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Le Mur de Berlin

Histoire, mémoires, représentations

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Edited By Nicole Colin, Corine Defrance, Ulrich Pfeil and Joachim Umlauf

Le 9 novembre 1989 au soir s’ouvrait le Mur de Berlin. Vingt-huit ans durant, il avait divisé la ville, l’Allemagne, l’Europe et même le monde en deux blocs rivaux. Il devint l’un des emblèmes majeurs de la guerre froide. Erigé pour mettre fin à la fuite vers l’Ouest des Allemands de l’Est, il fut à l’origine de la mort de plus de 130 personnes, soulevant émotions et indignation internationales. L’ouverture puis la démolition du Mur ont été vécues par les contemporains comme un véritable changement d’époque, mettant fin à l’ordre bipolaire. En une quinzaine de chapitres, cet ouvrage retrace l’histoire du Mur dans différentes perspectives – berlinoises, allemandes et internationales – de sa construction en août 1961 à sa chute en novembre 1989. Les auteurs, historiens, germanistes, philosophes, historiens d’art et de la musique ou professionnels des métiers d’art et de la conservation, partent en quête des traces matérielles et symboliques du Mur, au temps du Mur comme après sa disparition. Les mémoires du Mur, plurielles mais inégalement audibles, et ses représentations à travers la littérature et les différentes formes artistiques sont au cœur du livre. Il n’est guère de lieux qui aient connu un tel renversement des valeurs : Dénoncé comme « Mur de la honte » ou légitimé comme « rempart de la paix », associé pendant plus d’un quart de siècle à la violence et à la propagande, le Mur est devenu après 1989 l’un des principaux emblèmes de la liberté et de la jubilation collective. Ce retournement symbolique explique l’extraordinaire présence, à Berlin et au-delà, d’un Mur aujourd’hui pourtant très largement effacé dans sa matérialité.

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Le Mur fait écran. Discours, projections, mémoire du Mur de Berlin au cinéma

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Le Mur fait écran

Discours, projections, mémoire du Mur de Berlin au cinéma

Diane Barbe

Le Mur, frontière de béton, fracture urbaine, tantôt Schandmauer1, tantôt rempart antifasciste, a été pendant vingt-huit années le symbole le plus prégnant, le monument fondamental d’une architecture politique de la guerre froide. À l’Est comme à l’Ouest, l’œil des caméras s’en est emparé, le mettant en image d’une façon jamais neutre. Ses représentations ont été et sont encore matière à interroger la frontière et donc la division de la ville, celle du pays, puis, après le 9 novembre 1989, la mémoire de la partition.

Appréhender le Mur de Berlin à l’écran peut répondre de perspectives très variées, selon le format du corpus étudié, la cinématographie choisie, le protocole d’analyse adopté. Le Mur est, en effet, devenu un objet cinématographique prenant place, de façon frontale ou plus suggérée, dans le vaste ensemble de représentations de l’espace urbain berlinois. Plutôt que de l’observer comme un motif au sein d’un système, cet article a pour objet de le questionner à travers la figure de l’écran, en ce qu’il « fait écran ». Il s’agit en somme de s’attarder sur le procédé faisant que l’objet de la représentation, par un ensemble de choix scénaristiques, devient le support d’une réflexion sur lui-m...

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