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Quand les écrivains font leur musée ...

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Edited By Catherine Mayaux

Les travaux rassemblés dans cet ouvrage étudient la représentation ou l’imaginaire muséographique d’écrivains de la fin du XIXe siècle à l’époque contemporaine. Ils interrogent la manière dont la réflexion sur le musée croise les préoccupations d’un écrivain et interagit avec sa création. Selon quelles lignes de force un écrivain invente-t-il de toutes pièces une forme muséographique ou reconfigure-t-il le musée qu’il a parcouru ? Comment parfois défait-il symboliquement l’institution muséale que ses références ou ses caprices rendent tout à coup plastique et délégitiment de sa forme académique? Comment encore nourrit-il son imagination créatrice d’œuvres muséales et (re)crée-t-il son musée par les mots, mots puissamment vivants dans l’esprit du lecteur soumis à tous les pouvoirs de l’ekphrasis et des tropes métamorphiques du réel ? Comment la littérature travaille-t-elle à une autre forme de patrimonialisation de l’art, à l’élaboration d’une autre histoire de l’art, qui déjoue les académismes historiques et les contraintes institutionnelles ? Telles sont les questions auxquelles répondent les études proposées, à partir d’exemples variés d’auteurs majeurs des XIXe et XXe siècles.

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Le musée invisible d’Yves Bonnefoy. « Les découvertes de Prague » et le sens du passé (Arnaud Buchs)

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Le musée invisible d’Yves Bonnefoy

« Les découvertes de Prague » et le sens du passé

Arnaud BUCHS

Université de Lausanne

La visite de certains musées exige parfois une acuité visuelle particulière ; il arrive que le regard éprouvé doive apprendre à se faire critique, et tenter de comprendre par exemple qu’une salle peut donner à voir autre chose que ce qu’elle exhibe. Certains lieux peuvent ainsi mettre en lumière ce que l’on peut appeler le « négatif », et faire alors sens moins vers ce qui se montre immédiatement que vers cette absence ou cet effacement qui désignent parfois mieux ce que l’on désire préserver du temps. C’est du moins dans une telle perspective que j’aimerais comprendre le rapport d’Yves Bonnefoy au musée, ou plus précisément à l’écriture du musée telle qu’elle est pratiquée dans deux récits intitulés « Les découvertes de Prague » et « Nouvelle suite de découvertes »1. Ces deux textes peuvent en effet nous aider à regarder autrement, lorsque nous croyons être face à des images du passé ; ils peuvent nous aider à penser ce que les mots montrent toujours malgré eux.

Seulement, ces deux « récits en rêve » de Rue Traversière semblent a priori très éloignés de toute considération muséologique. Il y a bien un musée « matériel » au seuil du premier texte, ce château de Prague...

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