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Mémoires de conflits, mémoires en conflits

Affrontements identitaires, tensions politiques et luttes symboliques autour du passé

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Edited By Olha Ostriitchouk

Cet ouvrage part du postulat que le degré d’effervescence mémorielle est proportionnel au degré de violence subie dans le passé ou de silence imposé et perçu comme une injustice non réparée. Les mobilisations mémorielles autour d’un devoir de mémoire prennent souvent la forme violente de « guerres de mémoire ». Leur violence symbolique (ou autre) est en corrélation avec la violence des conflits passés : violence résultant de la conquête de territoires, violence politique des régimes dictatoriaux, violence des vainqueurs envers les vaincus, violence des empires à l’égard de leurs sujets, violence de guerres civiles et de luttes de libération nationale… Querelleuses, les mémoires de conflits alimentent des tensions politiques, susceptibles de déclencher de nouveaux conflits.

Comment ces revendications à caractère purement mémoriel deviennent-elles un enjeu de lutte sociale et politique ? Quelle est l’attitude de l’État face aux visions alternatives, non officielles du passé ? Ces dernières parviennent-elles toujours à modifier le paradigme du grand récit national ? À quelles conditions peut-on arriver à un apaisement mémoriel durable ? Quelles sont les stratégies pour le rapprochement entre deux nations, autrefois belligérantes, ou pour la recherche d’une cohésion au sein d’une société divisée ? Un devoir de mémoire ne devrait-il pas s’accompagner d’un devoir de vérité pour toutes les parties impliquées dans le conflit ? C’est à ces questions, d’ordre d’abord éthique, que tentent de répondre les auteurs de cet ouvrage.

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Mémoires de la Seconde Guerre mondialeà l’École en France

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Corinne Bonafoux

Maître de conférences à l’Université Savoie Mont Blanc

Les rapports entre histoire et mémoire, avant de concerner l’École, constituent un enjeu majeur de nos sociétés. La mémoire est devenue une question prégnante voire obsédante dans le champ historiographique aussi bien que médiatique1. Depuis quelques années, « enjeux de mémoire », « devoir de mémoire », « lois mémorielles » sont l’objet d’articles dans la grande presse aussi bien que de séminaires et de colloques pointus2. En 2008, l’Assemblée nationale a demandé une mission d’information sur les questions mémorielles3. Le rapport souligne les tiraillements de l’École entre « sa mission traditionnelle d’enseignement de l’histoire et sa volonté de répondre aux attentes suscitées par le “devoir de mémoire” » mais conclut que « l’enseignement de l’histoire ne doit pas être d’abord un instrument de commémoration ou d’expression des souffrances et que le devoir d’histoire l’emporte sur le devoir de mémoire4 ». L’orchestration mémorielle de l’histoire entre dans le champ plus vaste des « usages publics de l’histoire », expression utilisée pour la première fois par le philosophe allemand Jürgen Habermas en 1986 lors de la querelle des historiens allemands l’Historikerstreit, lancée après la parution d’un article d’Ernst Nolte intitulé « Un passé qui ne veut pas passer5 ». Les finalités de l’école sont multiples et parfois antagonistes,←55 | 56→ prises dans le triptyque : transmission de connaissances, de comp...

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