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Cartographies littéraires du Brésil actuel

Espaces, acteurs et mouvements sociaux

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Rita Olivieri-Godet

Cette cartographie de la production littéraire brésilienne actuelle révèle des dynamiques spatiales originales, en rapport avec l’émergence de nouveaux acteurs et mouvements sociaux, et donne une vision panoramique des tendances de cette production tout en scrutant chacun des éléments qui participent à la définition de ses contours.
Les différentes études visent à préciser les mutations thématiques et formelles qui inaugurent de nouveaux enjeux esthétiques et repositionnent le discours littéraire dans ses façons de voir, d’évoquer et d’interpréter des espaces, des acteurs et des mouvements sociaux. De quel(s) Brésil(s) cette production parle-t-elle ? Quelles images du Brésil saisit-elle et engendre-t-elle ? Quels paysages réels et imaginaires privilégie-t-elle du Brésil ? À quelles modalités thématiques et formelles a-t-elle recours pour dire et (re)signifier le présent ? De quelles stratégies particulières la littérature brésilienne dispose-t-elle pour intervenir dans le discours social de son temps (inscription, dialogue, transgression de la convention sociale) ?
Centrée sur les rapports entre faits sociaux et pratiques discursives d’une part et l’imaginaire de l’espace brésilien d’autre part, cette cartographie littéraire du Brésil offre ainsi au public de langue française un témoignage de la diversité et du bouillonnement qui caractérisent aussi bien le domaine de la création que celui de la critique littéraire brésilienne.
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Temps mort, quand la dictature n’en finit jamais

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Priscila MATSUNAGA*

Université fédérale de Rio de Janeiro

Selon Roberto Schwarz, « en 1964 le régime militaire s’installa au Brésil afin de protéger le capital et le continent contre le socialisme »2. En accentuant l’héritage patriarcal, la dictature laissa de profondes marques d’autoritarisme dans les relations sociales et politiques, de telle manière que, d’après Tales Ab’Sáber, « nous pourrions dire que ce qui nous resta de la dictature militaire fut simplement tout. Tout, sauf la dictature elle-même »3. La dictature brésilienne, d’après Ab’Sáber, fut absolument victorieuse dans ses desseins, puisqu’on peut se passer d’elle de nos jours : la force autoritaire traditionnelle est assurée, selon une fausse composition citoyenne, légitimée par l’impunité de classe. Si dans le domaine des sciences sociales la discussion sur ce qui reste de la dictature est notoire, les arts au Brésil, en particulier la littérature et le théâtre, en sont encore à leurs premiers pas. Aussi, quand la Companhia do Latão [Compagnie de théâtre : Compagnie du Cuivre] monta l’Ópera dos vivos [Opéra des Vivants], on eut la possibilité de mettre en perspective les vestiges de la dictature dans les modes de production en art. La pièce récupère les forces sociales et artistiques d’avant le coup d’État militaire pour faire travailler les représentations esthétiques tout en accompa ← 85 | 86 → gnant la situation politique. Avant...

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