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Quand les écrivains font leur musée ...

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Edited By Catherine Mayaux

Les travaux rassemblés dans cet ouvrage étudient la représentation ou l’imaginaire muséographique d’écrivains de la fin du XIXe siècle à l’époque contemporaine. Ils interrogent la manière dont la réflexion sur le musée croise les préoccupations d’un écrivain et interagit avec sa création. Selon quelles lignes de force un écrivain invente-t-il de toutes pièces une forme muséographique ou reconfigure-t-il le musée qu’il a parcouru ? Comment parfois défait-il symboliquement l’institution muséale que ses références ou ses caprices rendent tout à coup plastique et délégitiment de sa forme académique? Comment encore nourrit-il son imagination créatrice d’œuvres muséales et (re)crée-t-il son musée par les mots, mots puissamment vivants dans l’esprit du lecteur soumis à tous les pouvoirs de l’ekphrasis et des tropes métamorphiques du réel ? Comment la littérature travaille-t-elle à une autre forme de patrimonialisation de l’art, à l’élaboration d’une autre histoire de l’art, qui déjoue les académismes historiques et les contraintes institutionnelles ? Telles sont les questions auxquelles répondent les études proposées, à partir d’exemples variés d’auteurs majeurs des XIXe et XXe siècles.

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Baudelaire sans musée. La patrimonialisation en dehors de l’institution muséale (Mathilde Labbé)

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Baudelaire sans musée

La patrimonialisation en dehors de l’institution muséale

Mathilde LABBÉ

Université de Nantes

Les musées d’écrivains, apparus au XIXe siècle, sont aujourd’hui si nombreux qu’on en compte plusieurs pour Balzac, pour Sand et pour Hugo. Aucun, cependant, n’est consacré à Baudelaire, dont la reconnaissance littéraire tend pourtant aujourd’hui à surpasser celle de ses trois contemporains. Le musée, institution de commémoration et symbole de la consécration de l’écrivain, participe à la patrimonialisation de l’œuvre au même titre que la création d’une association d’amis de l’écrivain, l’édition des œuvres complètes, la construction d’un monument commémoratif, l’entrée dans les programmes scolaires ou la commémoration nationale. Le fait qu’il n’existe pas de musée consacré à Baudelaire – ce qui n’a pas empêché son entrée dans le canon littéraire – peut s’expliquer en partie par l’absence d’un lieu évident pour son installation : l’établissement du musée d’un écrivain dans sa demeure est courant. De plus, aucune collection publique de documents baudelairiens ne serait pour le moment susceptible de constituer le fonds nécessaire à la création d'un musée. Les manuscrits sont dispersés car, comme l’écrit André Guyaux, il manque une volonté claire, pour la constitution d’une collection, en termes de mécénat ou de préemption : « Baudelaire n’a pas la chance d’avoir à une ville de province à sa dévotion, ni...

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