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Quand les écrivains font leur musée ...

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Edited By Catherine Mayaux

Les travaux rassemblés dans cet ouvrage étudient la représentation ou l’imaginaire muséographique d’écrivains de la fin du XIXe siècle à l’époque contemporaine. Ils interrogent la manière dont la réflexion sur le musée croise les préoccupations d’un écrivain et interagit avec sa création. Selon quelles lignes de force un écrivain invente-t-il de toutes pièces une forme muséographique ou reconfigure-t-il le musée qu’il a parcouru ? Comment parfois défait-il symboliquement l’institution muséale que ses références ou ses caprices rendent tout à coup plastique et délégitiment de sa forme académique? Comment encore nourrit-il son imagination créatrice d’œuvres muséales et (re)crée-t-il son musée par les mots, mots puissamment vivants dans l’esprit du lecteur soumis à tous les pouvoirs de l’ekphrasis et des tropes métamorphiques du réel ? Comment la littérature travaille-t-elle à une autre forme de patrimonialisation de l’art, à l’élaboration d’une autre histoire de l’art, qui déjoue les académismes historiques et les contraintes institutionnelles ? Telles sont les questions auxquelles répondent les études proposées, à partir d’exemples variés d’auteurs majeurs des XIXe et XXe siècles.

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« Je ne suis pas de ceux dont la postérité signalera les maisons ». Place et statut des maisons de Théophile Gautier dans sa patrimonialisation (Marie-Clémence Régnier)

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« Je ne suis pas de ceux dont la postérité signalera les maisons »

Place et statut des maisons de Théophile Gautier dans sa patrimonialisation

Marie-Clémence RÉGNIER

Université de Paris IV

Dans un article du Figaro du 15 août 1911, Maurice Guillemot, auteur d’un ouvrage intitulé Villégiatures d’artistes (1897), livre son témoignage sur la « Maison de Théophile Gautier » où il s’est rendu en « pèlerinage » l’année du centenaire de la naissance du poète (1811-1872). Il note ainsi qu’« une plaque de marbre indique [la maison] de Théophile Gautier que signale également un buste de l’écrivain juché au haut de la façade »1. Le 9 mars 1867, le journal L’Illustration consacrait un article à l’écrivain romantique, élu « sommité littéraire », et lui confiait le soin d’écrire un « portrait de Théophile Gautier par lui-même ». Déjà singulier par le rôle dévolu aux maisons de l’écrivain2, ce portrait prend toute sa résonance par rapport au texte de Maurice Guillemot au détour d’une remarque a priori secondaire. En effet, au moment d’évoquer la place Royale, Gautier anticipe sur le paragraphe suivant et l’arrivée, en gloire, de Victor Hugo dans sa vie :

Je demeurais alors avec mes parents à la Place Royale, n° 8, dans l’angle de la rangée d’arcades où se trouvait la mairie. Si je note ce détail,...

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