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Mémoires de conflits, mémoires en conflits

Affrontements identitaires, tensions politiques et luttes symboliques autour du passé

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Edited By Olha Ostriitchouk

Cet ouvrage part du postulat que le degré d’effervescence mémorielle est proportionnel au degré de violence subie dans le passé ou de silence imposé et perçu comme une injustice non réparée. Les mobilisations mémorielles autour d’un devoir de mémoire prennent souvent la forme violente de « guerres de mémoire ». Leur violence symbolique (ou autre) est en corrélation avec la violence des conflits passés : violence résultant de la conquête de territoires, violence politique des régimes dictatoriaux, violence des vainqueurs envers les vaincus, violence des empires à l’égard de leurs sujets, violence de guerres civiles et de luttes de libération nationale… Querelleuses, les mémoires de conflits alimentent des tensions politiques, susceptibles de déclencher de nouveaux conflits.

Comment ces revendications à caractère purement mémoriel deviennent-elles un enjeu de lutte sociale et politique ? Quelle est l’attitude de l’État face aux visions alternatives, non officielles du passé ? Ces dernières parviennent-elles toujours à modifier le paradigme du grand récit national ? À quelles conditions peut-on arriver à un apaisement mémoriel durable ? Quelles sont les stratégies pour le rapprochement entre deux nations, autrefois belligérantes, ou pour la recherche d’une cohésion au sein d’une société divisée ? Un devoir de mémoire ne devrait-il pas s’accompagner d’un devoir de vérité pour toutes les parties impliquées dans le conflit ? C’est à ces questions, d’ordre d’abord éthique, que tentent de répondre les auteurs de cet ouvrage.

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La Guerre civile et le franquisme dans les romans des années 2000 : une mémoire féministe ?

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Sophie Milquet

Chercheuse et enseignante à l’Université libre de Bruxelles

Les années 2000 en Espagne ont vu l’émergence d’un processus de récupération de la mémoire de la Guerre civile et du franquisme. Au sein de ce mouvement, il faut souligner le rôle joué par la société civile, avec la création d’associations1, dont l’un des combats principaux est l’exhumation des fosses communes et l’identification des restes mortuaires. Symboliquement, les morts et le passé envahissent l’espace public :

Nombre de ces nouveaux mouvements sociaux, composés de parents des victimes, sont allés en justice au nom des personnes disparues, torturées et, comme Antigone, ont réclamé un lieu pour leur corps ou leur cadavre dans la cité [Muchos de estos nuevos movimientos sociales, compuestos por familiares de las víctimas, han reclamado el nombre de los desaparecidos, de los torturados y, como Antígona, han reinvindicado un lugar para el cuerpo o para el cadáver en la ciudad2].

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