concentrée en Tchécoslovaquie sur les entreprises supérieures – les Výrobně-hospodářské jednotky (V.H.J. – Unités économiques de production, U.E.P.). Elles furent créées selon le secteur, en combinaison avec le point de vue territorial, et elles fonctionnaient sous forme d’entreprise avec usines affiliées ou comme association dont dépendaient les entreprises nationales. Les U.E.P. traitaient notamment les principales tâches du secteur comme les perspectives de développement, l’écoulement, la recherche et la coopération dans la production.

À partir des 1 417 entreprises indépendantes initiales, furent créées dans l’organisation nouvelle 383 U.E.P. avec 929 entreprises nationales (národní podnik – n.p.). La gestion centrale fut conservée, bien que certaines compétences aient été transférées aux entreprises. Les plans quinquennaux pour les U.E.P. devaient reposer sur des perspectives à long terme bien élaborées. Le bénéfice devait être le critère d’estimation. Mais, de même que pour les plans quinquennaux, les objectifs du système ne furent jamais atteints.

Durant cette période, la Tchécoslovaquie construisit des centrales thermiques de grande puissance ainsi que des centrales hydrauliques. L’idée d’un réseau de transport à 400 kV s’imposa et sa construction fut planifiée. Le 4 septembre 1960 fut achevée l’électrification des communes ← 169 | 170 → par la connexion entre Zlaté Baně en Slovaquie orientale et le système tchécoslovaque. On mit en service les centrales électriques de Hodonín (1954-1958) 205 MW, Poříčí II (1956-1959) 160 MW, Opatovice (1958-1960) 330 MW, Tisová II (1958-1959) 220 MW et Mělník I (1960-1961) 330 MW, typiques de cette série unitaire38 ainsi que Tisová et Tušimice I de 100-110 MW. On développa la construction des centrales électriques à base de lignite de la Bohême du Nord. Les installations hydrauliques sur la Vltava et le Váh se développèrent sensiblement. Treize ouvrages hydrauliques d’une puissance de 950 MW furent construits (par ex. Orlík, d’une puissance unitaire maximale de 94,2 MW, titulaire du grand prix de l’Exposition mondiale de Bruxelles en 1958).

Suite à la croissance de la production électrique et à l’électrification des différents pays, les réseaux des différents États commencèrent à se connecter après la Seconde Guerre mondiale. En Europe, le rideau de fer entraîna la création de deux systèmes.

L’interconnexion du réseau occidental européen se développa sous l’égide de l’Union pour la coordination de la production et de la distribution de l’énergie électrique (U.C.P.T.E., fondé 1951), reliant Belgique, R.F.A., Espagne, France, Grèce, Italie, Yougoslavie, Luxembourg, Pays-Bas, Autriche, Portugal, Suisse. L’U.C.P.T.E. fut complétée en 1963 par le système NORDEL39 (Suède, Finlande, Danemark et Norvège).

Dans les années 1950, on commença à envisager la connexion des systèmes énergétiques également dans le cadre du C.A.E.M. La connexion avec les pays voisins commença dans les années 1951-1953, entre la Slovaquie et la Hongrie, puis la Bohême et la Pologne et la République démocratique allemande (R.D.A.). Les grandes centrales électriques tchèques à charbon sous les monts métallifères furent raccordées aux postes de distribution de la R.D.A. et fournirent l’énergie aux usines de Karl-Marx-Stadt (Chemnitz). Les grandes centrales électriques à charbon alimentaient en énergie les régions limitrophes de la Pologne, les Polonais donnant le change avec leurs centrales de la région de Katovice, en direction d’Ostrava et de la Slovaquie occidentale. Ce système permit de rationaliser la distribution de l’énergie électrique et de réduire sensiblement les pertes des lignes. L’exploitation synchrone des systèmes énergétiques de la Tchécoslovaquie, de la R.D.A., de la Hongrie et de la Pologne commença en 1961, rejointe plus tard par l’Autriche.

