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Les Européens : ces architectes qui ont bâti l’Europe

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Olga Medvedkova

Ce volume réunit douze études de cas : des vies d’architectes européens, écrites par des historiens de l’art et de l’architecture allemands, espagnols, français, italiens, russes, suédois. Il s’agit d’architectes qui, nés et éduqués dans une culture, héritiers d’une ou plusieurs traditions nationales, ont travaillé à l’étranger, au sein d’une autre culture, en y apportant des éléments nouveaux. Ou encore de ceux qui vécurent leurs années de voyage comme une véritable expatriation. Ces architectes transfuges, cosmopolites, créateurs de confusions stylistiques qui posent tant de problèmes aux historiens de l’art et rompent les schémas des écoles nationales, furent en grande partie responsables de la création de l’Europe architecturale, architecturée et architecturante bien au-delà de ses propres limites. L’existence de cette « Europe architecturale » est l’hypothèse générale proposée ici. L’européanité de ces architectes italo-français ou italo-russe, franco-suédois ou hispano-mexicain, fut tantôt délibérée, exigée par le commanditaire ou la communauté d’accueil, tantôt une conséquence de leur vie comme ensemble de circonstances. Telle une réaction au besoin d’adaptation, cette dernière, complète ou partielle, a souvent donné lieu à une création inédite. Comment étudier, comprendre, décrire, classer leurs œuvres ? Pourrions-nous, en nous fondant sur ces cas, ébaucher une nouvelle histoire de l’architecture européenne ?

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Les Vitae des architectes migrants et la notion de l’Europe architecturale (Olga Medvedkova)

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Les Vitae des architectes migrants et la notion de l’Europe architecturale

Olga MEDVEDKOVA

« Comprendre l’histoire signifie être connaisseur du coeur humain dans le sens le plus élevé de ce mot. » Spengler, Le Déclin de l’Occident

Il y a cent ans, en 1918, à Munich paraissait le premier volume de l’ouvrage intitulé Der Untergang des Abendlandes [Le Déclin de l’Occident], dans lequel son auteur Oswald Spengler (1880-1936) – se réclamant de Goethe, mais aussi héritier de Schopenhauer – soumettait la culture européenne à une sévère critique. L’ouvrage était quasi contemporain de toute une série d’autres, ceux de Jacob Burckhardt (Weltgeschichtliche Betrachtungen, 1905), de Walther Rathenau (Zur Kritik der Zeit, 1912), de Rudolf Pannwitz (Die Krisis der europäischen Kultur, 1917), qui, contre l’optimisme évolutif hégélien, revenaient à la conception cyclique du temps et à la vision tragique de l’histoire et des cultures mortelles, ouvrant ainsi le chemin à un siècle de critique de la culture et de l’art occidentaux. La question de la finitude de la culture européenne n’est pas la nôtre ; ce qui nous intéressera ici, c’est la façon dont la critique de cette culture avait permis à ses auteurs de générer de nouvelles formes de la narration historique, de nouvelles « histoires de l’Europe ». Et tout particulièrement la « morphologie historique » proposée par Spengler comme une forme d’empathie qui, en rompant avec l’exigence de continuité, tirerait sa puissance de sa...

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