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Quand les écrivains font leur musée...

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Catherine Mayaux

Les travaux rassemblés dans cet ouvrage étudient la représentation ou l’imaginaire muséographique d’écrivains de la fin du XIXe siècle à l’époque contemporaine. Ils interrogent la manière dont la réflexion sur le musée croise les préoccupations d’un écrivain et interagit avec sa création. Selon quelles lignes de force un écrivain invente-t-il de toutes pièces une forme muséographique ou reconfigure-t-il le musée qu’il a parcouru ? Comment parfois défait-il symboliquement l’institution muséale que ses références ou ses caprices rendent tout à coup plastique et délégitiment de sa forme académique? Comment encore nourrit-il son imagination créatrice d’œuvres muséales et (re)crée-t-il son musée par les mots, mots puissamment vivants dans l’esprit du lecteur soumis à tous les pouvoirs de l’ekphrasis et des tropes métamorphiques du réel ? Comment la littérature travaille-t-elle à une autre forme de patrimonialisation de l’art, à l’élaboration d’une autre histoire de l’art, qui déjoue les académismes historiques et les contraintes institutionnelles ? Telles sont les questions auxquelles répondent les études proposées, à partir d’exemples variés d’auteurs majeurs des XIXe et XXe siècles.

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Le besoin de peinture de Jean Tardieu (Jean-Yves Debreuille)

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Le besoin de peinture de Jean Tardieu

Jean-Yves DEBREUILLE

Université Lumière – Lyon II

On pourrait commencer par rappeler que Jean Tardieu, écrivain, avait pour parents une musicienne et un peintre. Sa mère, Caroline Luigini, elle-même fille du compositeur et directeur de la musique à l’Opéra comique Alexandre Luigini, était harpiste aux Concerts Lamoureux. Son père, Victor, a obtenu le Prix national en 1901 pour un tableau monumental intitulé Travail, et a terminé sa carrière comme créateur, puis directeur de l’École des Beaux Arts à Hanoï. C’est dire que le jeune Jean, qui eut très tôt des dons pour l’écriture, fut non moins tôt familier d’artistes qui n’avaient pas besoin des mots pour s’exprimer. « Affectueux souvenir d’un très vieil ami », lui écrit Gabriel Fauré en dédicace de la musique de Pénélope1 en 1924. C’est un souvenir qui peut marquer un enfant de onze ans, à bien des égards. Mais il n’y a pas que les événements biographiques, il y a aussi les expériences de lecture. Traducteur de Hölderlin, Tardieu a lu son poème « Da ich ein Knabe War »2, dans lequel il pleure la communion amoureuse et sans langage avec les fleurs du bocage et les souffles du ciel qu’il a connue dans son enfance. Il s’approprie le mythe dans un texte intitulé « Mémoires d’un orphelin », dans lequel il évoque un enfant qui avance...

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