Au début de l’été 1962, sept pays convinrent de la création du système énergétique MIR et de la création de l’organisation centrale de ← 170 | 171 → dispatching. Le 25 juillet 1962, les représentants de la Bulgarie, de la Hongrie, de la Pologne, de la Roumanie, de l’URSS, de la R.D.A. et de la Tchécoslovaquie signèrent ainsi l’Accord de création de l’organisation centrale de dispatching des systèmes raccordés des pays du C.A.E.M. Prague devint le siège du système MIR. Conformément à l’accord, il était possible de distribuer l’électricité selon les besoins, et ce sur un territoire de 1,1 million de km2. La connexion était la suivante : Tchécoslovaquie – R.D.A. – Hongrie – Pologne ; le système ukrainien (Mukačevo) URSS vint s’ajouter et par son intermédiaire la Roumanie à partir de 1963 et la Bulgarie à partir de 1967.40 La connexion mutuelle des systèmes énergétiques, grâce aux lignes internationales à 220 kV, devait assurer la meilleure utilisation et distribution de la puissance de production des centrales électriques des pays participants. Le système fut pleinement utilisé durant les années 1970 (Figure 4).

Illustration 4. Le système de changement d’énergie électrique entre les pays socialistes dans le MIR en 1974 et en 1987

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(ČSSR – Tchécoslovaquie, NDR – République démocratique allemande /R.D.A./, NSR – Allemande, PLR – Pologne, SSSR – Union soviétique, MLR – Hongrie, RAK, Rakousko – Autriche). Studie o technice v českých zemích 1945-1992 (Étude sur la technique dans les Pays tchèques 1945-1992) (Prague : NTM, 1992).

À partir de la fin des années 1950, des petits échanges d’énergie avec l’Autriche commencèrent. L’Autriche fournissait à la Tchécoslovaquie l’énergie excédentaire des centrales hydrauliques durant les mois d’été, lorsque les glaciers fondaient dans les Alpes. La Tchécoslovaquie ← 171 | 172 → retournait l’énergie des centrales à charbon d’Opatovice, Dětmarovice ou Hodonín en hiver. Plus tard, les deux systèmes furent raccordés par un raccord à courant continu. Les deux systèmes pouvaient travailler de manière indépendante. La panne d’un système ne menaçait pas le second système et la puissance distribuée pouvait changer immédiatement (Figure 5).

Après l’unification de l’Allemagne et la chute du communisme, les travaux de construction d’un nouveau raccordement entre le système MIR initial et l’U.C.P.T.E. s’accélèrent. Une nouvelle station de conversion fut construite à Etzenricht en Bavière, de même qu’une ligne de tension 400 kV raccordant les deux systèmes entre Weiden en Bavière et Rozvadov en République tchèque. Auparavant, il était possible de se connecter sur le système ouest-européen de distribution de l’énergie électrique uniquement par des raccords à courant continu. En 1992 fut créée l’association CENTREL41 d’exploitants les systèmes de distribution de la République tchèque, de la Hongrie, de la Pologne et de la Slovaquie, dont l’objectif était le raccordement avec le système U.C.P.T.E. En 1993, le système MIR fut définitivement divisé suite aux problèmes d’exploitation du système d’électricité de l’Ukraine, en relation avec l’effondrement de l’URSS. En 1995, le système de distribution tchèque fut raccordé au système ouest-européen U.C.P.T.E. Le raccordement direct eut lieu le 18 octobre 1995, après un important effort de mise aux normes d’exploitation du système électrique, y compris des modifications du principe de régulation des turbines dans les centrales électriques. ← 172 | 173 →

Illustration 5. Schéma de la distribution d’énergie électrique MIR : 220 kV et 400 kV (en 1962 et en 1975)

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Studie o technice v českých zemích 1945-1992 (Étude sur la technique dans les Pays tchèques 1945-1992) (Prague : NTM, 1992).

Conclusion

Grâce à l’électrification, les électrotechniciens éclairèrent progressivement toute l’Europe de l’entre-deux-guerres. Vladimír List et Ernest Mercier assistèrent au début de ce processus et contribuèrent à son succès. Grâce à l’électricité, le temps libre des gens se prolongea et les possibilités de travail et de divertissement de la population se multiplièrent.

Les électrotechniciens étaient au coeur d’un système visant à assurer une production, un transport et une distribution réguliers et sans panne. Représentants d’une élite diplômée des écoles supérieures ou des ← 174 | 175 → universités techniques, ils se spécialisaient généralement dans un secteur technique concret et participaient à des séjours d’études, des stages et des conférences pour compléter leurs expériences professionnelles. Ils publiaient leurs connaissances et fréquentaient des bibliothèques possédant des périodiques et des monographies techniques nationales et étrangères. Ils étaient membres d’associations corporatives ou techniques et partageaient leurs savoirs sous forme d’enseignement, de conférences, de recherche ou de gestion de la production dans leurs entreprises, etc.

