Show Less
Restricted access

Mémoires de conflits, mémoires en conflits

Affrontements identitaires, tensions politiques et luttes symboliques autour du passé

Series:

Edited By Olha Ostriitchouk

Cet ouvrage part du postulat que le degré d’effervescence mémorielle est proportionnel au degré de violence subie dans le passé ou de silence imposé et perçu comme une injustice non réparée. Les mobilisations mémorielles autour d’un devoir de mémoire prennent souvent la forme violente de « guerres de mémoire ». Leur violence symbolique (ou autre) est en corrélation avec la violence des conflits passés : violence résultant de la conquête de territoires, violence politique des régimes dictatoriaux, violence des vainqueurs envers les vaincus, violence des empires à l’égard de leurs sujets, violence de guerres civiles et de luttes de libération nationale… Querelleuses, les mémoires de conflits alimentent des tensions politiques, susceptibles de déclencher de nouveaux conflits.

Comment ces revendications à caractère purement mémoriel deviennent-elles un enjeu de lutte sociale et politique ? Quelle est l’attitude de l’État face aux visions alternatives, non officielles du passé ? Ces dernières parviennent-elles toujours à modifier le paradigme du grand récit national ? À quelles conditions peut-on arriver à un apaisement mémoriel durable ? Quelles sont les stratégies pour le rapprochement entre deux nations, autrefois belligérantes, ou pour la recherche d’une cohésion au sein d’une société divisée ? Un devoir de mémoire ne devrait-il pas s’accompagner d’un devoir de vérité pour toutes les parties impliquées dans le conflit ? C’est à ces questions, d’ordre d’abord éthique, que tentent de répondre les auteurs de cet ouvrage.

Show Summary Details
Restricted access

Introduction

Extract



Olha Ostriitchouk

Chercheuse postdoctorale à l’Université d’Ottawa

Mémoires de la violence et violence des combats mémoriels

La persistance, de plus en plus observable dans l’espace public, d’une corrélation entre les mémoires des différents conflits et les conflits entre les porteurs de différentes mémoires, sert de point de départ à cet ouvrage. Force est de constater que ce ne sont pas les mémoires des périodes de paix qui soudent les communautés du souvenir, mais celles de violences1 : guerres, catastrophes, attentats, luttes armées… Ces mémoires de la violence alimentent, à leur tour, des batailles publiques autour du passé, au centre de l’attention des politiciens, des communautés savantes, des citoyens engagés, et par voie de conséquence, des médias. En effet, il n’est pas rare que l’évocation d’un passé douloureux débouche sur un affrontement mémoriel de représentations incompatibles portées par des groupes d’anciens ennemis, pouvant revêtir différentes formes : querelle historiographique, guerre des monuments ou des manuels, pétition citoyenne, manifestation et contre-manifestation, ou encore un débat parlementaire autour de la qualification d’un événement historique et des leçons morales à en tirer.

You are not authenticated to view the full text of this chapter or article.

This site requires a subscription or purchase to access the full text of books or journals.

Do you have any questions? Contact us.

Or login to access all content.