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Quand les écrivains font leur musée ...

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Edited By Catherine Mayaux

Les travaux rassemblés dans cet ouvrage étudient la représentation ou l’imaginaire muséographique d’écrivains de la fin du XIXe siècle à l’époque contemporaine. Ils interrogent la manière dont la réflexion sur le musée croise les préoccupations d’un écrivain et interagit avec sa création. Selon quelles lignes de force un écrivain invente-t-il de toutes pièces une forme muséographique ou reconfigure-t-il le musée qu’il a parcouru ? Comment parfois défait-il symboliquement l’institution muséale que ses références ou ses caprices rendent tout à coup plastique et délégitiment de sa forme académique? Comment encore nourrit-il son imagination créatrice d’œuvres muséales et (re)crée-t-il son musée par les mots, mots puissamment vivants dans l’esprit du lecteur soumis à tous les pouvoirs de l’ekphrasis et des tropes métamorphiques du réel ? Comment la littérature travaille-t-elle à une autre forme de patrimonialisation de l’art, à l’élaboration d’une autre histoire de l’art, qui déjoue les académismes historiques et les contraintes institutionnelles ? Telles sont les questions auxquelles répondent les études proposées, à partir d’exemples variés d’auteurs majeurs des XIXe et XXe siècles.

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Le temple nourricier des muses. La Bonne peinture de Marcel Aymé (Brigitte Galtier)

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Le temple nourricier des muses

La Bonne peinture de Marcel Aymé

Brigitte GALTIER

Université de Cergy-Pontoise

Le musée des écrivains semble loin de mes recherches qui concernent actuellement les techniques magiques dans les arts ; ce sont pourtant celles-ci qui m’ont amenée au musée insolite que propose un conte de Marcel Aymé : la représentation que donne chaque écrivain de l’art pictural et du « temple des Muses », étant finalement peut-être la plus significative expression de sa conception de l’art, fût-elle magique justement. La Bonne peinture, que Marcel Aymé publia d’abord en feuilleton dans la revue Cavalcade du 20 juin au 22 août 1946, parut l’année suivante en volume avec des illustrations de Touchagues, aux éditions G. Grégoire, puis l’auteur l’inclut dans le cinquième recueil de ses nouvelles, Le Vin de Paris1. La Bonne peinture y fut placée en dernière position, peut-être en raison de sa longueur (soixante-dix pages), peut-être comme une réflexion finale du conteur concernant le phénomène artistique ? À moins qu’elle ne renvoie un dernier écho, comme on le verra, à la grisante boisson de la nouvelle-titre Le Vin de Paris.

À la sortie de l’ouvrage, ce sont plutôt les nouvelles réalistes qui ont valu au recueil les louanges des critiques, rappelle Michel Lécureur dans l’édition La Pléiade des fictions de Marcel Aymé2. Le contexte de l’histoire narr...

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