Ces techniciens étaient des cadres techniques supérieurs ou inférieurs et créaient des groupes d’élite. Ils participaient à la vie économique en développant des activités ou en peuplant les conseils d’administration des entreprises industrielles et financières et en contribuant à la formation de la politique économique de l’État. Ils s’engageaient dans la vie sociale et politique en présentant des conférences publiques, en mettant en oeuvre des projets, etc. Ils développaient également des activités culturelles (selon leurs intérêts ou activités corporatives) ou politiques (membres des partis politiques, élus, employés des bureaux administratifs de l’État, honneurs publics, etc.).

Cela contribuait à asseoir leur nouvelle position sociale ou à développer leur position sociale initiale, par la famille et les traditions. Ils devenaient les piliers du progrès et la société reconnaissait leur rôle croissant. La lumière attire et Vladimír List et Ernest Mercier en étaient bien conscients. Ils consacrèrent leur vie à l’électricité, objet d’une forte demande et devenue indispensable depuis l’entre-deux-guerres.

L’application de la loi mentionnée au moment de la naissance de la Première République tchécoslovaque a permis de décider non seulement de la position importante de l’élite (électro)technique dans la société tchécoslovaque moderne et de l’influence sur cette élite par le biais de la principale base associative électrotechnique – ESČ, mais une influence positive de la vie de tous les jours dans la république a été enregistrée durant la mise en oeuvre de cette loi. La Tchécoslovaquie pouvait se comparer avec les autres pays européens qui décidaient à l’époque de la législation pour l’électrification et de sa réalisation technique et économique. À l’époque de la Première République tchécoslovaque, il est impossible de trouver une loi aussi importante et spécialisée que celle relative à l’électrification du pays. Par sa réalisation et la standardisation indispensable des marchandises et produits électrotechniques et l’équipement technique des centrales électriques, usines et foyer, la Tchécoslovaquie a occupé une des premières places dans le domaine électrotechnique en Europe en matière de construction du système d’électricité et ses réseaux de distribution. ← 175 | 176 →

La loi relative à l’électrification a été traitée à une époque politiquement agitée car le pays devait résoudre certaines questions urgentes d’après-guerre, par exemple militaires (protection des frontières du nouvel État) ou les minorités nationales, soit la question de la propre légitimité. Son adoption eut lieu au moment où l’accord de paix avec l’Autriche n’était pas encore signé et les négociations de Versailles arrivaient à terme. Il fut possible de se consacrer à la loi sur l’électrification à cette époque car les politiques responsables étaient conscients de la nécessité pour l’économie nationale de son traitement et qu’ils pouvaient s’appuyer sur la base qui participa aux préparatifs de la loi – l’E.S.Č. et sur des ingénieurs bien préparés de différents secteurs électrotechniques, techniques et de la construction.

Le débat réussi sur la loi sur l’électrification et sa mise en oeuvre rapide et systématique signifient que l’évolution des secteurs techniques clés influant sur le développement de l’infrastructure était considérée par les représentants tchécoslovaques comme une tâche primordiale. Elle contribua à la modernisation de l’État et permit de le comparer aux pays techniquement et industriellement développés d’Europe occidentale. Cette position était peu courante en 1919. Il faut mentionner que Vladimír List a eu une influence essentielle sur la mise en application de la loi sur l’électrification en partant de ses expériences à l’étranger et en participant de manière importante au projet de loi.

La loi sur l’électrification fut très importante pour l’évolution ultérieure de l’industrie, de l’agriculture et du secteur tertiaire. Les dotations de l’État étaient importantes pour l’époque puisque les travaux pour la période 1919-1928 reçurent du budget 8 millions de couronnes en 1919 et 75 millions de couronnes pour la décennie suivante. Dans le cadre de la Tchécoslovaquie, il s’agissait d’une mesure importante entre la mise en oeuvre courante des nouvelles technologies et leur transfert éventuel de l’étranger vers les activités gérées et contrôlées par l’État. La loi sur l’électrification eut également une importance essentielle après la Seconde Guerre mondiale car sa mise en oeuvre se poursuivit dans les conditions politiques, économiques et sociales mentionnées. La coopération, lancée par V. List avec les spécialistes français (notamment avec E. Mercier) ne fut pas abandonnée, ce qui différencia la Tchécoslovaquie des autres systèmes des pays socialistes et le pays fut choisi pour la mise en oeuvre conséquente de l’électrification et la coordination de la production de l’énergie électrique dans le cadre du C.A.E.M.

