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Quand les écrivains font leur musée ...

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Edited By Catherine Mayaux

Les travaux rassemblés dans cet ouvrage étudient la représentation ou l’imaginaire muséographique d’écrivains de la fin du XIXe siècle à l’époque contemporaine. Ils interrogent la manière dont la réflexion sur le musée croise les préoccupations d’un écrivain et interagit avec sa création. Selon quelles lignes de force un écrivain invente-t-il de toutes pièces une forme muséographique ou reconfigure-t-il le musée qu’il a parcouru ? Comment parfois défait-il symboliquement l’institution muséale que ses références ou ses caprices rendent tout à coup plastique et délégitiment de sa forme académique? Comment encore nourrit-il son imagination créatrice d’œuvres muséales et (re)crée-t-il son musée par les mots, mots puissamment vivants dans l’esprit du lecteur soumis à tous les pouvoirs de l’ekphrasis et des tropes métamorphiques du réel ? Comment la littérature travaille-t-elle à une autre forme de patrimonialisation de l’art, à l’élaboration d’une autre histoire de l’art, qui déjoue les académismes historiques et les contraintes institutionnelles ? Telles sont les questions auxquelles répondent les études proposées, à partir d’exemples variés d’auteurs majeurs des XIXe et XXe siècles.

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Un écran sur le Louvre. Le Grand Espace d’Yves Bonnefoy (Olivier Belin)

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Un écran sur le Louvre

Le Grand Espace d’Yves Bonnefoy

Olivier BELIN

Université de Cergy-Pontoise

Dans l’œuvre d’Yves Bonnefoy, Le Grand Espace possède une destinée particulière. Texte de commande et de circonstance à l’origine – associé en 1993 à la réalisation d’un film sur le Louvre – ce petit livre n’a été publié qu’en 2008, sous forme d’une quarantaine de fragments précédés d’une préface qui rappelle l’origine scénaristique du projet1. C’est ainsi par le biais de l’écran de cinéma que le poète offre sa vision du Louvre. Mais si Bonnefoy, avec Le Grand Espace, fait effectivement son Louvre, il le fait en défaisant le Louvre, en substituant à ce lieu de mémoire historique, artistique et politique si bien ordonné le chaos d’une mémoire personnelle où s’enchevêtrent les références aux œuvres d’art, les allusions littéraires, les traces des rêves, les réminiscences de paysages ou la quête de l’enfance et de l’inconscient. C’est ici qu’intervient un second écran : celui que l’imaginaire et la mémoire plaquent sur le réel pour y projeter leur propre réalité. Le Grand Espace, en ce sens, est bien un grand écran, mais qui nous dérobe le musée officiel pour mieux donner à lire, à voir et à entendre les fantasmes qu’il suscite.

Une visite détournée du Louvre

Une écriture pour l’...

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