La période d’après-guerre – jusqu’au début des années 1960 – est considérée comme la première étape de construction énergétique socialiste. Elle se caractérisa par de nombreux bouleversements, par ← 176 | 177 → la réparation des dégâts issus de la guerre,42 par la construction des entreprises renouvelées, par la mise en application progressive des formes de gestion d’organisation communiste et des méthodes de planification, mais aussi par les fréquents changements de compétences dans la gestion ministérielle et l’élimination des employés politiquement inadéquats, même parmi les membres du Parti communiste tchécoslovaque (P.C.T.). Des pertes importantes furent enregistrées en 1948 et durant les années suivantes suite à l’émigration d’experts techniques et économiques de l’énergie.

Après la nationalisation, la propriété nationale exclusive concerna, entre autres, les richesses naturelles et leur extraction, les sources d’énergie, les entreprises énergétiques, les mines et les entreprises métallurgiques. La suppression de la propriété privée dans le domaine de l’énergie fut l’une des étapes les plus importantes de ce processus, et fut dénommée par la direction politique de l’époque « période transitoire du capitalisme au socialisme ». Elle dura environ douze ans (1949-1960).

La tâche la plus importante jusqu’au début des années 1960 fut l’achèvement de l’électrification générale du pays. À cette époque, la collectivisation éleva la consommation d’électricité également dans la production agricole et il fallut transformer à la campagne le réseau basse tension. C’est la raison pour laquelle le ministère de l’Énergie dut présenter au gouvernement en 1955 un projet d’électrification qui fut réalisé dans les années 1960 par la construction de grandes centrales à vapeur avec blocs de 100 MW et 110 MW (Tušimice, Prunéřov, Nováky – seconde étape, Ledvice, Mělník et Vojany en Slovaquie).

Les plans des centrales hydrauliques sur la Vltava en amont de Prague et sur le Váh en Slovaquie apparurent dans les années 1950 (Slapy 1955, Lipno 1953-1959, Kamýk et Orlík 1954-1962). Ces centrales furent bien accueillies car elles évitaient l’importation de combustibles, ne polluaient pas l’atmosphère et leur exploitation était bon marché. Cependant, elles étaient exigeantes du point de vue financier et leurs activités étaient influencées par les conditions climatiques.

En 1959, les systèmes de transmission de la Tchécoslovaquie, de la Pologne et de l’Allemagne orientale ont été connectés mutuellement ← 177 | 178 → dans le cadre de ladite connexion circulaire et le système hongrois radial a également été connecté. Ainsi furent posées les bases du système électrique d’Europe oriental MIR. On commença à planifier au même moment la construction de centrales nucléaires sur le territoire de la Tchécoslovaquie. La connexion avec l’Autriche fut toujours exploitée de manière indépendante par un système d’îles séparées. Les échanges d’énergie se faisaient toujours par contrat entre États de 1956 – en été, l’électricité fabriquée avec l’eau excédante en Autriche était livrée à la Tchécoslovaquie et en hiver, l’électricité des centrales thermiques tchécoslovaques était retournée à l’Autriche.

L’intégration internationale des systèmes électriques dans le cadre du C.A.E.M. – le système d’Europe orientale MIR – est apparue en 1962 avec la création d’un système électrique connecté des pays membres et son organe international spécial de dispatching – l’Organisation centrale de dispatching (avec le même nom) MIR et son siège à Prague. Une année plus tard, ce système fut connecté au système soviétique avec ligne de 400 kV entre Lemešany en Slovaquie orientale et Mukatchevo en URSS, au début avec une tension de 220 kV. Vers la fin des années 1960, la construction du réseau 220 kV fut achevée et le système 400 kV continua à se développer. Le réseau 110 kV joua le rôle de réseau de distribution. D’ici la fin de cette décennie, les systèmes de la Roumanie et de la Bulgarie furent connectés au système énergétique MIR. Après la création de la distribution de base 400 kV en Tchécoslovaquie, on commença à construire la connexion 400 kV avec les pays environnants. On commença à exploiter en 1973 la ligne avec la Hongrie (Levice – Göd), en 1976 la double ligne avec la Pologne et une double ligne avec l’Allemagne orientale (R.D.A.). En 1979, le réseau d’Europe orientale MIR exploitait la première ligne de 750 kV de l’Union soviétique à la Hongrie entre les centres de distribution de Vinica, Zapadoukrajinskaja et Albertirsa.

Le centre de distribution Slavětice exploitait en 1983 la connexion transfrontalière entre la Tchécoslovaquie et l’Autriche. Il s’agissait de la première connexion en continu entre le système d’Europe orientale MIR et le système d’Europe occidentale U.C.P.T.E. Dans les années 1970, l’Espagne et le Portugal, puis la Yougoslavie et la Grèce avaient été connectés au système U.C.P.T.E. Une décennie plus tard, le réseau principal du système de transmission était créé, et un accord était conclu avec l’Allemagne occidentale pour la construction d’une connexion transfrontalière en continu.

Après les changements politiques en 1989, le système MIR fut interrompu en Europe orientale. En 1992, le système CENTREL fut créé à partir des systèmes de Hongrie, de Pologne, de Slovaquie et de ← 178 | 179 → République tchèque en vue de la connexion commune au système ouest-européen U.C.P.T.E. Le 18 octobre 1995, à 12 h 30, le réseau CENTREL fut connecté définitivement au réseau ouest-européen U.C.P.T.E. en République tchèque (Hradec près de Kadaň). La connexion synchronique annula l’exploitation des accouplements de Dürnrohr et Etzenricht et la ligne transfrontalière vers ces postes de distribution à partir de la République tchèque fut connectée directement.

Le 9 octobre 2004, la seconde zone synchronique fut connectée au système U.C.T.E. (U.C.P.T.E.) des pays des Balkans, créant ainsi un système connecté synchronique sur le territoire de l’Europe continentale. La Grèce et les pays de l’ex-Yougoslavie furent connectés à ce système pour la seconde fois car ils avaient dû être déconnectés au début des années 1990 suite à la destruction de l’infrastructure de transmission lors des guerres balkaniques. La Turquie fut connectée au système continental le 18 octobre 2010. Actuellement, le système de transmission de la République tchèque compte 3 510 km de lignes 400 kV et 1 909 km de lignes 220 kV.

La gestion de l’énergie tchécoslovaque fut difficile. Elle était marquée par la remise en cause incessante des compétences dans les ministères, entraînant ainsi des maladresses et des imprécisions. Cela se refléta notamment sur le retard pris par la construction du système énergétique et il en résulta des problèmes techniques non résolus. L’électrification achevée de la Tchécoslovaquie introduisit l’idée de planification de l’utilisation de l’électricité dans tous les secteurs industriels et les foyers. On procéda très lentement en matière de rationalisation de la consommation d’électricité. Mais la transformation du mécanisme économique et sa gestion n’apportèrent pas les résultats attendus et malgré la création du système international de gestion énergétique de distribution de l’électricité dans le cadre du C.A.E.M., le système énergétique ne réussit pas à satisfaire pleinement les besoins de la Tchécoslovaquie d’après-guerre. ← 179 | 180 →


1 Antoine Marès, Histoire des Tchèques et des Slovaques (Paris : Perrin, 2005) ; Antoine Marès, Edvard Beneš, de la gloire à l’abîme : un drame entre Hitler et Staline (Paris : Perrin, 2015) ; Marie-Élizabeth Ducreux, Antoine Marès (dir.), Enjeux de l’histoire en Europe centrale (Paris : Harmattan, 2002) ; Vladimír Peška, Antoine Marès (dir.), Thomas Garrigue Masaryk : Européen et humaniste (Paris : Études et Documentation Internationales, 1991).

2 Václav Havel, Moc bezmocných [La puissance de l’impuissant] (Publié ses propres frais : Hrádeček, 1978). Voir : http://vaclavhavel.cz/showtrans.php?cat=eseje&val=2_eseje.html&typ=html [consulté le 15 novembre 2015].

3 Ibid.

4 L’auto-édition (samizdat) permit aux activistes civils de contourner la censure dans les régimes communistes et répressifs, en particulier dans les pays de l’Est pendant la guerre froide.

5 Voir Marès, Histoire des Tchèques et des Slovaques, 335-384.

6 Ibid., 385-460.

7 Ce texte a été préparé d’après mon texte déjà publié : Marcela Efmertová, « Die Professionalisierung einer Elite – Die Elektrotechniker in den böhmischen Ländern und der Tschechoslowakei », Eduard Kubů, Helga Schulz (eds.), Wirtschaftsnationalismus al Entwicklungsstrategie ostmitteleuropäischer Eliten (Praha-Berlin : Verlag Aleš Skřivan ml. /Prag/ und Berliner Wissenschaft-Verlag /Berlin/, 2004), 71-78.

8 Girolamo Ramunni, « Recherche scientifique et recherche technique : l’électrotechnique en France », Histoire, économie et société, 8 (1989): 415-428.

9 František Křižík. Paměti (Mémoires) (Prague : Státní nakladatelství technické literatury, 1953).

10 Marès, Histoire des Tchèques et des Slovaques, 280-286.

11 Sur List voir notamment Vladimír List, Paměti ou Marcela Efmertová, « List et l’enseignement supérieur électrotechnique tchèque », in La Naissance de l’ingénieur-électricien : Les origines et le développement des formations nationales électrotechniques, Laurence Badel (ed.) (Paris : PUF, 1997), 403-419. Il existe de nombreuses publications techniques de Vladimír List (hormis les historiques). Notons la richesse des archives relatives à ce personnage, déposées aux Archives nationales de Prague (ANP), aux Archives de l’Université polytechnique de Prague (AUPTP), aux Archives du Musée technique national (AMTN) de Prague et aux Archives de l’Université polytechnique (AUP) de Brno.

12 Sur Mercier, voir Maurice Levy-Leboyer, Henry Morsel (dir.), Histoire de l’électricité en France 1919-1946 (Paris : Fayard, 1994), 290-291 (images) ; Richard Kuisel, Ernest Mercier, French Technocrat (Berkeley-Los Angeles : University of Carolina Press, 1967). Archives : Fonds Ernest Mercier (98 AQ) et Desmarais Frères (130 AQ) aux Archives nationales (Pierrefitte) ; Archives historiques d’EDF (Blois) et Archives Total (Compagnie française des Pétroles).

13 Stéphane Reznikow, Francophilie et identité tchèque 1848-1914 (Paris : Champion, 2002).

14 Voir surtout Jindřich Dejmek, Zrod nové Evropy : Versailles, Saint-Germain, Trianon a dotváření poválečného mírového systému [Naissance de la nouvelle Europe : Versailles, St.-Germain, Trianon, création du système de paix d’après-guerre] (Prague : Historický ústav Akademie věd České republiky, 2011).

15 Fabienne Cardot, Cent ans d’histoire de la Société des électriciens, des électro­techniciens et des radioélectriciens (Paris : S.E.E., 1983) ; François Caron, Fabienne Cardot, Histoire générale de l’électricité en France. Espoirs et conquêtes 1881-1818 (Paris : Fayard, 1991), 33-53.

16 List, Paměti, 65-66.

17 Fonds Ernest Frédéric Honorat Mercier (1878-1955) 98 AQ1, Archives nationales (Pierrefitte), Dossier 1, sans date, CV E. Mercier.

18 List, Paměti, 83-103.

19 Marcela Efmertová, Elektrotechnika v českých zemích a v Československu do poloviny 20. století [L’électrotechnique dans les Pays tchèques et en Tchécoslovaquie jusqu’à la moitié du XXe siècle] (Prague : LIBRI, 1999), 78.

20 Albert Petsche fut un collègue plus âgé de Mercier de l’École polytechnique (X 1879) et dans la société Le Triphasé. Voir également Maurice Levy-Leboyer, Henry Morsel, Histoire de l’électricité en France 1919-1946, 290-291 (images de A. Petsche).

21 Efmertová, Elektrotechnika, 90-101. Statuts de l’E.S.Č., Příloha (Annexe) Elektrotechnického obzoru 8 (1919) : 1-6 et 19 articles suivants.

22 Fonds Ernest Mercier 98 AQ3, Archives nationales (Pierrefitte), Dossier personnels, sans date – les informations sur les activités de travail d’Ernest Mercier et l’adhérence aux sociétés et organisations corporatives, y compris la participation à la solution de l’électrification en France.

23 Fonds Ernest Mercier 98 AQ3, Archives nationales (Pierrefitte), Dossier personnel – id.

24 Fonds Ernest Mercier 98 AQ3, Archives nationales (Pierrefitte), Dossier personnel – id.

25 Nécrologie d’Ernest Mercier. Le Génie Civil. Revue générale des industries françaises et étrangères, 3410 (1955) : 455.

26 Fonds Ernest Mercier 98 AQ6, Archives nationales (Pierrefitte), Dossier 2, sans date, les documents sur les activités de Mercier à Alsthom, etc.

27 Efmertová, Elektrotechnika, 77-90.

28 Karle Mitterwald, « Historie a současnost Elektrotechnického zkušebního ústavu Praha [Histoire et présent de l’Institut d’essais électrotechnique de Prague] », Československá standardizace 11 (1986) : 345.

29 Efmertová, Elektrotechnika, 109-110.

30 Fonds Ernest Mercier 98 AQ5, Archives nationales (Pierrefitte), Dossier 5 (formation et correspondance, 1920-1930).

31 Vladimír List, K šedesátinám učitele, technika, národohospodáře a budovatele [Pour le 60e anniversaire de l’enseignant, technicien, économiste et constructeur] (Prague : E.S.Č., 1937), 183.

32 Henri Persoz, « 40 ans d’interconnexion internationale en Europe : le rôle de l’UNIPEDE », in Électricité et électrification du monde, Monique Trédé (ed.) (Paris : AHEF-PUF, 1992), 293-303 ; Dominique Barjot, Henri Morsel, Sophie Coeuré, Stratégie, gestion, management. Les compagnies électriques et leurs patrons 1895-1945 (Paris : AHEF, 2001), 455-473 ; Christophe Bouneau, The History of CIGRÉ – Creation and Development of National Committees since the 1920s (Paris : CIGRÉ, 2013) ; Christophe Bouneau, Pierre Lanthier (eds.), « Networks of Power / L’électricité en réseaux », Annales historiques de l’électricité, 2 (2004).

33 Signé par Tomáš Garrigue Masaryk (Président de la Tchécoslovaquie, 1918-1935), Vlastimil Tusar (Premier ministre, 1919-1920) et Antonín Hampl (Ministre des Travaux publics, 1919-1920). Voir Zákon ze dne 22.7.1919 o státní podpoře při zahájení soustavné elektrisace (4.8.1919 | Sbírka : 438/1919 Sb. | Částka : 91/1919ASPI, Prováděcí : 319/1941 Sb., 62/1927 Sb., 83/1924 Sb., 617/1920 Sb., 612/1920 Sb., 26/1920 Sb., Pasivní derogace : 79/1957 Sb., 209/1932 Sb., 213/1931 Sb., 191/1930 Sb., 294/1924 Sb., 258/1921 Sb.).

34 Miroslav Kubín, Rozvoj energetiky v Československu [Le développement de l’énergétique en Tchécoslovaquie] (Prague : Č.E.Z., 1989), 99-110.

35 Miroslav Frk, Vladimír Hrbek, Československý elektrotechnický a elektronický průmysl 1948-1983 [L’industrie électrique et électronique tchécoslovaque 1948-1983] (Prague-Bratislava : SNTL-Alfa, 1983), 11, 492.

36 Le système MIR a été appelé d’après le mot mír (paix).

37 Loi 79/1957 du 19 décembre 1957.

38 Studie o technice v českých zemích 1945-1992 [Étude sur la technique dans les Pays tchèques 1945-1992] (Prague : NTM, 1992), 636-645.

39 NORDEL – mot formé par la contraction de Nord et électricité.

40 Données techniques et statistiques, voir : Kubín, Rozvoj energetiky, 108-124, 189-193, 225, 245, 273 et autres. Energetika (Énergétique) 9 (1969) : 345 et 5 (1975) : 239.

41 CENTREL – le mot formé de la contraction du Centre et électricité.

42 Il s’agissait de l’endommagement direct des opérations de guerre – bombardements, tirs, mise à feu, etc. – ou indirect, notamment l’interruption du développement naturel, le transfert de la production pacifique à la production de guerre, la rupture des liens avec les sociétés mères d’avant-guerre, le non-renouvellement des relations commerciales internationales, les ruptures d’alimentation régulière en énergie électrique, le manque d’équipement matériel, technique et d’appareils sur les lieux de travail et son ancienneté, le manque de main-d’oeuvre technique et scientifique, de capacités de maintenance et de réparation, notamment dans les zones limitrophes, la diversification des normes, le manque de finances et d’exploitation économique.